Solitude éternelle pour Gabriel García Márquez | Livres Hebdo

Par Manon Quinti, le 17.04.2014 à 22h33 (mis à jour le 17.04.2014 à 23h15) Disparition

Solitude éternelle pour Gabriel García Márquez

Gabriel García Márquez. - Photo © PALOMARES

L'auteur de Cent ans de solitude (Seuil, 1968), Prix Nobel de littérature, est mort ce jeudi, à l’âge de 87 ans.

Le prix Nobel de littérature colombien Gabriel García Márquez est décédé le jeudi 17 avril à son domicile de Mexico, à l’âge de 87 ans, selon plusieurs médias hispanophones. Hospitalisé le 4 avril 2014 pour une infection pulmonaire, l’écrivain limitait ses apparitions en public depuis quelques années, en raison de son état de santé précaire. "J'écris pour ne pas devoir parler" déclarait-il dans une récente interview.
Il résidait depuis les années 1980 au Mexique.
 
"Gabo", comme il est surnommé en Amérique latine, était un des plus grands écrivains du XXème siècle. Parmi ses thèmes de prédilection : la solitude de l'homme, la fascination du pouvoir ou encore les amours contrariées. Né en 1928 dans le village d’Aracataca, dans le nord de la Colombie, il est élevé par ses grands-parents maternels. Etudiant, il quitte son école de droit pour se lancer dans le journalisme. Il se fait rapidement connaître par ses écrits fustigeant la politique du gouvernement colombien. Envoyé en Europe en 1955, il voyage dans de nombreux pays.
 
De retour en Colombie, il épouse Mercedes Barcha, avec qui il a deux fils. En 1961, il s’installe à Mexico, où il publie un recueil de huit contes, Les Funérailles de la grande mémé (traduit par Grasset en 1977 et réédité par Le Livre de poche en 2009).
 
En 1967, il publie Cent ans de solitude (Seuil, 1968), le roman qui va le rendre célèbre en Amérique latine, puis dans le monde entier. Gabriel García Márquez y retrace l’épopée de la fondation par la famille Buendia du village de Macondo, situé dans la jungle amazonienne. L’auteur, qui bénéficie d’un succès critique et commercial, reçoit le prix Nobel de littérature en 1982 pour l'ensemble de son oeuvre. Suivront Chronique d'une mort annoncée (Grasset, 1981, réédité en 2002) et L'Amour aux temps du choléra (Grasset, 1987, réédité en 2009).
 
Une part d’ombre
 
Mais l’aura de l’écrivain ne l’empêche pas de faire l’objet de critiques quant à ses relations avec certains hommes de pouvoir. Garcia Marquez était notamment proche de Fidel Castro. Soutient indéfectible des révolutionnaires latino-américains, il va jusqu’à financer des groupuscules armés au Venezuela. Une biographie, Gabriel Garcia Marquez : une vie, écrite par Gerald Martin (Grasset, 2009) aborde ces zones d’ombre.
 
Le contenu même de certains des textes de l’auteur colombien lui a valu des critiques. En 2009, une ONG porte plainte contre le prix Nobel pour apologie de la prostitution infantile, suite au tournage de l’adaptation cinématographique d’un de ses derniers livres, Mémoires de mes putains tristes (Grasset, 2005). L’ouvrage retrace l’histoire d'un homme de 90 ans qui décide de s'offrir une nuit de sexe avec une adolescente de 14 ans. Malgré la polémique, le film, réalisé par Henning Carlsen, sort en 2011.

Son dernier ouvrage, Je ne viens pas faire un discours, compilation de textes destinés à être lus en public, a été publié par Grasset en 2012.

Son œuvre a été traduite dans toutes les langues ou presque, et vendue à quelque 50 millions d'exemplaires.

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