Classement

Classement Livres Hebdo 2016 de l’édition mondiale

Shell Mex House, à Londres, siège historique de Pearson, premier groupe mondial. - Photo ARILD VAGEN/CC BY-SA 3.0

Classement Livres Hebdo 2016 de l’édition mondiale

Etabli d’après les données financières de 2015, le 10e classement Livres Hebdo de l’édition mondiale, repris par nos confrères Buchreport (Allemagne), Publishers Weekly (Etats-Unis), Bookdao.com (Chine), The Bookseller (Royaume-Uni) et PublishNews (Brésil), confirme l’assainissement du secteur et l’expansion des plus grands groupes après les restructurations massives provoquées par la crise.

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Par Fabrice Piault,
Créé le 26.08.2016 à 00h00,
Mis à jour le 11.10.2016 à 11h52

Le calme après la tempête. La crise financière qui a plongé des géants de l’édition professionnelle ou éducative dans des restructurations radicales ? Pour l’essentiel derrière nous. La révolution numérique qui a profondément déstabilisé l’édition généraliste ("trade") ? Largement dépassée. Dans le prolongement du précédent, le 10e Classement Livres Hebdo de l’édition mondiale témoigne d’une plus grande sérénité parmi les poids lourds du secteur, qui ont le plus souvent renoué avec la croissance.

Etabli d’après les données financières de 2015 et repris sous licence par nos confrères Buchreport (Allemagne), Publishers Weekly (Etats-Unis), Bookdao.com (Chine), The Bookseller (Royaume-Uni) et PublishNews (Brésil), il répertorie 52 groupes éditoriaux affichant un chiffre d’affaires supérieur à 150 millions d’euros, issus de 14 pays. Il s’agit aussi bien de groupes se développant sur plusieurs marchés internationaux que de groupes peu mondialisés, mais occupant dans leur pays des positions prééminentes.

Un seul pays a disparu cette année de la liste : le Brésil, dont les principaux groupes d’édition, Somos Educação (ex-Abril Educação, qui a changé de nom après l’acquisition de la branche édition de Saraiva), FTD Editora…, sont pourtant en développement, mais subissent les effets de change défavorables provoqués par l’effondrement du real.

Toujours plus gros

Au total, les groupes classés représentent un chiffre d’affaires cumulé de 63,7 milliards d’euros, en hausse de 8,8 % par rapport à 2014. Les huit premiers groupes, en particulier, affichent tous de fortes hausses d’activité, qu’ils se déploient dans l’univers éducatif (Pearson) ou professionnel (Thomson Reuters, RELX, Wolters Kluwer), dans l’édition généraliste (Penguin Random House et Hachette, premier groupe français classé et numéro deux du "trade" même s’il est également présent dans l’édition éducative) ou, pour les groupes chinois China South et Phoenix, à la fois dans l’édition généraliste et éducative, avec une forte proportion de leur chiffre d’affaires provenant de leurs activités de distribution et de librairie. Sur dix ans, en dépit d’à-coups en 2009, 2011 et 2013, le chiffre d’affaires du Top 10 aussi bien que celui du Top 50 n’ont cessé de se renforcer, de 28 à 34 milliards d’euros pour le premier, de 49 à 63 milliards d’euros pour le second.

Dans le classement 2016, la hiérarchie des groupes n’évolue qu’à la marge. Principal changement : la percée, de la 19e à la 15e place, du groupe allemand Springer Nature, né de la fusion en 2015 du groupe d’édition scientifique Springer avec les activités d’Holtzbrinck dans le même secteur. Bien que ce dernier détienne 53 % du capital du nouvel ensemble, cette participation n’est pas consolidée pour l’instant, ce qui fait reculer Holtzbrinck, recentré sur l’édition généraliste sous l’enseigne Macmillan, du 10e au 19e rang.

Les douze premiers groupes

Chiffres d’affaires 2015 en millions d'euros. Source : Livres Hebdo

Toujours plus spécialisés

La constitution de Springer Nature prolonge la tendance à la spécialisation des groupes, qui s’est, en dix ans, répandue successivement dans l’édition professionnelle, l’édition d’éducation et enfin l’édition généraliste. 2015 a aussi vu l’espagnol Santillana (n° 30) céder son activité dans la littérature générale à Penguin Random House pour se concentrer sur l’éducatif, notamment en Amérique latine. L’américain Scholastic (n° 13) a, lui, vendu à Houghton Mifflin Harcourt (n° 16) sa branche éducative pour se recentrer sur le marché du livre pour la jeunesse, historiquement son cœur de cible.

Dans l’édition généraliste, qui a désormais intégré le numérique comme une composante essentielle de son développement, la constitution en 2013 du géant Penguin Random House a un fort impact sur plusieurs marchés nationaux et suscite de fortes tensions sur les courants d’échanges de droits. Dès lors, plusieurs groupes cherchent à renforcer leurs positions. L’italien Mondadori a finalisé l’an dernier le rachat, validé en janvier 2016 par les autorités de la concurrence, de son principal concurrent, RCS Libri. Le français Hachette Livre a de son côté repris, au premier semestre 2016, la branche édition du groupe américain d’édition et de distribution Perseus.

Encore plus offensifs

Ces opérations manifestent l’état d’esprit offensif qui traverse une édition de livres toujours plus globalisée. Comme il l’avait annoncé en rachetant Harlequin en 2014, l’américain HarperCollins s’appuie sur les dizaines de filiales que le groupe d’édition sentimentale détient dans le monde pour développer son implantation hors de l’univers anglophone. En 2015, il a rebaptisé les sociétés d’Harlequin HarperCollins France, HarperCollins Italia, HarperCollins Brazil dans chacun de ces pays, et a ouvert leur catalogue à d’autres pans de la production du groupe.

