Le baromètre de la fréquentation, des ventes - et donc de la satisfaction des éditeurs - est d'une lecture très simple : s'il pleut sur Paris, il fait beau au Salon du livre, et les dimanches ensoleillés sont ici des journées plus maussades. Malgré le beau temps, les lecteurs sont venus. Si les professionnels constataient parfois une certaine « mollesse » dimanche, pour reprendre le mot de plusieurs d'entre eux, ils se félicitaient des journées de vendredi et de samedi - exceptée la nocturne, unanimement trouvée ratée. Mais l'affluence des journées a été bien répartie, ce qui permet aux organisateurs de parler d'un « week-end exceptionnel », tout en refusant de donner des chiffres avant mardi.

Libraires efficaces
Pour les plus gros éditeurs, la satisfaction provient des signatures, qui « sont clairement les meilleures ventes, même si l'on ne peut donner de chiffres précis pour le moment, » comme le dit Arié Sberro, directeur commercial chez Robert Laffont. « Pour les stars, on a dû fermer les files d'attente, renchérit Danielle Boespflug, responsable salons chez Albin Michel. Amélie Nothomb ou Katherine Pancol auraient pu signer une journée entière. »

Les auteurs présents attirent les clients plus que le fonds, qui ne peut être mis en valeur à ce point. D'où le choix, pour certains, de faire appel à des libraires en renfort. Ainsi Stock, qui a recruté l'équipe de La Lettre écarlate (15e arrondissement). «
Ils sont bien plus efficaces que nous pour la mise en place et le conseil », souligne Charlotte Brossier, directrice commerciale. « Cela a un impact évident sur les ventes, au-delà des signatures, » ajoute-t-elle, alors que Stock bénéficiait de la présence de quatre « écrivains nordiques » invités. D'où un bilan radieux : à 15h30 aujourd'hui, Stock affirme avoir dépassé le chiffre total des cinq jours du salon 2009.

Pour les autres, il sera difficile de rattraper les deux jours amputés - ce qui est particulièrement dommageable en jeunesse, puisque le mercredi amenait ses hordes de bambins. Les mangas ne semblent pas en avoir souffert, Kazé, ventes de premiers tomes à l'appui, pensant même avoir conquis de nouveaux publics.


Du côté des éditeurs plus strictement littéraires, la satisfaction est aussi palpable, mais elle repose sur des motivations d'achat différentes. Pour Jean-Paul Hirsch, directeur commercial de P.O.L, le succès en librairie se confirme au salon : les meilleures ventes sont donc pour Nicolas Fargues et Atiq Rahimi. Ce que confirme Colette Olive, co-responsable des éditions Verdier. « Nous n'avons organisé que deux dédicaces. Mais notre meilleur jour était vendredi, parce que le public était un vrai public de lecteurs. »

Beau temps pour tous, donc, sous les averses de saison.

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