Le 17 juillet dernier, le Tribunal de grande instance de Paris a donné raison au Dr Cohen qui avait critiqué la célèbre méthode du Dr Dunkan. Lequel poursuivait en diffamation son confrère en régimes et succès de librairie publié, comme lui, chez Flammarion et J’ai lu…. Les juges ont estimé que les propos litigieux visaient la méthode et non son concepteur. Rappelons qu’il n’y a pas de «  droit de critiqu e », mais une simple tolérance jurisprudentielle. En revanche, comme il a été souligné dans «  l’affaire des nutritionnistes  », la liberté de critique ne doit pas prendre pour cible non plus l’œuvre mais la personne de son auteur. Prenons quelques exemples, en tachant de rester dans un registre culinaire. Le 23 janvier 2003, Lyon Mag’ a ainsi bénéficié d’un arrêt favorable de la Cour de cassation, rappelant que «  la critique gastronomique est libre et permet la libre appréciation de la qualité ou de la préparation des produits servis dans un restaurant  ». De même, le 8 février 1994, des juges ont estimé que l’auteur d’un article de Cuisine et Vins de France «  s’est borné, après un dîner dans un restaurant, à faire, en sa qualité de critique gastronomique, des commentaires s’inscrivant dans la série de comptes-rendus effectués à la suite de visites périodiques dans divers établissements de même nature et régulièrement mis à jour ; (…) il a agi sans malveillance, sans omettre de mentionner tous les éléments que le devoir d’objectivité commandait d’insérer pour informer les lecteurs et les futurs consommateurs  ». Pareillement, le 4 février 2003, la Cour d’appel de Colmar a donné raison à l’éditeur du Gault Millau , poursuivi pour avoir éreinté un chef en ces termes : «  Un homme d’affaires avisé qui s’est mis dans l’air du temps et a imaginé un concept ; celui du car de touristes allemands épris d’exotisme au point de tâter de la choucroute hors de leurs murs ; résultat : une caricature de cuisine alsacienne  ». En revanche, l’attaque personnelle est souvent vertement réprimée. Il en est ainsi, par exemple, lorsqu’il est suggéré que le signataire du livre n’en est pas vraiment le rédacteur, comme cela vient d‘être évoqué à propos du lettré Christian Estrosi. Le maire de Nice   a obtenu la publication d’un droit de réponse dans Le Point pour nier que Jean-Paul Brighelli avait rédigé ses livres. Quant à Françoise Laborde, visée elle-aussi dans le même portrait de Jean-Paul Brighelli publié dans l’hebdomadaire, elle   poursuit… Jean-Michel Apathie qui a déclaré, en commentaire, lors du Grand Journal de Canal+. : « Françoise Laborde, qui est membre du CSA, devrait nous dire qu’elle a un nègre caché dans ses livres ! Sinon ça ne va pas ! » La critique des livres, des méthodes et des personnes est un art délicat. La bataille des régimes peut donc continuer aussi bien en tête de gondole qu’à deux pas de la buvette du Palais.  
15.10 2013

Les dernières
actualités