Une clientèle plus touristique pour les librairies d'art

Une clientèle plus touristique pour les librairies d'art

Série « l'été des libraires » (7). Même si leur clientèle se modifie sensiblement, la librairie Flammarion du centre Beaubourg et la librairie Taschen à Saint-Germain-des-prés n'enregistrent pas une réelle baisse d'activité l'été. Elles vendent surtout des livres différents.

Par Cécile Charonnat
avec cch Créé le 15.04.2015 à 23h36

Une devanture sobre et un magasin conçu comme un écrin par Philippe Starck pour l'une, un vaste espace, réparti sur plusieurs niveaux au cœur du Centre Pompidou pour l'autre. Les librairies Taschen, à Saint Germain des prés, et Flammarion, à Beaubourg, sont toutes les deux spécialisées en livres d'art, situées dans des quartiers touristiques de la capitale et ouvertes tout l'été.

A Saint Germain, Judith Benyayer, responsable de la librairie, considère sa boutique comme « le show-room de Taschen ». Il ne s'y vend en effet que les publications de l'éditeur allemand. Située rue de Buci, dans un quartier « qui vit énormément l'été », la librairie bénéficie d'un flot de clientèle toute l'année. Cependant, ici, comme à Beaubourg d'ailleurs, les amateurs et les spécialistes d'art, qui constituent une bonne part de la clientèle habituelle, et les étudiants cèdent leur place aux nombreux touristes.

Dès lors, les librairies ne vendent plus tout à fait les mêmes ouvrages. A Beaubourg, spécialisée dans l'art du XXe et XXI e siècle, Il n'y a pas vraiment de saisonnalités. Les ventes varient en fonction des expositions. Toutefois, François Lecce, adjoint du directeur des librairies Flammarion, reconnaît vendre l'été plus d'ouvrages liés directement au musée et au Centre. Il met également en avant des livres en anglais, que ne présentent pas les librairies concurrentes, nombreuses dans le coin. « Cela nous sert de produits d'appels. Notre challenge est de proposer une offre attractive et différente, été comme hiver », précise t-il.


Plus de flâneurs, autant de travail

L'été ne provoque pas une baisse d'activité, tant en termes de chiffre d'affaires que de travail pour les libraires. « Le flux des arrivages ne chute que très légèrement. Nous continuons à recevoir les offices anglophones et il faut réassortir tous les jours » explique François. Si bien que chaque libraire qui part en vacances est remplacé et le nombre de caissiers augmente. Le panier moyen reste dans sa fourchette haute, environ 25 euros, « et ce malgré les ventes importantes de cartes postales à 1 euro » note t-il, amusé.


Chez Taschen, quatre libraires assistent Judith Benyayer toute l'année. L'été, l'effectif est identique. « C'est suffisant pour accueillir les clients. Nous avons même le luxe de prendre plus de temps avec eux, de discuter et de les conseiller » remarque Judith. Pour satisfaire cette clientèle plus flâneuse, elle met en avant des ouvrages particuliers, comme les livres sur l'art de vivre et la décoration d'intérieurs, qui sont très appréciés. « Cela fait rêver les gens et leur donne des envies et des idées de voyage » constate t-elle. Autre particularité de l'été, le rayon érotique, « aidé par la presse, qui consacre plus d'articles sur ce sujet léger, relève la libraire. Notre clientèle profite de cette période pour se faire plaisir et acheter des livres un peu plus insolites. »

Les deux librairies attendent la rentrée et le retour de leur clientèle fidèle pour organiser à nouveau des rencontres et des signatures avec les auteurs. Ils s'attelleront également, pour Taschen, à préparer Noël, période autrement plus intense, et pour la librairie de Beaubourg, à préparer la prochaine exposition.

15.04 2015

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