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Un séminaire pour aider le livre francophone en Afrique

Diverses personnalités du monde du livre, dont 23 libraires d’Afrique subsaharienne, ont participé au séminaire organisé par l’AILF du 9 au 11 novembre à Abidjan. - Photo AILF

Un séminaire pour aider le livre francophone en Afrique

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Par Clarisse Normand,
Créé le 08.12.2017 à 00h00,
Mis à jour le 08.12.2017 à 11h34

Dégager des pistes de travail pour développer la circulation et la diffusion du livre francophone en Afrique subsaharienne : tel était l’objectif du séminaire organisé par l’Association internationale des libraires francophones (AILF) du 9 au 11 novembre à Abidjan. L’événement a réuni 23 libraires de treize pays différents (1), mais aussi des éditeurs, des professionnels du livre et des représentants politiques français et africains, dont le ministre de la Culture ivoirien qui a rappelé que "là où le livre est absent, c’est la place qui est faite au terrorisme, à la violence et à la haine".

Fruit d’un travail interprofessionnel mené avec les acteurs locaux, le séminaire était construit autour de six problématiques. Terriblement compliquée en Afrique, compte tenu de l’état des infrastructures et des problèmes sécuritaires, la circulation des livres a été un axe fort des réflexions. Olivier Aristide, directeur général de la Centrale de l’édition, a mis en avant les performances du groupe Bolloré parmi les transporteurs opérant en Afrique. Michel Choueiri, représentant de la jeune plateforme d’e-commerce Bookwitty (2), a rappelé l’existence, depuis un an, d’une solution logistique locale qui ne demande qu’à se développer. Associé à l’éditeur Les Classiques ivoiriens, qui stocke, dans son entrepôt d’Abidjan, des livres issus notamment de catalogues africains, Bookwitty propose un dispositif permettant leur circulation interafricaine et internationale, sans passer par Paris ! Une autre discussion, sur les usages commerciaux, a mis en avant la nécessité de favoriser le dialogue entre éditeurs et libraires, afin de fixer aux négociations commerciales un cadre directif qui n’existe pas en Afrique et qui s’inspirerait des usages commerciaux en France. Dans le débat sur l’accès aux marchés publics, le séminaire a conduit à réfléchir à l’établissement d’un cadre supranational intégrant, dans les appels d’offre, des critères qualitatifs. Face à l’importance du scolaire, l’enjeu est de faire réapparaître dans certains pays un réseau de librairies toute l’année.

Enfin, les politiques publiques du livre, les relations avec les institutionnels francophones et l’optimisation des opérations culturelles comme la Caravane du livre ont été à l’ordre du jour, sachant que, pour la Caravane, les problèmes sécuritaires actuels empêchent parfois le déplacement des libraires. Le séminaire a aussi été l’occasion de remettre le prix Ivoire, qui récompense un auteur de littérature africaine d’expression francophone, à l’écrivain malgache Johary Ravaloson pour Vol à vif paru chez Dodo vole.

Clarisse Normand

(1) Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Mauritanie, Niger, République démocratique du Congo, Rwanda, Sénégal, Tchad et Togo.

(2) LH 1121 du 17.3.2017, p. 34.






08.12 2017

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