Abd al Malik slame Albert Camus à Aix-en-Provence | Livres Hebdo

avec mq, avec Afp, le 13.03.2013

Abd al Malik slame Albert Camus à Aix-en-Provence

Le slameur rend hommage à l'ouvrage L'Envers et l'Endroit dans son nouveau spectacle, « l'Art et la Révolte », au Grand théâtre de Provence d'Aix-en-Provence.

Abd al Malik slame des phrases d'Albert Camus dans «l'Art et la Révolte», son nouveau spectacle présenté au Grand théâtre de Provence d'Aix-en-Provence. L'artiste, qui considère le prix Nobel de littérature comme «son idéal, son grand frère des cités», s'inspire de L'Envers et l'Endroit, son premier livre publié en 1937.

«Ce livre a toujours été pour moi une sorte de feuille de route. Je l'ai lu comme un grand frère de la cité qui était en train de me parler. On se rend compte avec son oeuvre que Camus, c'est un gars de chez nous. Il y parle de sa mère, le fait d'avoir été élevé seul par sa mère. Vous imaginez, toute suite ça faisait écho», explique le rappeur.

«J'ai vécu dans un milieu dur et ma passion pour la littérature a été une vraie fenêtre de sortie»

Abd al Malik rencontre Albert Camus à l'école en lisant L'étranger, un livre qui le «bouleverse». «Camus disait en substance "la culture m'a arrachée de ma condition". Une phrase qui fait sens. J'ai vécu dans un milieu dur et ma passion pour la littérature a été une vraie fenêtre de sortie», se souvient-il.

Dans son spectacle, il parle de «sa» cité HLM à Strasbourg, se rend à Stockholm... Avec comme seul objet un livre sur un pupitre, il raconte son enfance, sa jeunesse et ses colères. Une lecture originale accompagnée par le danseur Miguel Nosibor.

«J'ai des baskets mais je parle de grande littérature»

Sur scène «c'est ce qui se passe dans ma tête et dans mon coeur quand je lis un bouquin», confie Abd al Malik. «Nous autres qui venons de banlieue, on ne vit pas en périphérie de ce pays, on participe au dynamisme positif de ce pays. Avec ce genre de projet, on change de perspective, de regard. Moi j'ai des baskets mais je parle de grande littérature», souligne le slameur.

Le spectacle offre une place importante au soleil, un thème cher à Camus. «Camus s'abreuve de lumière. On ne peut pas vivre de la même manière quand on est nourri par le soleil d'Algérie. Le rapport aux êtres est différent. Il a vu après les banlieues froides et sans soleil de Paris. Camus nous comprend. Il a grandi avec nous», estime le poète.

Au tomber de rideau, Abd al Malik adresse une lettre à Camus dans laquelle il dit «moi, le gamin de 12 ans je remercie mon grand frère de m'avoir transmis l'amour des mots». Dans l'obscurité, l'ombre de Camus apparaît et lance : «l'art et la révolte ne mourront qu'avec le dernier des hommes».

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