C’est cependant de Chine que vient, directement orchestrée par l’Etat, l’offensive la plus structurée. Moins de dix ans après avoir arrêté cette nouvelle stratégie, le gouvernement chinois est parvenu à rassembler plus de la moitié des quelque 540 maisons d’édition d’Etat au sein d’une trentaine de grands groupes dotés d’un nouveau modèle économique et dont une petite dizaine sont cotés à la bourse de Shanghai ou à celle de Shenzhen. Avec Zhejiang Publishing (n° 18), nouveau cette année, cinq groupes d’édition chinois figurent désormais au classement. Leur implantation à l’étranger reste toutefois encore très limitée.

Les groupes d’édition en détail

1. Pearson

Le groupe britannique leader mondial de l’édition d’éducation, fondé en 1844, demeure aussi le numéro un de l’édition tous secteurs confondus. Organisé en trois pôles - scolaire (42 % du chiffre d’affaires), universitaire (39 %) et professionnel (19 %) -, Pearson compte 41 041 salariés dans plus de 70 pays, dont la France avec Pearson Education France. Il a toutefois annoncé en janvier le départ mi-2016 de 4 000 employés dans le cadre d’un plan de restructuration visant la réduction des coûts et l’amélioration du résultat. 61 % de l’activité du groupe est réalisée en Amérique du Nord, 24 % dans les autres pays développés et 15 % sur les marchés émergents dont la Chine et l’Inde. Le numérique et les services professionnels représentent 65 % du chiffre d’affaires total. En 2015, Pearson a quasiment achevé son recentrage sur l’édition d’éducation en se délestant du groupe de presse du Financial Times et de 50 % de The Economist. Il conserve en revanche 47 % du groupe d’édition généraliste Penguin Random House (n° 5), formé en 2013 par la fusion de sa filiale Penguin avec le pôle édition du géant de la communication allemand Bertelsmann.

2. Thomson Reuters

Basé à New York et coté à New York et à Toronto, Thomson Reuters, dont la division Finance & risque ne relève pas du périmètre de ce classement, est contrôlé à 55 % par la famille canadienne Thomson via The Woodbridge Company Ltd. Ses activités d’édition professionnelle (22 000 salariés) sont réparties en trois divisions : droit, fiscalité et comptabilité, propriété intellectuelle et science. Seulement 7 % de son activité provient encore des produits imprimés, principalement dans le secteur du droit, alors que 93 % est générée par les services numériques. Le groupe présent dans 93 pays, réalise 63 % de son activité en Amérique, 27 % en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, et 10 % dans la zone Asie-Pacifique.

3. RELX Group

RELX Group (ex-Reed Elsevier) est le leader mondial de l’édition universitaire et professionnelle, détenu à 52,9 % par Reed Elsevier PLC, coté à la Bourse de Londres, et à 47,1 % par Reed Elsevier NV, coté à celle d’Amsterdam. Deux de ses branches mondiales sont prises en compte ici : Reed Elsevier sciences, techniques et médecine, et Reed Elsevier Legal (ex-LexisNexis, droit). Les branches Risk & Business Information (assurances et information économique) et Reed Exhibitions (qui organise entre autres la London Book Fair, BookExpo America, la Foire du livre de Tokyo, le salon Livre Paris, la Foire de Vienne et la China Shanghai International Children’s Book Fair) ne sont pas incluses dans le périmètre. Le groupe anglo-néerlandais, présent dans 180 pays à travers des antennes dans 40 d’entre eux, réalise 41 % de son chiffre d’affaires en Amérique du Nord, 27 % en Europe, et 32 % dans le reste du monde. Toujours en progression, le numérique représente 76 % de l’activité de la branche scientifique, technique et médicale de RELX, et 79 % de celle de sa branche juridique. En France, RELX s’inscrit au 8e rang de l’édition via LexisNexis France et Elsevier-Masson.

4. Wolters Kluwer

Fondé en 1836, basé à Alphen-sur-le-Rhin (Pays-Bas) et coté à Euronext, à Amsterdam, Wolters Kluwer compte 18 055 salariés et revendique des clients dans 190 pays. Le groupe néerlandais d’édition professionnelle est structuré autour de quatre grandes divisions internationales : Legal, Tax & Regulatory (droit, ressources humaines, administration publique), Tax & Accounting (fiscalité, facturation), Health (santé) et Governance & Compliance Services (services aux entreprises). 70 % du chiffre d’affaires de Wolters Kluwer est généré par les produits et services numériques. Le groupe réalise 54 % de son activité en Amérique du Nord, 39 % en Europe, 6 % en Asie-Pacifique, et 1 % dans le reste du monde. En France, Wolters Kluwer, qui a revendu en 2013 ses activités d’édition médicale et paramédicale (Lamarre, Doin, Pradel, Arnette, etc.), est concentré dans le droit (Lamy, Dalian).

5. Penguin Random House

Le numéro un mondial de l’édition généraliste ("trade") a significativement renforcé ses positions en 2015 grâce à des effets de change positifs. Né le 1er juillet 2013 de la fusion de Penguin et de Random House, il est détenu à 53 % par le géant allemand des médias Bertelsmann, propriété de la famille Mohn via une fondation, et à 47 % par le britannique Pearson (n° 1), sauf Random House Allemagne, premier éditeur allemand, qui est géré par le groupe fusionné mais reste propriété à 100 % de Bertelsmann. Le groupe d’édition basé à New York compte 10 582 salariés et près de 250 marques éditoriales qui produisent chaque année dans 23 pays sur les cinq continents plus de 15 000 nouveaux titres physiques, audio et numériques, vendus à plus de 800 millions d’exemplaires. Depuis deux ans, Penguin Random House se diversifie dans le secteur éducatif avec les rachats du fournisseur de contenus en ligne Relias Learning (Etats-Unis) et d’Udacity (Royaume-Uni). Le chiffre d’affaires du groupe, numérique à hauteur de 20 %, est réalisé à 56,8 % aux Etats-Unis, 11,2 % au Royaume-Uni, 7,5 % en Allemagne, 0,3 % en France, 7,8 % dans le reste de l’Europe et à 16,4 % dans le reste du monde.

