Zep et Tebo musclent leur jeu. Captain Biceps, leur super-héros né en 2004, revient en librairie après six ans d’absence avec un nouvel album, L'Atomiseur (Glénat). Un nouvel opus où se croisent aussi bien les Quatre Fantastiques de Marvel, les populaires rappeurs Bigflo & Oli et les personnages de l'univers du jeu vidéo Minecraft.
Malgré des emplois du temps chargés, l'envie de rempiler pour un nouvel album s'est imposée naturellement. « Il m'avait proposé de reprendre Biceps tout seul, se souvient Tebo. Mais je ne voyais pas trop l’intérêt. Je voulais juste être avec mon copain pour faire du Captain Biceps ! C’est un petit rendez-vous qu’on se donne. »
Pages intérieures du 8e album de "Captain Biceps", de Zep et Tebo (Glénat)- Photo GLÉNATPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Depuis plus de 20 ans, leur méthode reste inchangée. « C'est vraiment une co-écriture, commente Zep. C'est un peu comme une compétition : il faut faire rire l'autre. Il y a un côté très transgressif dans cette manière d'écrire. Si on se marre bien, c’est là qu’on se rend compte si on tient un album ou pas. Mais avant de s’y mettre, on se demande toujours s'il y a eu assez de super-héros pour justifier un nouvel album. »
« Quand on a commencé Captain Biceps, les super-héros étaient beaucoup moins présents dans la pop-culture »
Car en six ans, la cote des super-héros a commencé à s'éroder. Dans les salles obscures, Mario et Minecraft ont détrôné les productions Marvel dans le cœur du jeune public. Mais pas de quoi inquiéter Zep. « Quand on a commencé Captain Biceps, les super-héros étaient beaucoup moins présents dans la pop-culture. L'idée n'a jamais été de faire un album référentiel aux super-héros du moment. »
« Ce n'est pas qu'une parodie, renchérit Tebo. Biceps, c'est notre super-héros. Il pète la gueule à des super-héros connus ou inconnus. C’est avant tout notre univers. » Et d'ajouter : « Ma culture vient aussi des super-héros. J'ai grandi avec ces personnages, en lisant des comics. Je m'éclate toujours à dessiner des super-héros. »
Au fil des pages, Captain Biceps affronte Sigmund Freud, Luffy de One Piece ou encore Saitama de One Punch Man. « Tout le monde veut être dans Captain Biceps ! Les Japonais nous supplient !, s’amuse Zep. Il y a toujours eu des figures de la pop culture dans ces albums. On avait mis Yoda et Michael Jackson dans les premiers tomes », rappelle Tebo.
Apparition remarquée de Bigflo & Oli
« Grands fans » de Captain Biceps, Bigflo & Oli font également une apparition remarquée. Pour les dessiner, Tebo a mobilisé ses super-pouvoirs. « Au début, j’avais une idée, mais ils changent tout le temps de look ! C’était l’enfer ! » « On ne peut compter sur personne, plaisante Zep. Il faut qu’on leur dise : si vous voulez être de bons personnages de bandes dessinées, il faut arrêter de changer de look ! »
La présence des populaires rappeurs rappelle aussi l'un des défis de la BD franco-belge contemporaine : capter un jeune public désormais plus attiré par le manga, l'animation et les jeux vidéo. « La question est encore plus vaste : comment faire revenir des jeunes vers du livre, un objet qui a disparu de leur vie », rectifie Zep.
« Quand j’étais gamin, il y avait déjà ces mêmes questions pour faire revenir les jeunes vers la littérature. Il y avait la peur que s’ils ne lisaient que de la bande dessinée, ça les rendrait abrutis. La BD avait tous les maux. On a un peu tendance à transposer ça aujourd’hui sur les jeux vidéo et les tablettes alors qu’on y apprend plein de choses ! Et lire du manga, c’est déjà super », insiste le dessinateur.
« L’objet-livre n’est pas indispensable à la vie d’une société, mais j’espère qu’il va perdurer, poursuit encore Zep. C’est le moyen le plus intéressant pour transmettre le plaisir de la fiction et de la narration, pour se transposer dans la peau d’un autre personnage. Je sais que toute une communauté de gens aiment Captain Biceps. Que des plus jeunes vont le découvrir. Mais même si c’est un super-héros, je ne pense pas qu’il va sauver le livre. » Que peut-il sauver alors ? « La planète ! »
En attendant, les deux auteurs promettent de ne pas laisser notre Terre sans Captain Biceps pendant encore six autres années. « Si on en vend un million, c’est demain la suite ! », promet Tebo.
Un classique des années 2000
Lancée en 2004 par Glénat, la série Captain Biceps de Zep et Tebo s’est imposée comme un classique de la bande dessinée jeunesse des années 2000. Le premier tome affiche 134 000 exemplaires vendus selon les données NielsenIQ BookData de la base Electre. Il a été suivi d’une première vague d’albums en 2005, 2006 et 2007, eux aussi plébiscités par les lecteurs. À partir des années 2010, le rythme de publication a ralenti, les tomes suivants de Captain Biceps paraissant en 2011, 2014 et 2019. Sept ans après sa dernière apparition, le super-héros dans un collant rouge effectue donc son grand retour en librairie. Le tome 8 a pour l'occasion bénéficié d’un premier tirage de 25 000 exemplaires, selon Glénat.
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