La marche vers l'écriture. En 2001, Philippe Besson publiait son premier roman, En l'absence des hommes (Julliard). Il y était déjà question de mémoire et de Proust, évidemment, dont la lecture, relativement tardive, constitua pour l'auteur une véritable révélation. Depuis, sur un rythme régulier, à peu près un livre par an, quasiment toujours en janvier, il a poursuivi sa route romanesque, a imposé sa voix, l'une des plus intéressantes d'aujourd'hui, avec une audience et un succès croissants. Une seule exception, Un personnage de roman, en 2017, récit romancé de la campagne électorale du candidat Macron, contée de l'intérieur avec une sympathie manifeste, ce qui n'a pas valu à notre homme, jusque-là socialiste pur sucre, que des amis !
Aujourd'hui, pour célébrer ses vingt-cinq ans en littérature, il publie un roman atypique, qui paraît à la rentrée littéraire. Comme son titre, La première phrase du premier livre, le laisse à penser, il s'agit en quelque sorte de la préhistoire de son œuvre, de ses souvenirs personnels et générationnels (né en 1967, Besson appartient à la génération X, celle de la fin des Trente Glorieuses, de la mondialisation contrainte et du sida), centrés autour de ses études (secondaires, puis Sup de Co Rouen), de ses souffrances, de ses rencontres avec ses premiers garçons, de ses histoires d'amours qui « finissent mal, en général », mais surtout, surtout, de sa marche vers l'écriture, laquelle commença réellement le 4 septembre 1999, à Paris, dans un bistrot.
Enfin, Philippe Besson est devenu lui-même, entrant en littérature comme on entre en religion, envoyant valser carrière, salaires attractifs et voyages en business. La vie, plutôt que la Bourse. Cela lui a plutôt bien réussi.
La première phrase du premier livre
Julliard
Tirage: 40 000 ex.
Prix: 21 € ; 239 p.
ISBN: 9782260057680
