Interclassement

Alors que l'engouement pour le développement personnel se confirme, plusieurs libraires réfléchissent à l'organisation de leurs rayons. Comment présenter cette offre qui concerne de nombreux secteurs : de la santé à l'art de vivre, en passant par la psychologie, la cuisine et même la littérature ? Comment juger de sa qualité ? Alors que les clients attendent des résultats concrets de leurs lectures, les libraires peinent à creuser le sujet.

« C'est un marché qui se fait sans nous, reconnaît Grégoire Courtois, à la librairie Obliques à Auxerre. Nous ne lisons guère ces livres dans l'équipe mais nous en proposons car la demande est là. Nous avons une centaine de titres, choisis en fonction de l'éditeur, de l'auteur, de ce que nous disent les représentants... »

A l'inverse, Monica Irimia, responsable du pôle Savoirs chez Mollat à Bordeaux, effectue un important travail de veille afin d'éviter les livres douteux. « On parle de santé quand même... Donc, quand on ne connaît pas l'auteur, on fait des recherches sur Google », observe la libraire qui travaille actuellement à un rapprochement des pôles santé grand public-médecine douce et développement personnel. « Tout l'enjeu, analyse-t-elle, est d'arriver à proposer un parcours clair et cohérent pour le client. »

A la librairie Le Failler, à Rennes, Dominique Fredj plaide pour l'interclassement. Il réfléchit à rassembler des ouvrages répartis dans différents rayons afin de créer un univers thématique dédié au mieux-vivre, « avec une place de choix pour la jeunesse qui est très sensible à cette thématique ». Car les frontières sont poreuses. Isabelle Eichenlaub, responsable du rayon pratique-santé chez Montbarbon à Bourg-en-Bresse, observe que certains livres, comme le feel-good book Ta deuxième vie commence... de Raphaëlle Giordano, ont d'abord été placés dans son rayon avant de rejoindre la littérature.

Stéphane Douspis, responsable du rayon pratique à la Librairie de Paris à Saint-Etienne, pointe l'importance des achats d'impulsion dans une clientèle qui s'est considérablement élargie. Monica Irimia évoque, elle, des lecteurs bavards qui font appel à « une certaine capacité d'empathie de la part du libraire ». Clarisse Normand


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