Wolf Erlbruch reçoit le prix Alma 2017 | Livres Hebdo

Par Claude Combet, à Bologne, le 04.04.2017 à 17h26 (mis à jour le 04.04.2017 à 18h00) FOIRE DE BOLOGNE

Wolf Erlbruch reçoit le prix Alma 2017

Wolf Erlbruch. - Photo COPIE D'ÉCRAN/KARIM GOURY

L'illustrateur allemand du best-seller mondial De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête (Milan Jeunesse) reçoit le "Nobel" de la littérature jeunesse.

Comme c'est la tradition, la Fondation Astrid Lindgren a annoncé le 4 avril en direct de Stockholm pendant la Foire du livre de jeunesse de Bologne l'attribution du prix Alma (Astrid Lindgren Mémorial Award) 2017 à l'illustrateur allemand Wolf Erlbruch. Wolf Erlbruch a écrit une vingtaine de livres pour la jeunesse et en a illustré une cinquantaine d'autres, publié en France par Milan Jeunesse et Etre, et en Suisse, par La Joie de lire. Il est connu dans le monde entier pour avoir illustré De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête, paru en 1993 chez Milan Jeunesse. Il a reçu en 2006 le prix Hans Christian Andersen et plusieurs BolognaRagazzi. 

Né en 1948, Wolf Erlbruch a étudié le graphisme et travaillé principalement pour les revues Stern et Esquire, avant de se consacrer à l'enseignement. Jusqu'en 2009, il a enseigné à l'université l'illustration et les arts narratifs, notamment à Wuppertal où il réside. 

Il a illustré en 1985 son premier livre, The eagle that would not fly, de James Aggrey. Le succès est arrivé cinq ans plus tard avec De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête, sur un texte écrit par Werner Holzwarth et racontant l'histoire d'une petite taupe qui cherche le coupable qui lui a fait caca sur la tête.

Drôle et dérangeant

Sans jamais se départir de son humour, Wolf Erlbruch va jusqu'au bout des situations, n'hésitant pas à provoquer avec des images dérangeantes. Il n'a pas peur de poser des questions sur la vie et la mort comme dans Le canard, la mort et la tulipe (La joie de Lire, 2007), "considéré comme un grand classique moderne et comme le plus beau livre sur la mort jamais publié" souligne la Fondation Astrid Lindgren dans son communiqué. Il a aussi illustré le texte très controversé de Valérie Dayre, L'ogresse en pleurs (Milan, 1996), l'histoire d'une dame qui veut manger un enfant et "qui traite de questions complexes et importantes comme les rapports parents-enfants, la symbiose et la liberté, l'amour et la peur de la perte" commente encore la Fondation. Son dessin est composé de traits forts et de précision graphique, combinant différentes techniques, collages, crayons, pastels, expérimentations graphiques et aquarelles. "Ses personnages, surtout les ours, portent la narration comme dans Le miracle des ours (2006), et L'ours qui n'était pas là et la fabuleuse forêt (La joie de Lire, 2015).

Best-seller de la littérature enfantine, De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête, a été publié en France par Milan Jeunesse, qui l'a décliné sous toutes ses formes et sans cesse réédité (dont une édition avec une peluche et un jeu en 2014). Il a aussi été adapté en dessin animé. Milan Jeunesse est son éditeur en France avec Christian Bruel, fondateur des éditions Être, aujourd'hui reprises par les éditions Thierry Magnier, qui ont réédité en 2012 un autre livre majeur, La grande question

Remise le 29 mai

"Wolf Erlbruch sait rendre accessibles et compréhensibles aux lecteurs de n'importe quel âge les questions existentielles. Avec beaucoup d'humour et une chaleur humaine qui fondent leurs racines dans une vision humaniste du monde, ses œuvres dévoilent le microcosme du macrocosme […] Wolf Erlbruch est un visionnaire particulièrement méticuleux" a souligné le jury. 

Le prix, doté de cinq millions de couronnes suédoises (environ 54000 euros) lui sera remis le 29 mai à Stockholm par la princesse Victoria de Suède au cours d'une cérémonie officielle au Konserthuset. Wolf Erlbruch succède à la Britannique Meg Rosoff, lauréate 2016. 
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