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Amazon à fond sur l’autoédition

Le stand Amazon au Salon du livre 2014. - Photo © O. Dion

Amazon à fond sur l’autoédition

Absent l'année dernière, le géant américain est présent cette année au Salon du livre pour promouvoir Kindle Direct Publishing et son service d’impression à la demande CreateSpace.

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Par François Oulac
Créé le 21.03.2014 à 19h31

“Quand les voitures sont arrivées, il a bien fallu que les fabricants de carrioles réagissent!”, lâche Marie-Pierre Sangouard, directrice des contenus Kindle… à l'intention des éditeurs traditionnels. De retour au Salon du livre après une absence remarquée en 2012, Amazon est regonflé à bloc.

Le groupe américain croit dur comme fer à l’expansion de Kindle Direct Publishing, sa plateforme consacrée à l’autoédition numérique, et CreateSpace, son service d’impression à la demande. Pour convaincre, il met en avant ses auteurs, comme Chris Costantini. Son nouveau roman policier, Il n’est jamais trop tard, paraît la semaine prochaine aux éditions Versilio (17 euros) pour la version papier et en ebook sur Amazon (6,99 euros): “Je voyais cela comme un défi, une mise en danger, explique-t-il. C’est très vivant, très interactif, on a l’impression que toute la planète est au courant que le livre sort.” C'est le deuxième livre que l'auteur publie ainsi. Le précédent, Lames de fond, s’est vendu à 15000 exemplaires en version ebook et a été lu en France, mais aussi au Québec et jusqu’en Papouasie-Nouvelle Guinée.
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Didier Imbot, ancien directeur des éditions du Masque devenu agent littéraire à New York, partage le même enthousiasme. Pour lui, le système de notation (par attribution d’étoiles), les commentaires, mais surtout “l’élasticité des prix” permise par l’édition numérique constituent les points forts d’Amazon, par rapport à une vente classique en rayonnage. Et qu'on ne lui parle pas d'une concurrence dangereuse pour l'écosystème classique du livre: “Aux Etats-Unis, quand le lecteur aime un ebook, il le rachète en physique pour avoir l’objet ou l’offrir à ses amis. C’est donc un rapport gagnant-gagnant pour l'industrie papier!”

“Toutes les semaines, il y a sur Amazon entre 35 et 40% d’ouvrages autopubliés, souligne Marie-Pierre Sangouard. En 2013, les cinq meilleures ventes de l’année étaient des textes autopubliés”. L’autopublication génère pour Amazon un CA “significatif”, ajoute-t-elle sans toutefois avancer de chiffre, et pour elle, le numérique est un outil de familiarisation à la lecture qui ne porte pas préjudice au marché du papier. Et d’évoquer les ambitions d’Amazon, qui voudrait voir la publication d’ouvrages français à l'étranger facilitée, le cadre légal français et européen assoupli. En un mot, une édition numérique déterritorialisée.

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