6. China South Publishing

Branche édition du Hunan Publishing Group, propriété du gouvernement de la province du Hunan, basé à Changsha, China South Publishing a été constitué en 2008 et coté à la Bourse de Shanghai à partir de 2010. Il emploie 14 358 salariés et détient une douzaine de maisons d’édition dans tous les secteurs éditoriaux (16 % du chiffre d’affaire) tout en étant également présent dans les services éditoriaux (16 %), la distribution de livres et les librairies (61 %) qui font de lui le principal détaillant en livres dans le Hunan, où il réalise 76 % de son chiffre d’affaires. Sur l’ensemble du marché chinois, sa part serait de 3,5 % (source : OpenBook). Créée en 2010, sa filiale de numérique éducatif Tianwan pèse 2,3 % de son activité.

7. Phoenix Publishing

Fondé en 2001 à Nanjing (Nankin), où il est propriété du gouvernement de la province du Jiangsu, partiellement coté à la Bourse de Shanghai depuis 2011, Phoenix Publishing & Media Group détient une quinzaine de maisons et de sociétés d’édition, une chaîne de 66 librairies et une infrastructure d’imprimerie. Phoenix emploie 13 103 salariés qui ont publié 21 583 titres en 2015, dont 9 401 nouveautés. Il réalise 4,7 % de son chiffre d’affaires avec le numérique. En Chine, il est le partenaire d’Hachette Livre (n° 8) au sein de la société mixte Hachette Phoenix Cultural Development, dont le groupe français détient 49 %. A l’international (3,3 % du chiffre d’affaires) le groupe chinois détient à Londres la petite filiale Xanedu Publishing et en Australie Xanedu Australia, tandis qu’aux Etats-Unis sa filiale Phoenix International Publications (PIP), édite des titres pour la jeunesse.

8. Hachette Livre

Principal éditeur français, numéro deux au Royaume-Uni, troisième en Espagne et quatrième aux Etats-Unis, Hachette Livre emploie 6 965 salariés et détient plus de 150 marques d’édition qui ont publié 17 965 nouveaux titres en 2015 dans le monde où le groupe est présent directement ou indirectement dans plus de 70 pays. La branche édition du groupe Lagardère, basée à Paris, réalise 40 % de son chiffre d’affaires dans la littérature générale ; 16 % dans l’éducation ; 17 % dans le livre illustré ; 3 % dans la référence ; 11 % dans les fascicules ; 12 % dans la distribution et 1 % dans d’autres secteurs. 9 % de son activité provient du numérique. En 2015 le groupe a réalisé 34 % de son activité en France (Fayard, Grasset, Stock, Lattès, Calmann-Lévy, Larousse, Dunod, Hatier, etc.) et dans les pays francophones ; 24 % aux Etats-Unis (Hachette Book Group USA : Grand Central ; Little, Brown ; Hachette Books, etc.) ; 23 % au Royaume-Uni (Hachette UK : Hodder & Stoughton ; Octopus ; Orion ; Headline ; Little, Brown ; Hachette Children’s Books), en Australie et en Nouvelle-Zélande ; 8 % en Espagne (Hachette España : Anaya, Salvat, Bruño) et en Amérique latine (Patria Cultural au Mexique, Aique en Argentine) ; et 11 % avec sa division fascicules internationale. Hachette Livre est implanté en Inde via Hachette UK, dans le monde arabe via la société commune Hachette-Antoine créée avec le groupe libanais Librairie Antoine, en Chine via la société commune Hachette-Phoenix dont il détient 49 % au côté de Phoenix (n° 7), en Russie où il possède 49 % du groupe Atticus. Au premier semestre 2016, Hachette Livre s’est renforcée aux Etats-Unis en reprenant la branche édition du groupe Perseus. Dans le numérique, il a acquis l’entreprise de jeux video Neon Play (Royaume-Uni) tout en établissant un partenariat avec Shazam (France).

9. McGraw-Hill Education

Détenu par le fonds d’investissement Apollo Global Management, le groupe d’édition scolaire, universitaire et professionnelle sur tous supports McGraw-Hill Global Education Holdings (MHGE) comprend McGraw-Hill School Education Holdings, qui est l’un des trois principaux éditeurs scolaires aux Etats-Unis. Basé à New York, le groupe, qui réalise un tiers de son chiffre d’affaires en numérique emploie 5 000 personnes dans 44 pays, et publie dans plus de 60 langues avec des clients dans 154 pays. Le groupe est présent en Amérique du Nord et du Sud comme en Europe - particulièrement au Royaume-Uni -, en Australie et en Asie. Il est leader sur son marché en Inde, où il s’est implanté dès 1970, et a créé en Chine une société mixte avec New Oriental.

10. Planeta

Fondé en 1949 par la famille Lara, qui en est toujours propriétaire, et basé à Barcelone, le numéro un de l’édition espagnole, par ailleurs présent dans d’autres secteurs des médias (le quotidien La Razón, le groupe audiovisuel AtresMedia…), se développe dans l’édition généraliste et scolaire avec plus de 100 marques éditoriales. Principal exportateur de livres en Amérique latine, il est implanté dans 25 pays, à commencer par la France où il détient Editis, le deuxième groupe du pays (30 maisons réparties chez Laffont, Edi8, Place des éditeurs, Univers Poche, Nathan-Bordas-Le Robert, etc.). En Espagne, Planeta est propriétaire d’Espasa Calpe, Destino, Seix Barral/Esencia, Temas de Hoy, Minotauro, Quinteto, Infantil y Juvenil, Booket, Ariel ou encore 90 % de Tusquet, ainsi que le club Circulo de lectores et la chaîne de librairies Casa del Libro. Puissant en Amérique latine (Argentine, Chili, Uruguay, Colombie, Venezuela, Equateur, Mexique), Planeta est aussi implanté sur le marché hispanophone aux Etats-Unis. Au Portugal, il contrôle la chaîne de librairies Bertrand.

