Annie Ernaux : "J’ai été gagnée moi aussi par le besoin de rapidité qui s’est imposé partout" | Livres Hebdo

Par Véronique Rossignol, le 30.05.2014 (mis à jour le 30.05.2014 à 14h38) N°1000

Annie Ernaux : "J’ai été gagnée moi aussi par le besoin de rapidité qui s’est imposé partout"

Annie Ernaux - Photo OLIVIER ROLLER

Classique vivante, l’écrivaine dont les livres font l’objet de thèses et figurent au programme du bac français reste fidèle depuis quarante ans à son projet littéraire.

Il y a trente ans, elle recevait le prix Renaudot pour La place, qui consacrait cette "écriture plate", parti pris littéraire devenue sa griffe. Dix ans plus tard, en 1993, Journal du dehors élargissait l’horizon. Les années, son grand livre, paru en 2008, est venu coiffer une œuvre romanesque réunie en "Quarto" en 2011 sous le titre programmatique Ecrire la vie. Depuis ce livre, dont l’écriture l’a occupée pendant plus de vingt ans, elle a donné quelques textes à d’autres maisons que Gallimard, qui la suit depuis son tout premier roman, Les armoires vides, publié il y a tout juste quarante ans : chez Nil dans la collection "Les affranchis", L’autre fille, sous la forme d’une lettre à la sœur inconnue décédée avant sa naissance ; aux éditions du Mauconduit, Retour à Yvetot ; et aux éditions des Busclats, L’atelier noir, son journal d’écriture. Mais comme dans le tout dernier, Regarde les lumières mon amour, journal d’une année de visites en hypermarché, écrit pour la collection "Raconter la vie" au Seuil, elle semble n’avoir jamais perdu de vue son projet, jamais dévié de son "chemin d’écriture". "En observant, en écrivant" pourrait être sa devise.

Installée depuis plusieurs décennies en banlieue parisienne, à Cergy, apercevant, par temps clair, la tour Eiffel depuis les fenêtres de son salon, Annie Ernaux aime se tenir en périphérie et ne se voit pas ailleurs que dans cet entre-deux, dedans et dehors à la fois, qui est depuis toujours sa position. Alors, quand on lui demande de commenter l’évolution du monde du livre ces vingt dernières années, son regard embrasse une réalité large, précise dans laquelle elle est toujours très concrètement et intimement incluse.

En privé

Sa dernière lecture

Fixer le ciel au mur de Tieri Briet (Rouergue, "La brune").

Sa librairie favorite

Compagnie, 58, rue des Ecoles, à Paris (5e).

Son conseil de lecture à un adolescent

La légèreté d’Emmanuelle Richard (L’Olivier).

Son actualité

Regarde les lumières mon amour (Seuil, "Raconter la vie"), paru le 27 mars.

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