Benjamin Stora prend la tête du Musée de l’histoire de l’immigration | Livres Hebdo

Par Manon Quinti, le 01.08.2014 à 15h36 (mis à jour le 01.08.2014 à 17h22) Nomination

Benjamin Stora prend la tête du Musée de l’histoire de l’immigration

Benjamin Stora au 19e Maghreb des Livres en février 2013 - Photo WIKI CREATIVE COMMONS

Le spécialiste de l'histoire contemporaine du Maghreb a été nommé par Manuel Valls. Il succède à Jacques Toubon, désigné Défenseur des droits le 9 juillet.

Benjamin Stora a été nommé par le Premier ministre Manuel Valls nouveau président du Conseil d'orientation de l'Etablissement du Palais de la Porte Dorée, qui englobe le Musée de l’histoire de l’immigration et l'Aquarium. L'information a été révélée sur le compte twitter de la journaliste du Monde Elise Vincent ce matin. Son nom circulait depuis une quinzaine de jours pour ce poste. Une nomination confirmée quelques heures plus tard par l’universitaire auprès de Mediapart : « je n'ai pas reçu l'arrêté de nomination mais cela doit être bon » . Benjamin Stora remplace l’ancien premier ministre chiraquien Jacques Toubon, désigné Défenseur des droits le 9 juillet par le président de la République.
 
L’historien de 64 ans est considéré comme le plus grand spécialiste de la guerre d’Algérie. Il est professeur à l’université Paris XIII. Il enseigne l’histoire du Maghreb contemporain (XIXe et XXe siècles), les guerres de décolonisations, et l’histoire de l’immigration maghrébine en Europe. Il est aussi inspecteur général de l'Éducation nationale depuis septembre 2013. Issu de la communauté juive de Constantine, en Algérie, il a lui-même connu l’exil avec ses parents en 1962.
 
L’universitaire a codirigé une encyclopédie, Histoire des relations entre juifs et musulmans, des origines à nos jours (Albin Michel, 2013). Cent-vingt auteurs ont participé à l’ouvrage, qui analyse les relations tour à tour fécondes ou tumultueuses entre juifs et musulmans, depuis les premiers liens entre les tribus juives d'Arabie et le Prophète Muhammad jusqu'aux récents conflits du Proche-Orient. Il a codirigé avec Mohammed Harbi l’ouvrage collectif La guerre d’Algérie (Robert Laffont, 2004, et Hachette Littératures, 2005).

L’universitaire a publié une trentaine de livres, parmi lesquels La gangrène et l’oubli, la mémoire de la guerre d’Algérie (La Découverte, 1991), Appelés en guerre d’Algérie (Gallimard, 1997), Algérie, la guerre invisible, (Ed Presses de Sciences Po, 2000). Les Trois exils. Juifs d’Algérie (2006) a été nommé pour le Prix Renaudot Essais. En 2009, Le Mystère De Gaulle, son projet pour l’Algérie (Robert Laffont) rencontre un grand écho dans la critique française et algérienne. Lettres et carnets de Français et d’Algériens, a obtenu le grand Prix des lectrices de ELLE en 2011. L’universitaire est membre du Jury du Prix livre d’Histoire décerné par le Sénat.

Il a aussi été producteur et animateur à France Culture, commissaire d’expositions et conseiller historique de plusieurs films, parmi lesquelles Indochine, Oscar du meilleur film étranger (1993) et Le Premier homme, adaptation au cinéma du roman d’Albert Camus. Il a aussi réalisé des documentaires.

Le musée de l’histoire de l’immigration, désigné auparavant comme "Cité nationale de l’histoire de l’immigration", a été ouvert au public en 2007 au Palais de la Porte Dorée à Paris. L’institution abrite, outre un musée, une salle de spectacle, un cinéma et un lieu de réflexion et de débat.

A paraître
  • Mémoires d'Algérie : 1954-1962 : lettres, carnets et récits des Français et des Algériens pendant la guerre, co-écrit avec Tramor Quemeneur (Librio, à paraître le 24 septembre)
  • La guerre d'Algérie expliquée en images (Seuil, à paraître le 25 septembre)

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