11. Wiley

Le groupe américain d’édition scientifique, technique, médicale et d’érudition, fondé en 1807, basé à Hoboken (New Jersey) et coté au New York Stock Exchange, est structuré en trois branches, avec un total de 4 900 salariés. La branche Recherche (sciences, techniques, médecine, soit 56,5 % du chiffre d’affaires total), fait de Wiley le principal éditeur des sociétés savantes, avec quelque 1 600 revues et 16 000 livres numériques. L’activité de la branche d’édition professionnelle et générale (22,3 % du total) comprend notamment les fameux livres "pour les nuls". La branche éducation du groupe (20,6 %) se concentre dans le secteur universitaire. Wiley tire environ la moitié de ses revenus du numérique et réalise 25 % de son chiffre d’affaires hors des Etats-Unis. Il a été le premier groupe d’édition américain a développer, dès 1979, une activité en Chine, où il dispose de bureaux à Pékin et à Shanghai.

12. Cengage

Le groupe américain basé à Boston, et dont l’exercice fiscal court d’avril à mars, figure parmi les principaux fournisseurs de contenus et de services imprimés et numériques pour les marchés du scolaire et des bibliothèques. Il est la propriété des fonds d’investissement Apax Parners et Omers. Aux Etats-Unis, où il réalise 49 % de son activité en numérique, Cengage est présent dans les secteurs universitaire et professionnel sous les marques Heinle, Wadsworth, Delmar, South-Western, Brooks/Cole, South-Western et Course Technology. La National Geographic Society’s School Publishing produit des ouvrages physiques et numériques, des outils pédagogiques pour l’apprentissage de l’anglais et des séries scientifiques. Gale propose des solutions d’information (600 bases de données) aux écoles, aux bibliothèques et aux entreprises. La branche internationale du groupe, qui représente 15,1 % de son chiffre d’affaires, dispose d’implantations dans 38 pays et de clients dans 165. Elle est particulièrement implantée en Chine et dispose d’une base à Singapour. Elle est présente au Royaume-Uni et en Australie ; en Europe, Afrique et Moyen-Orient ; et en Amérique latine, avec une base à Mexico.

13. Scholastic

Principal éditeur et distributeur de livres pour la jeunesse dans le monde, éditeur de la trilogie Hunger games de Suzanne Collins, immense succès en 2012, Scholastic a été fondé en 1920. Le groupe basé à New York compte 8 900 salariés répartis en trois branches depuis qu’il a vendu en mai 2015 sa branche Educational Technology and Services pour 575 millions de dollars à Houghton Mifflin Harcourt (n° 16), et fermé la même année sa branche Media, Licensing and Advertising. La branche jeunesse, Children’s Book Publishing and Distribution, représente 58,6 % du chiffre d’affaires, la branche éducation 16,9 % et l’international 24,5 %. Hors des Etats-Unis, Scholastic opère dans 150 pays à partir de succursales au Canada, au Royaume-Uni, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Irlande et dans plusieurs pays d’Asie (Inde, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Taïwan, Thaïlande) et d’Amérique latine (Mexique, Argentine, Porto Rico).

14. HarperCollins

HarperCollins, la branche livre du groupe de communication du magnat australien Rupert Murdoch, News Corp., est basé à New York et figure parmi les cinq principaux groupes d’édition généralistes aux Etats-Unis. Le groupe se développe à travers quelque 120 marques dont Avon, Harper, William Morrow, Zondervan, Thomas Nelson et, depuis 2014, Harlequin. Il réalise 22 % de son chiffre d’affaires avec le numérique. Outre les Etats-Unis, HarperCollins est fortement implanté au Canada, au Royaume-Uni, en Australie et en Nouvelle-Zélande ainsi qu’en Asie avec une puissante filiale en Inde et un partenariat en Chine. Harlequin lui a, en outre, ouvert les portes de plusieurs dizaines d’autres marchés étrangers, dont la France où l’éditeur de romans sentimentaux a longtemps été partenaire à 50/50 d’Hachette Livre (n° 8) avant que ce dernier ne cède au printemps 2016 à HarperCollins ses parts au sein de la filiale rebaptisée HarperCollins France. Toujours en s’appuyant sur les ex-filiales d’Harlequin, HarperCollins a de même constitué en 2015 de nouvelles implantations au Brésil, et en Italie.

15. Springer Nature

Springer Nature est né de la fusion en mai 2015 de Springer, le groupe allemand de revues scientifiques, techniques et médicales, fondé en 1842 et basé à Berlin, avec Macmillan Science and Education, la branche scientifique du groupe Holtzbrinck (n° 19). Il est détenu à 53 % par Holtzbrinck et à 47 % par le fonds d’investissement BC Partners. Springer produit avec près de 13 000 salariés dans plus de 50 pays. Il réalise 46 % de son chiffre d’affaires en Europe et au Moyen-Orient, 32 % aux Amériques et 22 % dans la zone Asie-Pacifique. Springer, qui propose des bases de données, des services en ligne ou organise des conférences et des séminaires, est organisé en trois branches : Recherche (62 %), Education (19 %) et Professionnel (19 %). Il réalise les trois quarts de son activité avec le numérique. Le groupe dispose d’une petite filiale en France où il a acquis, en janvier 2014, l’éditeur alsacien d’ouvrages d’apprentissage de la conduite Planète Permis SAS.

16. Houghton Mifflin Harcourt

Le groupe de Boston, qui emploie au total 4 500 salariés, s’est renforcé avec l’acquisition en mai 2015 auprès de Scholastic (n° 13) de sa branche Educational Technology and Services pour 575 millions de dollars. Il appartient à Education Media & Publishing Group, créé aux îles Caïmans par l’entrepreneur irlandais Barry O’Callaghan. Fondé en 1832 et coté au Nasdaq, Houghton Mifflin Harcourt revendique 40 % du marché scolaire aux Etats-Unis avec sa branche éducation qui représente 88 % de son chiffre d’affaires. Sa branche d’édition généraliste et de référence (12 % du chiffre d’affaires total) assure 12,7 % de son activité avec le numérique. A l’international, hors du monde anglophone, le groupe est surtout présent dans les pays émergents : Asie-Pacifique, Moyen-Orient, Amérique latine, Afrique.

17. China Publishing Group

Détenu directement par le gouvernement chinois, qui l’a constitué en 2002 pour fédérer 40 grandes maisons d’édition avec 96 filiales et trois grossistes, China Publishing Group emploie 7 076 personnes et publie 16 000 nouveautés par an, dont 9,7 % en numérique. Il détient notamment People’s Publishing House, People’s Literature Publishing House, The Commercial Press, Zhonghua, Encyclopedia of China, China Fine Arts, People’s Music Publishing, SDX, China Translation and Publishing, Orient, ainsi que le bureau central des librairies Xinhua et le CNPIEC, société publique d’import-export de livres qui assure 62 % des importations de livres et 30 % des exportations, et qui revendique 28 bureaux dans 130 pays et organise la Foire du livre de Pékin.

18. Zhejiang Publishing United Group

Créé en 2000 et basé à Hangzhou, le groupe public chinois relevant de la province côtière du Zhejiang, au sud de Shanghai, est intégré pour la première fois au classement Livres Hebdo. Ses activités d’édition se déploient à travers onze maisons couvrant les différents secteurs éditoriaux, qui ont publié en 2015 plus de 10 000 titres, dont 4 747 nouveautés, assurant 2,24 % des ventes de livres sur le marché chinois (6,17 % pour le livre de jeunesse). Pour organiser son développement international, Zhejiang Publishing a créé la société Horizon Oriental Edition, qui compte plusieurs antennes à l’étranger, dont une à Tokyo. En 2015, sa maison d’édition pour la jeunesse, Zhejiang Juvenile and Children’s Publishing House, a investi 2 millions de dollars dans l’acquisition de l’éditeur jeunesse australien New Frontier. Le groupe détient également la chaîne de librairies régionale Bookuu, qui compte une centaine de succursales et se développe à l’international avec 4 magasins à Taiwan et des ouvertures en préparation à Moscou, en Malaisie, au Japon et en Corée.

19. Holtzbrinck

La branche livre du groupe familial de presse et d’édition allemand Holtzbrinck, basé à Stuttgart, s’est réorganisée autour de deux branches. Le secteur d’édition généraliste Macmillan Publishers (75,4 % du chiffre d’affaires) regroupe en Allemagne, où il est numéro deux derrière Random House/Bertelsmann, Fischer, Rowohlt, Kiepenheuer & Witsch et Droemer Knaur ; aux Etats-Unis, où il figure parmi les cinq principaux groupes, St. Martin’s Press, Henry Holt, et Farrar, Straus and Giroux ; et au Royaume-Uni et en Australie, Pan Macmillan. La branche universitaire Macmillan Science and Education (24,6 % du chiffre d’affaires) comprend Bedford/St. Martin’s, Hayden-McNeil, W. H. Freeman, Worth Publishers et les services numériques LaunchPad ou Sapling Learning. Le groupe réalise 52 % de son activité en Amérique du Nord, 20 % en Allemagne, 8 % au Royaume-Uni, 8 % dans les autres pays d’Europe et 12 % ailleurs dans le monde. Parallèlement, Holtzbinck détient 53 % de Springer Nature (n° 15, non consolidé ici), formé en mai 2015 par la fusion de son ancienne branche éducative et scientifique (Scientific American, Nature Publishing Group, Palgrave Macmillan, Macmillan Education, Digital Science, Digital Education, Macmillan New Ventures et, en Allemagne, J. B. Metzler) avec Springer Science and Business Media.

20. China Education

Contrôlé par l’Etat chinois, China Education Publishing & Media Holdings concentre les principaux éditeurs scolaires et universitaires chinois à travers 5 filiales employant 4 000 salariés : le groupe universitaire Higher Education Press ; le scolaire People’s Education Press ; Language & Culture Press, spécialisé dans l’apprentissage des langues ; China Educational Publication Import & Export Corporation ; et China Educational Instrument & Equipment Corp. Le groupe produit chaque année quelque 40 000 titres (livres, titres audio, ouvrages numériques, etc.) et a établi de nombreux partenariats avec des éditeurs internationaux dans le secteur de l’éducation.

21. Oxford University Press

Le département édition de l’université anglaise d’Oxford, à laquelle il reverse 30 % de ses bénéfices, est un éditeur universitaire majeur dont l’origine remonte à l’invention de l’imprimerie, au XVe siècle. Il est présent dans quelque 50 pays grâce à un essor international initié dans le monde anglophone dès la toute fin du XIXe siècle avec des bureaux à New York (1896), au Canada (1904), en Australie (1908), en Inde (1912) et en Afrique du Sud (1914), puis au-delà à partir de 1926 grâce à la diffusion de méthodes d’apprentissage de l’anglais. Oxford University Press publie dans quelque 40 langues plus de 6 000 titres par an. Le numérique atteint 20 % de son chiffre d’affaires. Le groupe qui dispose d’une puissante filiale aux Etats-Unis est très présent au Canada, en Inde, au Pakistan, en Chine, en Malaisie, à Singapour, au Kenya, en Afrique du Sud, en Tanzanie, en Espagne et au Mexique, réalisant plus de 40 % de son activité sur les marchés émergents.

22. Informa

Le groupe britannique coté au London Stock Exchange, par ailleurs organisateur d’événements et de salons dont le chiffre d’affaires n’est pas pris en compte ici, se développe dans l’édition universitaire et professionnelle. Le groupe universitaire Taylor & Francis (61,7 % du chiffre d’affaires) se développe avec plus de 120 000 titres de livres et 2 400 revues sous 5 principales marques : Taylor & Francis, Routledge, CRC Press, Garland Science et Cogent OA. La branche professionnelle Business Intelligence (38,3 % du chiffre d’affaires) se concentre sur cinq marchés : l’agrobusiness, la finance, le maritime, la pharmacie ainsi que les télécoms, les médias et la technologie. Le numérique assure 24 % du chiffre d’affaires d’Informa. Le groupe dispose de 100 bureaux dans 25 pays, réalisant 42 % de son activité en Amérique, 12 % en Europe, 18 % au Moyen-Orient et en Afrique et 28 % dans le reste du monde.

23. Shueisha

Le principal éditeur de mangas au Japon (30 % du marché), fondé en 1926 par Shogakukan (n° 26) comme une branche dédiée à l’édition de loisirs, mais indépendant depuis 1949, enregistre un déclin continu de son activité depuis huit ans. Le groupe de Tokyo utilise, comme Shogakukan et Hakusensha, qui font également partie du grand conglomérat Hitotsubashi, la plateforme de distribution numérique ShoPro. Avec Shogakukan, Shueisha, qui compte 769 salariés, détient Viz Media, principal éditeur de mangas aux Etats-Unis, et Viz Europe, basé à Paris où il édite sous la marque Kazé.

24. Kadokawa Shoten

Kadokawa Shoten Publishing, filiale d’édition du groupe de communication japonais Kadokawa Dwango Corporation, né de la fusion le 1er octobre 2014 de Kadokawa Holdings et de Dwango (jeux et services vidéo), compte 1 720 employés. Il se développe à travers sept sociétés d’édition en littérature générale (Kadokawa Shoten), universitaire et dictionnaires (Kadokawa Gakugei Shuppan), manga et littérature jeunesse (Fujimi Shobo). Le groupe bénéficie du succès de ses novélisations de dessins animés ("bunku", plus de 40 % du chiffre d’affaires).

25. Kodansha

Kodansha, présent dans tous les secteurs de la littérature générale, le livre pour la jeunesse, le livre d’art et de référence, le manga et les sciences, a été fondé en 1909 par la famille Noma, toujours propriétaire. Basé à Tokyo, il emploie 902 salariés. A l’international, l’une des priorités du groupe japonais, Kodansha Europe vend des livres en anglais sur la culture japonaise ; Kodansha USA Publishing & Vertical s’implante aux Etats-Unis en partenariat avec l’imprimeur Dai Nippon ; et un mensuel de mangas a été lancé en 2012 en Chine en partenariat avec le groupe chinois Guangxi Publishing & Media.

26. Shogakukan

Le groupe japonais, créé en 1922 et basé à Tokyo, édite avec 730 salariés des manuels scolaires et des ouvrages de pédagogie, mais aussi des ouvrages de référence, dictionnaires et encyclopédies, ainsi que du manga, dont il est un des leaders. Shogakukan publie 64 magazines et 760 nouveautés par an. Le groupe fait partie, comme Shueisha (n° 23), qu’il a créé en 1925 mais qui est indépendant depuis 1949, et Hakusensha, du grand conglomérat Hitotsubashi. Avec Shueisha, Shogakukan a fondé en 2002 Viz Media, le principal éditeur de mangas aux Etats-Unis, et en 2008 Viz Europe, basé à Paris où il édite sous la marque Kazé.

27. Bonnier

Initiée en 1804, la branche livre de Bonnier emploie 2 300 salariés et pèse 27 % du chiffre d’affaires du groupe familial suédois éponyme, présent en Suède et en Europe du Nord dans tous les secteurs des médias. Elle a vu son activité se redresser en 2015. Bonnier Books comprend des maisons d’édition et des clubs de livres dans plusieurs pays dont la Suède (Albert Bonniers, Wahlström, Semic, AdLibris), le Danemark (Carlsen), la Finlande (Tammi), la Norvège (Cappelen Damm, en partenariat avec Egmont, n° 28), l’Allemagne (ArsEdition, Carlsen, Piper, Thienemann, Ullstein, Berlin Verlag, Aladin), la Pologne (Marginesy), la France (Piccolia, Elcy), le Royaume-Uni (Hot Key Books, Zaffre, Templar, Iglo Books, Blink, Autumn, Weldon Owen), l’Australie (Five Mile Press, Echo Publishing) et les Etats-Unis (Little Bee Books). Le principal groupe de fiction en Scandinavie détient aussi le principal site nordique de vente en ligne, Adlibris, la chaîne Pocket Shop (16 librairies en Suède, 3 en Allemagne, 1 en Finlande) et la chaîne de librairies finlandaise Akateeminen Kirjakauppa. Le groupe réalise 56 % de son activité en Suède, 5 % en Norvège, 12 % en Finlande, 7 % au Danemark, 7 % en Allemagne, 7 % aux Etats-Unis et 6 % ailleurs.

28. Egmont

Le groupe de presse et de communication danois Egmont, créé en 1878 et détenu par une fondation privée, se développe dans l’édition avec deux branches, Egmont Publishing (594 millions d’euros de chiffre d’affaires) et Egmont Books (126 millions d’euros), qui représentent au total 45,7 % de son activité. Egmont Publishing développe sur tous les supports des produits pour la jeunesse en Scandinavie, dans le monde germanophone, au Royaume-Uni, en Europe de l’Est, en Turquie (Dogan Egmont), en Chine ainsi que, via sa joint-venture Hardie Grant Egmont, en Australie, mais elle a fermé en janvier 2015 sa filiale américaine. Elle détient des licences Disney, Hasbro, Mattel, Warner, entres autres. Egmont Books (littérature générale, livre pour la jeunesse, BD, livre audio, parascolaire), présente dans toute l’Europe du Nord, comprend les maisons universitaires et professionnelles Høyskoleforlaget et Akribe. Au Danemark, elle contrôle Cappelen Damm, Lindhardt & Ringhof (dont Audioteket et Per Kofod), Aschehoug, Alinea, Mailing Beck. Cappelen Damm est aussi implanté en Suède, ainsi qu’en Norvège via la joint-venture Cappelen Damm (avec Bonnier, n° 27) et la chaîne de librairies Tanum.

29. Simon & Schuster

Le groupe américain fondé en 1924, et détenu par le géant de la communication CBS, figure parmi les cinq principaux groupes américains d’édition généraliste. Avec quelque 1 300 salariés, Simon & Schuster publie 2 000 nouveautés par an sous 35 marques comme Free Press, Scribner (dont Touchstone), Atria (dont Howard Books), Gallery Publishing Group (dont Pocket Books), Threshold et, pour la jeunesse, Atheneum, Simone Pulse, Aladdin, Little Simon, Beach Lane, etc. S & S dispose de filiales au Royaume-Uni, au Canada, en Australie et en Inde. En 2015, il a réalisé 25 % de son chiffre d’affaires avec le numérique.

30. Santillana

Depuis qu’il a cédé, le 1er juillet 2014 à Penguin Random House (n° 5), ses activités dans la littérature générale, le groupe espagnol fondé en 1961 et filiale de Prisa, numéro un des médias en Espagne (El País, etc.), s’est recentré sur l’édition d’éducation. Présent en Espagne et au Portugal, mais aussi au Brésil, au Mexique, en Argentine, au Chili et en Colombie, Santillana réalise 77 % de son activité en Amérique latine. 18,7 % de son chiffre d’affaires est généré par le numérique.

31. Woongjin ThinkBig

Le groupe coréen spécialisé dans l’éducation et la référence, créé en 1980 et basé à Séoul, fait partie d’un grand conglomérat industriel également présent dans l’énergie et la chimie. Il emploie 1 793 salariés, répartis dans plusieurs pôles : scolaire, parascolaire, formation permanente, apprentissage de l’anglais, encyclopédies et livres illustrés, collections éducatives, etc.

32. Klett

Le principal éditeur scolaire et universitaire d’Allemagne, également actif en littérature générale sous le nom de Klett-Cotta, est un groupe familial fondé en 1844. Klett emploie 3 206 personnes et compte 59 entreprises d’édition et sociétés connexes sur 34 sites de 15 pays (dont la France avec une petite implantation), principalement en Europe centrale et de l’Est, produisant plus de 2 800 nouveautés par an. Parmi elles, Österreichischer Bundesverlag (Autriche) et Schweizer Schulbuchverlag (Suisse). Le scolaire assure 54,9 % du chiffre d’affaires du groupe, la formation continue 30,4 %, l’information professionnelle 10,4 %, la littérature générale 3,2 %.

33. Gruppo editoriale Mauri Spagnol

Le groupe éditorial Mauri Spagnol constitue la branche édition des Messaggerie Italiane, groupe italien de presse, d’édition et de distribution fondé en 1914 et propriété, à Milan, des familles Mauri et Spagnol. Il compte 9 maisons (Bollati Boringhieri, La Coccinella, Garzanti (Corbaccio), Longanesi, Salani, Guanda, Nord, Vallardi et TEA), 50 % de Superpocket, et, en Espagne, Duomo Ediciones, basé à Barcelone. Le distributeur Messaggerie Libri revendique un quart du marché du livre italien. Le groupe détient 33 % de la plateforme de distribution numérique Edigita. Messaggerie s’est par ailleurs accordé avec Deutsche Telekom pour lancer en Italie la liseuse Tolino.

34. De Agostini

De Agostini Editore fait partie de De Agostini SPA, propriété des familles Drago et Boroli, par ailleurs présent dans les jeux et services, le loto, la finance, les médias et la communication, non consolidés dans notre classement. Fondé en 1901, De Agostini Editore comprend quatre unités distinctes qui publient dans 13 langues et 30 pays : De Agostini Publishing, De Agostini Libri, Editions Atlas France/Suisse (fascicules et marketing direct ; livres confiés sous licence à Glénat) et Digital De Agostini. Leader mondial de l’édition de fascicules (près de 60 % de son chiffre d’affaires), le groupe italien est également présent dans l’édition de référence, les livres illustrés et les cartes géographiques, les ouvrages scolaires et professionnels.

35. Madrigall

Le groupe français Madrigall est propriétaire de Gallimard, l’éditeur français majeur en littérature, créé en 1911, et, depuis septembre 2012, de Flammarion, créé en 1875. Il a achevé en 2015 une réorganisation fondée sur la mutualisation au niveau du groupe de ses services généraux, de ses outils de diffusion (Diffusion Gallimard, Diffusion Flammarion, CDE, Sofédis) et de distribution (Sodis, UD) ainsi que de ses librairies (une petite dizaine), et la redéfinition de trois pôles éditoriaux, tous concentrés dans l’édition généraliste (littérature, sciences humaines, jeunesse, bande dessinée, pratique-tourisme, art). Gallimard comprend une dizaine de maisons d’édition dont Gallimard Jeunesse, Gallimard Loisirs, Folio, Denoël, Mercure de France, P.O.L, Alternatives ou Futuropolis. Flammarion détient les marques Arthaud, Pygmalion, GF et les filiales J’ai lu, Autrement et Fluide glacial. Enfin, Casterman se concentre sur la bande dessinée et la jeunesse. Le groupe dispose de plusieurs filiales d’édition et de distribution (Gallimard Ltée, Flammarion Ltée, Socadis).

36. Lefebvre Sarrut

Le principal groupe français d’édition professionnelle et universitaire est contrôlé par la famille Lefebvre via la holding Frojal (77 %) et par le groupe familial Sarrut (23 %). Lefebvre Sarrut emploie 2 186 personnes. Il est concentré dans le droit en France avec Francis Lefebvre (fondé en 1925), les Editions législatives (1947) et Dalloz (1845), et aussi en Espagne, en Italie, en Belgique (Indicator), au Royaume-Uni (FL Memo), aux Pays-Bas (SDU) et en Allemagne (45 % de Juris).

37. Cambridge University Press

Le département édition de l’université britannique de Cambridge est le plus ancien éditeur du monde, fondé en 1534 par Henri VIII. Avec un catalogue de 50 000 titres et 300 revues, et plus de 100 bureaux dans le monde, il réalise 90 % de son chiffre d’affaires hors du Royaume-Uni, avec une forte croissance en Espagne, en Amérique latine et en Asie.

