20 août > roman France

Monarques est un roman peu banal à maints égards. Le volume à paraître à la rentrée est né, en août 2008, d’une idée "de jeu de piste à la Cortázar". D’un dialogue entre "deux cultures, deux caractères, deux styles". D’un échange entre deux écrivains. Le premier s’est, hélas, éteint deux ans plus tard. Le Mexicain Juan Hernandez Luna avait été libraire, et a laissé plusieurs romans dont Du tabac pour le puma (L’Atalante, 1999). Le second, Sébastien Rutés, dont on a pu lire Mélancolie des corbeaux (Actes Sud, 2011, repris en "Babel noir"), a repris le texte et rédigé cinq versions avant celle que nous tenons entre les mains.

Le rideau s’ouvre à Mexico en octobre 1935. Un homme écrit une lettre à celle qu’il nomme "Mon amour". L’homme s’appelle Augusto Solis. Il est illustrateur, dessine des affiches. La femme dont il est sans nouvelles, une actrice coiffée à la garçonne, a pour nom Loreleï Lüger. Une réponse arrive de Paris. Non point signée de Loreleï mais d’un certain Jules Daumier. Celui-ci occupe avec sa mère le logement précédemment loué par l’actrice. Une correspondance démarre alors entre Mexico et Paris.

D’un côté, il y a un ermite qui passe le plus clair de son temps dans son atelier. Dans l’immeuble qu’il possède, où il loge un catcheur nain et une fille perdue qu’il a découverte avec des ecchymoses sur les bras et un œil au beurre noir. De l’autre, il y a un petit gars de "Ménilmuche" à la plume gouailleuse. Jules a 24 ans. Il est commis, fait le tour de la ville à vélo chaque jour pour livrer L’Humanité. Le jeune homme idolâtre Albert Londres, rêve de devenir journaliste. Alors pourquoi ne pas se lancer à la recherche de Loreleï. L’occasion de sillonner le Paris de Léon Blum et des Camelots du roi, du Front populaire et des combats de catch au Vél’d’Hiv.

Roman feuilleton haletant, Monarques fonce à tout berzingue. Il est ici question de désir, de chantage, de complot. On y croisera un homme d’affaires qui a fait fortune dans l’armement et un dignitaire allemand dont le métier est de tout savoir. Ou encore Hitler, qui trouve bien drôle Mickey et sa salopette rouge, et Leni Riefenstahl qui rencontre Walt Disney. Alexandre Fillon

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