« Sally Rooney est une écrivaine, pas une terroriste », écrivent les signataires dans une courte lettre ouverte publiée sur le site de la revue britannique The New Statesman. Parmi les 160 signataires figurent de grands noms de la littérature mondiale, tels que la poétesse canadienne Anne Carson, dernière lauréate du prix Nobel, la Française Annie Ernaux, le Britannique Julian Barnes, l'Indienne Arundhati Roy et l'Irlandais Colm Tóibín.
La tribune rassemble également plusieurs visages du cinéma et de la télévision, à commencer par Paul Mescal et Daisy Edgar-Jones, révélés par l'adaptation du best-seller de Sally Rooney, Normal People, l'actrice Tilda Swinton ainsi que le réalisateur britannique Jonathan Glazer (réalisateur de La Zone d'intérêt, 2 023).
Conséquence de son soutien au groupe interdit Palestine Action
Ces personnalités réagissent à l'annonce la semaine dernière de l'arrêt de la vente des ouvrages de Sally Rooney au Royaume-Uni, conséquence de son soutien au groupe interdit Palestine Action.
Palestine Action a été classée organisation « terroriste » au Royaume-Uni en juillet 2025 par le gouvernement travailliste, à la suite d'actes de vandalisme perpétrés sur une base de l'armée de l'air.
Dès lors, tout soutien financier ou matériel au mouvement est prohibé. Or, dans une tribune publiée par The Irish Times en août 2025, l'autrice avait annoncé son intention de reverser une partie de ses droits d'auteur à l'organisation propalestinienne, y compris les redevances issues des adaptations télévisées de ses romans.
« Une atteinte aux principes fondamentaux de la liberté d'expression »
Dans leur texte, les signataires dénoncent une mesure « fondée sur une législation antiterroriste mal conçue et draconienne » qui constitue selon eux « une atteinte aux principes fondamentaux de la liberté d'expression, si longtemps tenus pour acquis dans ce pays ».
« Nous rejetons catégoriquement la censure, qu'elle soit directe ou indirecte », écrivent-ils encore, appelant le gouvernement du travailliste Andy Burnham à « changer de cap, en modifiant la législation qui nous a conduits à ce point d'absurdité répressive ».
Depuis l'interdiction de Palestine Action, plus de 3 700 personnes ont été interpellées lors de manifestations de soutien, selon le collectif Defend Our Juries. La cofondatrice de Palestine Action, Huda Ammori, s'est lancée dans un bras de fer judiciaire avec le gouvernement pour faire annuler l'interdiction. Une audience est prévue début novembre devant la Cour suprême britannique.