Justice

Bernard Debré débouté dans une affaire de prostate présidentielle

Bernard Debré. - Photo COPIE D'ÉCRAN - DR/ASSEMBLÉE NATIONALE

Bernard Debré débouté dans une affaire de prostate présidentielle

Le député LR ex-UMP et urologue affirme avoir opéré le président François Mitterrand et ne supporte pas d'être soupçonné de mensonge par l'auteure du Livre noir sur les médecins stars.

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Par Hervé Hugueny,
Créé le 24.06.2015 à 17h59,
Mis à jour le 24.06.2015 à 19h00

Dans un jugement rendu le 23 juin, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Odile Plichon des accusations de diffamation formulées à son encontre par Bernard Debré pour des propos le concernant dans Le livre noir sur les médecins stars, publié chez Stock le 28 mars 2012.
 
Journaliste au Parisien, défendue par Me Léa Forestier, l'auteure a enquêté sur les pratiques, les réseaux et la réputation parfois usurpée de 50 stars de la médecine, dont le professeur Bernard Debré, chef du service d'urologie de l'hôpital Cochin, et député UMP de Paris. Représenté par sa nièce avocate, Me Constance Debré, il a porté plainte contre trois passages du livre.
 
Les passages en question évoquaient le favoritisme dont il a bénéficié pour obtenir un statut de consultant, ses échecs pour entrer à l'Académie française, l'Académie des inscriptions et belles-lettres et l'Académie nationale de médecine, et une mystification qu'il entretient afin de se faire passer pour le chirurgien qui opéra le président François Mitterrand d'une tumeur à la prostate, en 1992. Le chirurgien était le professeur Adolphe Steg, que l'auteure a interrogé, recoupant son témoignage avec celui d'un autre médecin.
 
Les deux premiers sujets ne sont pas diffamatoires a estimé le tribunal, contrairement au troisième qui affirme que le plaignant a usurpé sa réputation professionnelle, mais celui-ci s'est trompé dans la qualification de son action en justice: elle a été déposée au titre particulier de fonctionnaire et citoyen chargé d'un service public, alors les propos visés concernaient Bernard Debré en tant que médecin. "Opérer un patient, même de prestige, dans un hôpital public, ne constitue pas l'exercice d'une mission d'intérêt général avec exercice de prérogative de puissance publique", pas plus que le statut d'universitaire et directeur d'un service hospitalier, relève le jugement. Le procureur avait également requis la relaxe.
 
Le plaignant demandait au total 25000 euros de dommages-intérêts. Ayant choisi la voie pénale, il échappe au paiement des frais de la défense auxquels sont souvent astreints les déboutés d'une procédure civile, lorsque leur assignation est jugée abusive. Me Constance Debré n'a pu être jointe à propos d'un éventuel appel que son client pourrait déposer.
 
Le livre d'Odile Plichon s'est vendu à 6800 exemplaires selon l'estimation du panel GfK. Il était visé par deux autres procédures, l'une du neurochirurgien Stéphane Delajoux, qui s'est désisté, et l'autre du cancérologue David Khayat, qui n'est pas encore passée à l'audience. Avec Bernard Debré, tous trois avaient la particularité d'être cités comme les exemples les plus médiatiques sur la quatrième de couverture.

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