Roman/Porto Rico 3 janvier Mayra Santos-Febres

« Je suis une femme qui se souvient. » Micaela s'approchant du trépas, elle tient à narrer son histoire. Issue d'une lignée de guérisseuses, elle songe à sa respectueuse grand-mère, Mano Santa. Sortie d'un conte de Grimm, elle vit au fond des bois. C'est là que l'héroïne bénéficie de la transmission de son savoir. Or rien de tel que des travaux pratiques. Micaela suit son aïeule auprès de Carlos Gardel, figure légendaire du tango. Le voici sous un jour moins glamour : la syphilis. Lui a 45 ans, la protagoniste à peine vingt printemps. Entre eux, vingt-sept jours et nuits qui vont bouleverser la jeune fille.

« Est-ce qu'il serait possible que tu m'aies ensorcelé, avec ton remède, negra », se demande Gardel. Hypnotisée, elle-même est dépassée par cette tension électrique. « Quel était le nom de ce brasier ? Etait-ce l'amour ? J'étais sa proie... » Elle s'avère aussi sa puissante confidente. Plus qu'un amant, Gardel agit en détonateur. Il « faisait de moi sa femme, sous Gardel, je faisais de moi une femme. » Pourquoi la magie comporte-t-elle une fin ? Comment Micaela trouvera son chemin ? « Gynécologue, botaniste, phytologue. Première femme de couleur à lutter contre la propagation des MST et à diriger des programmes de contrôle des naissances. » Une façon de plonger dans la précarité sociale, éducative et médicale de Porto Rico. Pas de doute, Mayra Santos-Febres fête la fébrilité amoureuse et la force féminine.

Mayra Santos-Febres
La maîtresse de Carlos Gardel - Traduit de l’espagnol (Porto Rico) par François-Michel Durazzo
Zulma
Tirage: 6 000 ex.
Prix: 22,50 euros ; 320 p.
ISBN: 9782843048449





Commentaires (0)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous

On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités