Ce lundi 19 janvier a été lancée une pétition par le réseau Relief à l'encontre du projet loi de finances 2026. Plus de 3 300 signatures ont déjà été récoltées. Parmi les signataires figurent des représentants d'organisations professionnelles du livre comme Hélène Brochard, présidente de l'Association des Bibliothécaires de France (ABF), Alexandra Charroin Spangenberg, présidente du Syndicat de la librairie française (SLF), Thomas Fouchault, président de la Ligue des auteurs professionnels, François Peyrony président du Syndicat national des auteurs et compositeurs (SNAC) et Samuel Sfez président de l'association des traducteurs littéraires de France (ATLF).
De nombreuses personnalités ont également apporté leur signature, telles Annie Ernaux (prix Nobel de la littérature 2022), Gaël Faye, David Foenkinos, Patrick Chamoiseau (prix Goncourt 1992), Philippe Claudel (président de l'Académie Goncourt), les anciennes ministres de la Culture Françoise Nyssen et Aurélie Filippetti, ou encore Laurent Mauvignier (prix Goncourt 2025) et Kamel Daoud (prix Goncourt 2024).
L’association Relief (Réseau des Évènements Littéraires Et Festivals), à l'origine de la pétition, est un réseau professionnel visant à fédérer des évènements littéraires qui participent au rayonnement de la vie littéraire contemporaine.
Un projet qui prévoit une baisse importante des moyens
Le projet de loi de finances 2026 prévoit pour le livre et la lecture une baisse importante des moyens : 25 % de crédits en moins pour le livre et une nouvelle baisse de 15 % pour le Centre national du livre. Cette baisse selon le réseau Relief s'avère « très nettement supérieure à l'effort budgétaire demandé à l'ensemble des autres secteurs. »
Dans sa lettre ouverte, le réseau Relief déclare que « si ce budget est voté en l'état, les conséquences seront dramatiques ». Parmi elles notamment, moins de soutien à la création, de traductions et d'ateliers pour les auteurs et autrices ; une concentration du marché qui entraînera la disparition des petites maisons d'édition ; la fermeture de nombreuses librairies de proximité avec une uniformisation de l'offre ; une réduction des acquisitions, un appauvrissement des collections et une réduction des animations pour les bibliothèques. Pour les festivals, la disparition de certains évènements et la diminution du nombre d'artistes invités sont à prévoir.
La lecture « rapporte » à la France
L'association insiste sur l'atout que représente le monde du livre en France. « La France se singularise aujourd’hui encore par la densité et l’excellence de son réseau de librairies et de bibliothèques, la présence partout sur le territoire de festivals qui rendent le livre vivant et accessible au plus grand nombre. Par comparaison, aux États-Unis l’accès au livre est beaucoup plus difficile : disparition des librairies, absence de politique publique au niveau fédéral, censure à l’œuvre dans de nombreuses bibliothèques, hégémonie culturelle des acteurs de la Tech et de leurs algorithmes… »
La pétition rappelle que « la lecture "rapporte" ». Parmi les industries culturelles et créatives (ICC), l'économie du livre demeure la moins aidée malgré son poids économique, stratégique et sa portée symbolique.
L'association Relief rappelle qu'« avec plus d'un million de personnes employées (emplois directs, indirects et induits), les ICC représentent un poids économique deux fois supérieur à celui de l'industrie automobile. » Joint par Livres Hebdo, le CNL a pour sa part déclaré : « Le livre et la lecture sont essentiels pour l'avenir de la filière du livre évidemment, et au-delà pour la santé de notre jeunesse, son émancipation et pour la vitalité de notre démocratie ».
Les requêtes
Le réseau Relief demande notamment le retrait de la baisse de 25 % des crédits alloués au programme « Livre et industries culturelles » ; le rétablissement des moyens du CNL pour protéger la création littéraire et l'accès à la lecture pour tous ; et la sanctuarisation du budget du livre et de la lecture comme rempart indispensable contre l'effondrement démocratique.
