29 avril > Roman France

Romancier, Philippe Lafitte est également scénariste pour le cinéma et la télévision. On imagine aisément quelle belle adaptation il pourrait tirer de Belleville Shanghai Express, thriller très filmique, sur fond de souvenirs familiaux douloureux, et de lutte entre des bons et des méchants Chinois. Au sens large, puisque le héros, le jeune Vincent, qui a abandonné ses études de droit pour se consacrer à la photographie, dont il veut faire son métier, est, en argot local, une "banane" : "jaune à l’extérieur, blanc à l’intérieur ", un métis fils de Marie-Paule, une Française qui tient un petit restaurant à Belleville, et de Hang, un Sino-Vietnamien, mort à Paris en 1991 dans des circonstances assez troubles. Les parents se sont rencontrés à Saigon, avant de venir s’installer ici.

Le roman se déroule donc à Belleville -avec un épisode à Shanghai - où règne en maître M. Li, un businessman puissant mais globalement réglo. Ce qui n’est pas le cas de son neveu Yan, une sale petite frappe, un mafieux redoutable, criminel et fils de criminel, qui ne l’emportera pas au paradis de Confucius. Vincent tombe éperdument amoureux de la fille de M. Li, la superbe Line, mannequin, et réciproquement. Mais tout un tas d’obstacles vont se dresser sur la route de ces modernes Roméo et Juliette : le père de la jeune fille, le cousin jaloux, Charles "Brad" Yu, un milliardaire pervers de Shanghai lié aux Triades de Hongkong, et même la mère de Vincent, qui semble réticente. Comme si elle était la détentrice de quelque secret…

Il faudra tout le courage et toute la détermination des deux jeunes gens, aidés par Anaïs Benoît, lieutenant de police sympa et intègre qui va mettre la pression sur M. Li, pour que cet imbroglio se dénoue en happy end. Omnia vincit amor, c’est bien connu, surtout dans les romans et au cinéma.

Cela nous vaut une comédie palpitante, multiculturelle, dont Belleville, que l’auteur semble bien connaître, est l’un des personnages majeurs. Y vit une partie de cette communauté asiatique qui demeure souvent, aux yeux des Français "de souche", assez mystérieuse, et parfois matière à fantasmes. J.-C. P.

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