A Cannes, le premier "Shoot the Book!" mobilise une centaine de professionnels | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, à Cannes, le 20.05.2014 à 17h35 (mis à jour le 21.05.2014 à 15h58) Festival de Cannes

A Cannes, le premier "Shoot the Book!" mobilise une centaine de professionnels

Shoot the Book, première édition - Photo (C) VINCY THOMAS

La première édition de l'événement organisé par la Scelf, le Motif et la Commission du Film d'Île-de-France, avec le soutien du Centre national du livre, s'est déroulée le 20 mai au matin au Festival de Cannes.

Sur le balcon de la  salle des Ambassadeurs du Palais des Festivals, les intervenants de "Shoot the Book!" regardent le cirque du premier photocall de la journée, quelques mètres en contrebas. Les photographes hurlent le prénom de Marion Cotillard, qui sera la star ce soir du 67e Festival de Cannes.

L'atmosphère redevient rapidement studieuse lorsque la centaine de professionnels du marché s'installe dans les rangées, face à l'estrade où prennent place les dix représentants de maisons d'édition françaises, venues "pitcher" leur livre pour cette première édition cannoise, à l'initiative de la Scelf (Société civile des éditeurs de langue française) présidée par Olivier Bétourné. "Shoot the Book!" a été créé pour promouvoir onze livres et bandes dessinées français auprès de producteurs et réalisateurs internationaux présents durant le marché du film de Cannes.

Paul Otchakovsky-Laurens, P-DG des éditions P.O.L et ancien président de la Scelf, introduit la session avec un bref discours en anglais. Il rappelle que Pierre Boulle est l'auteur du Pont de la Rivière Kwaï et de la Planète des singes, qui sont devenus par la suite des triomphes au box office américain.

Il cite également La vie d'Adèle, Palme d'or l'an dernier, et adaptation d'une bande dessinée, Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh. En prenant ces exemples très différents, il montre le potentiel de l'édition française comme matériau d'inspiration pour le cinéma. "La chasse aux trésors" peut commencer, clame-t-il en conclusion.

Isabelle Fauvel, fondatrice d'Initiative Films, joue les animatrices. Elle introduit un à un chacun des représentants. Avec Mamette, c'est Olivier Galli (Glénat) qui commence cette session 100% anglophone. En soixante minutes chrono, les onze livres seront présentés, appuyés par des diffusions de couvertures d'ouvrages ou d'extraits de planches de bande dessinée sur un écran.

De l'aveu de chacun des "pitcheurs", la séance de préparation qui s'est déroulée à Paris a beaucoup aidé à resserrer les présentations de chacun, et même à les dynamiser. Certains énumèrent des références cinématographiques prestigieuses (succès en salles ou aux Oscars) pour faire comprendre le potentiel du livre.

Dès qu'il s'agit d'une BD, Mamette ou Une métamorphose iranienne (Ça et là), une question récurrente surgit dans la salle : adaptation en film ou en animation ? Selon Frédérique Massart, directrice des droits audiovisuels et spectacles vivants pour le groupe Gallimard, qui venait promouvoir deux livres, ce débat est dépassé en France, mais reste apparemment essentiel aux yeux des anglo-saxons.

Isabelle Fauvel ne manque jamais de préciser quelques éléments de séduction, et notamment les prix littéraires remportés par l'oeuvre sélectionnée. L'audience est attentive. Et quand tout est terminé, tout le monde se retrouve au balcon. Marion Cotillard n'est plus là. C'est la cinéaste japonaise Naomi Kawase qui se fait photographier avec son équipe.

Mais les représentants des éditeurs et les professionnels du marché sont occupés à discuter, une coupe de champagne à la main. Les cartes de visite s'échangent. Laurent Duvault (Média-Participations) avait même prévu une carte spéciale avec comme slogan "Your Next Success is in Our Catalogue, Just Ask Us!".

Et s'il est trop tôt pour tirer un bilan de cette première édition, les sourires de chacun étaient visibles, à commencer par ceux des organisateurs, Nathalie Piaskowski (Scelf), Céline Petit-Vallaud (Commission du Film d’Île-de-France) et Catherine Sas (le Motif).
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