Angoulême : la case librairie | Livres Hebdo

Par Clarisse Normand, le 29.01.2016 (mis à jour le 29.01.2016 à 10h25) Bande dessinée

Angoulême : la case librairie

Les tables de la librairie sont organisées par thèmes. - Photo JULIEN CHAMOUX

A Angoulême, la librairie de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image affiche une belle croissance avec une saisonnalité des ventes atypique.

Comme l’ensemble de la ville d’Angoulême, la librairie de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (CIBDI) vit au rythme du 43e Festival de la BD, du 28 au 31 janvier. Située sur le parcours des 200 000 visiteurs attendus, au cœur d’anciens chais où elle occupe 270 m2 à côté du musée de la BD, qui accueille une des expositions phares du festival dédiée à Morris et à son personnage Lucky Luke, l’unique librairie spécialisée BD d’Angoulême connaît sa période d’activité la plus intense de l’année. "En quatre jours, nous réalisons l’équivalent d’un bon mois de chiffre d’affaires", reconnaît Monique Marchive, la responsable de la librairie, qui salue la qualité d’organisation de son équipe pour préparer l’événement "sans stress et sans douleur". Entourée de quatre collaborateurs dont Manon Picot, chargée notamment du back-office, elle se félicite des effets de la rationalisation de la gestion mise en place au cours des trois dernières années.

Résultat presque à l’équilibre

Epuration des stocks anciens grâce à des campagnes de soldes et à des retours effectués deux fois par an, étude par rayons du ratio CA/m2, qui a conduit à augmenter la place accordée aux comics et à l’humour (blogs, dessins de presse) et à réduire celle consacrée au patrimoine et aux ouvrages de référence, établissement d’un organigramme indiquant les missions précises de chaque collaborateur… En 2015, la librairie a enregistré une hausse de 20 % de son chiffre d’affaires, ainsi porté à 726 000 euros avec un résultat presque équilibré. Derrière, assure Manon Picot, l’ensemble des indicateurs économiques est en amélioration, à commencer par le taux de rotation, passé de 1,87 en 2012 à 3,5. La productivité, en particulier, a fortement progressé. "En définissant clairement les tâches de chacun, de façon à ce qu’il n’y ait ni redondance ni insuffisance et que l’ensemble soit bien réparti, on a finalement dégagé du temps, poursuit la trentenaire, très à l’aise dans le management. Nous en avons profité pour répondre davantage aux appels d’offres. Avec succès, comme en témoigne la hausse du CA." La librairie a aussi repris à sa charge en 2015 l’organisation de rencontres mensuelles qu’organisait le musée autour de la venue d’un auteur. "Cela nous permet de maîtriser la programmation et de proposer des animations plus en phase avec l’actualité éditoriale", précise Manon Picot. A l’avenir, la librairie n’exclut pas non plus de gérer un stand lors du festival… si un éditeur le lui demande.

En phase avec le public

"Un beau parcours pour cette structure appartenant à l’établissement public qu’est la CIBDI (1)", estime Monique Marchive, qui a créé en 1995 ce qu’elle définit comme "une librairie de musée". D’ailleurs, en 2008, cette dernière a suivi le musée pour venir emménager sur son emplacement actuel, deux fois plus grand que le précédent. Un bel espace lumineux qui veut faire partie du circuit des visites du musée et s’efforce d’être en phase avec un public qui n’est pas forcément connaisseur, "contrairement souvent au public des librairies spécialisées", analyse Monique Marchive. Afin de faciliter les découvertes, elle a opté pour une présentation inhabituelle en consacrant ses 12 grandes tables de BD adultes non pas à des éditeurs ou à des genres, mais à des thèmes : histoire, biographie, reportage, polar… "C’est maintenant le rayon jeunesse qu’il faut valoriser, estime Monique Marchive. Situé derrière la caisse, il faut lui redonner de la visibilité." Ce sera une des propositions qu’elle fera au nouveau directeur de la Cité, Pierre Lungheretti, arrivé début janvier. Elle espère aussi que celui-ci remettra le musée au centre des préoccupations de la Cité afin d’en développer la fréquentation. L’enjeu est d’autant plus important que la librairie est excentrée par rapport à la zone commerçante de la ville.

En chiffres

726 000 euros de chiffre d’affaires (2015), dont 20 % avec les collectivités

5 salariés

20 000 références

(1) Etablissement public de coopération culturelle créé par le département de la Charente, le ministère de la Culture et de Communication, la Ville d’Angoulême et la Région Poitou-Charentes, la CIBDI réunit, dans plusieurs bâtiments, un musée, une librairie, une bibliothèque patrimoniale, une bibliothèque publique, une résidence d’artistes, un cinéma et des salles d’exposition.

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