3 octobre > Récit Etats-Unis > Maya Angelou

Maya Angelou (1928-2014) n’a pas eu de fille mais des milliers d’héritières doivent beaucoup à cette "femme noire à la fierté indomptable", comme la décrit l’écrivain Dinaw Mengestu en introduction à cette lettre dans laquelle l’icône afro-américaine livre des leçons de vie concentrées, tirées d’un parcours d’exception. Sous forme de courts récits et de poèmes, elle raconte des expériences fondatrices et plus anecdotiques : comment elle a failli mourir sous les coups d’un homme, sa passion pour la chanteuse cubaine Celia Cruz, sa joie d’être mère d’un fils à l’âge de 17 ans après un premier et unique rapport sexuel, la découverte de l’écriture grâce à son professeur de chant et mentor.

"J’ai osé tout tenter", y affirme sans détour celle qui fut une militante active des droits civiques, danseuse dans Porgy and Bess, chanteuse, poétesse, amie de James Baldwin et de Martin Luther King. Voilà les Mémoires condensés et éclatés d’une fille noire du Sud, dans l’Arkansas sous la Ségrégation où elle est confiée à sa grand-mère, à l’âge de 3 ans, avec son "frère adoré" Bailey. Elle y évoque aussi la Californie, New York et Winston-Salem, en Caroline du Nord, où elle a fini ses jours. Directe et édifiante, Lettre à ma fille reconfigure l’œuvre d’inspiration autobiographique de Maya Angelou, inaugurée en 1969 avec Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage, souvenirs d’une enfance abusée dans l’Amérique raciste et misogyne de la première moitié du XXe siècle.

Un texte devenu un classique, suivi de plusieurs récits dont Tant que je serai noire, retraduits en français sous l’impulsion de l’éditrice Brigitte Bouchard. Le 10 octobre, une soirée hommage à Maya Angelou aura lieu au théâtre de l’Odéon à Paris en présence notamment de Russell Banks, Léonora Miano et Christiane Taubira. Parce que l’écho de cette voix unique mérite d’être largement amplifié. V. R.

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