Loire-Atlantique

Un salon en ville

Un salon en ville

Le kiosque de presse de la médiathèque d’Orvault. - Photo Véronique Heurtematte/LH

Un salon en ville

La commune d’Orvault, près de Nantes, ouvre un établissement inspiré des bibliothèques d’Europe du Nord, avec une dimension sociale et structurante pour le quartier.

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Par Véronique Heurtematte,
avec Créé le 11.10.2013 à 19h48 ,
Mis à jour le 11.10.2013 à 23h52

Juste à la sortie du centre-ville historique d’Orvault, commune de 25 000 habitants au nord-ouest de Nantes, la médiathèque Ormedo, ouverte le 23 mars, s’impose déjà comme le bâtiment emblématique de ce quartier tout neuf à peine sorti de terre. Malgré des moyens relativement modestes (l’opération a coûté 3,35 millions d’euros), le projet a bénéficié de la forte volonté de l’équipe municipale qui souhaitait un équipement structurant pour le quartier et innovant dans sa conception. Ce qui donne une réalisation soigneusement pensée qui a réussi à faire l’unanimité parmi les élus de la majorité comme de l’opposition, ainsi que l’a souligné malicieusement le maire, Joseph Parpaillon, lors de l’inauguration, en rappelant les axes du projet : «attirant, innovant, économe en investissement et en fonctionnement ». S’inspirant des établissements d’Europe du Nord et des théories du sociologue Claude Poissenot, la nouvelle médiathèque est constituée d’un plateau ouvert de 650 m2 organisé en espaces ayant chacun sa personnalité : à l’entrée, le grand salon se veut décontracté, avec un grand canapé, des postes multimédias, une cabine de langues, les collections de DVD, de BD et mangas, des bornes de téléchargement de musique, le kiosque de presse, un coin bistrot et un patio pour la convivialité ; plus loin, séparée par quelques marches, se trouve la bibliothèque proprement dite, avec le secteur jeunesse et les collections traditionnelles de documentaires et de romans, mais présentées de manière amusante (la « Bibadédé » désigne le fonds sur l’écologie, et « Que pour les filles » les romans à l’eau de rose). En tout, 20 000 documents (budget annuel d’acquisitions de 70 000 euros auxquels s’ajoutent 12 000 euros pour les ressources numériques).

Pour les citoyens

Surtout, la bibliothèque ambitionne d’être un lieu pour tous les habitants, lecteurs ou non. A l’entrée, des bacs « Bonne pioche » invitent les visiteurs à déposer les livres qu’ils ne lisent plus et à y prendre ceux qui leur plaisent. A côté d’animations classiques comme « l’heure du conte », l’équipe compte développer des rencontres qui impliquent le public des particuliers, mais aussi les acteurs de la vie économique, sociale et culturelle locale : soirées gastronomie et œnologie avec des cavistes et des restaurateurs de la ville, conférences et concerts organisés par l’école de musique, rencontres autour des voyages extraordinaires effectués par certains habitants. « La bibliothèque est le premier outil culturel, social, éducatif d’une commune, s’enthousiasme Yann Olivier, directeur des affaires culturelles. Elle touche beaucoup plus de monde qu’une salle de spectacle ou qu’un conservatoire. » Sans atteindre l’amplitude de ses modèles nord- européens, la médiathèque bénéficie d’horaires larges pour une équipe de 11 personnes : 33 heures hebdomadaires dont 3 le dimanche matin. Une première dans la région.

Véronique Heurtematte

11.10 2013

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