Mémoire d'encrier a acquis auprès de Knopf les droits d'Un jour, tout le monde aura toujours été contre ça d'Omar El Akkad (traduit par Marie Frankland, 23 janvier). Né d'un tweet devenu viral il y a deux ans, l'ouvrage a été récompensé du prestigieux National Book Award 2025 dans la catégorie « non-fiction ».
Ancien journaliste et auteur d'American War (traduit par Laurent Barucq, Flammarion, 2017, réédité en format poche chez J'ai lu), Omar El Akkad entrecroise son parcours personnel - de l'Égypte jusqu'aux États-Unis - avec une dénonciation implacable du silence complice de l'Occident face aux crimes de guerre et allégations de génocide à Gaza. « Pendant dix ans, j'ai vu la terrible colère de ce monde, je l'ai vue éliminer des centaines de milliers de personnes de mêmes nom, origine et religion que moi, écrit-il. Je savais qu'il y avait d'affreuses et profondes fissures dans le socle de cette chose qu'on appelait "le monde libre", et pourtant, je croyais qu'elles pouvaient être réparées et que son fondement était récupérable. Jusqu'à l'automne 2023. Jusqu'au massacre. »
Formes possibles de résistance
Méthodiquement, il soumet le système occidental à l'épreuve de sa « flagrante et orwellienne hypocrisie ». Rien n'échappe à son examen : ni les pouvoirs politiques, ni les médias, ni le poids du langage qui déshumanise certaines victimes, ni le racisme structurel qui soumet des populations entières à un « pacte de [leur] non-existence présumée ». Au-delà de la dénonciation, ce texte explore les formes possibles de résistance. Les mots viendront un jour pour qualifier ce massacre, en est-il persuadé. Les siens forment déjà un témoignage essentiel. Un « diamant incisif », selon Mona Chollet qui en signe la préface.