38. Média-Participations

Le groupe français contrôlé via la holding belge Média-Participations par la famille Montagne (74 %), notamment associée à Axa (10 %) et à Michelin (14 %), compte 1 104 salariés en France, en Belgique, en Suisse et aux Etats-Unis. Leader européen de l’édition de bandes dessinées (Dargaud, Dupuis, Le Lombard, Kana, Urban Comics) et de la production de dessins animés (Ellipsanime, Dupuis audiovisuel…), il se développe dans l’édition numérique et le jeu vidéo (Anuman Interactive). Il est aussi actif dans l’édition religieuse, la jeunesse et le livre pratique (Groupe Fleurus) et réalise une part de son chiffre d’affaires dans la presse magazine (Rustica, etc.). A l’international, il investit fortement dans le développement de partenariats audiovisuels en Chine.

39. Mondadori Libri

La branche édition de la Fininvest, holding de communication présidée par Marina Berlusconi, fille de l’ancien président du Conseil italien, qui la détient à 50,4 %, revendique 26,5 % du marché du livre italien. Cette part atteindrait cependant 40 % depuis le rachat, validé au début de 2016 par les autorités italiennes de la concurrence, de son principal concurrent, RCS Libri (Rizzoli, Bompiani, Bur, Fabbri, Sonzogno, Lizard, Marsilio…). Mondadori, fondé en 1907, se développe dans la littérature générale et l’éducation avec Edizioni Mondadori, Giulio Einaudi, Edizioni Piemme et Sperling & Kupfer (dont Frassinelli). Mondadori Education revendique 13 % du marché scolaire italien. Mondadori Electa est puissant dans le secteur du livre d’art et du livre illustré tout en proposant divers services aux musées. Une division Mondadori jeunesse rassemble les activités de ses différentes filiales dans ce secteur. Le groupe réalise au total 4,8 % de son chiffre d’affaires avec le numérique. Par ailleurs, Mondadori comprend aussi une division vente au détail, avec un réseau de 628 librairies dans toute l’Italie, qui n’est pas consolidé dans ce classement.

40. Westermann

Fondé en 1838 et basé à Braunschweig, le groupe allemand Westermann est surtout implanté dans le scolaire avec Schroedel, Diesterweg, Schöningh, Westermann, Winklers, Spectra, Logo, Advesco, Shubi, E. Dorner, Westermann Wien, Jugend & Volk, Arena, Westermann Lernspielverlag, Bildungsverlag EINS et Audio Media Verlag. Il appartient au discret groupe de presse et de communication Medien Union (Süddeutsche Zeitung, Stuttgarter Zeitung, Die Rheinpfalz, diverses stations de radio…), créé en 1947 et toujours détenu par la famille Schaub (50,4 %) et par les familles des autres cofondateurs, Arthur Lenk, Hans Wipprecht, Xaver Resch et la famille Nagel.

41. Sanoma

Principal éditeur finlandais, Sanoma Learning, la branche édition du grand groupe de communication Sanoma Corporation, coté à la Bourse d’Helsinki, se développe principalement dans l’éducation et la formation. Elle détient notamment les marques Oppimateriaalit, Sanoma Pro (dont Tammi Learning) et Sanoma Utbildning. Le groupe est aussi un acteur significatif dans son secteur en Europe centrale et du Nord avec des filiales en Suède (Bertmark Norge, Bertmark Förlag), en Belgique (Van In et Promoia BVBA), aux Pays-Bas (Malmberg) et en Pologne (Young Digital Planet, Nowa Era).

42. Kyowon

Le groupe coréen, détenu à 49,5 % par son fondateur en 1985 Chang Pyung-soon, et à 10 % par sa femme, emploie dans sa branche édition 1 311 salariés, auxquels s’ajoutent 30 000 commerciaux répartis dans 200 antennes dans tous les pays. Kyowon, qui couvre particulièrement les champs de l’éducation, du livre illustré, des contes et des services en ligne (notamment l’information prénatale et la petite enfance), produit en effet quelque 90 collections encyclopédiques vendues en particulier par courtage, pour moitié acquises auprès d’éditeurs japonais, britanniques ou français.

43. Cornelsen

Le groupe familial allemand fondé en 1946 est spécialisé dans l’édition et les services éducatifs, et également leader en Allemagne sur le marché des calendriers (Calvendo. Cornelsen), qui se développe aussi en France et au Royaume-Uni. Avec une activité une nouvelle fois en nette contraction, Cornelsen emploie 1 644 salariés répartis dans les maisons Cornelsen Verlag, Bayerischer Schulbuchverlag, Oldenbourg, Brigg Pädagogik, Bibliographisches Institut, Verlag an der Ruhr, Veritas, Artemis & Winkler, Prögel et Cornelsen Experimenta.

44. Haufe Gruppe

Fondé en 1934 à Berlin et basé à Fribourg, Haufe-Lexware est, avec 1 500 salariés, l’un des principaux éditeurs allemands de gestion, droit et fiscalité. Le groupe, qui réalise 97 % de son activité en numérique, développe des programmes de formation dans le prolongement de sa production éditoriale. Il comprend les marques Haufe-Lexware, Haufe Akademie, Verlag für Controlling Wissen (51 %), Smartsteuer et Schäffer-Poeschel, et a ouvert au début de 2014 un bureau à San Francisco, dans la Silicon Valley, pour se développer aux Etats-Unis.

45. Weka

Propriété de la famille Mützel, créé en 1973, Weka est l’un des principaux éditeurs allemands d’information et de services professionnels. Ses 1 158 salariés sont répartis en trois divisions : gestion et management, information et revues, design créatif. Le groupe, qui réalise plus de la moitié de son chiffre d’affaires en numérique, détient une vingtaine de filiales en Europe, notamment en France, aux Pays-Bas, en Autriche et en Suisse.

46. La Martinière

Le groupe d’édition générale et de livres illustrés créé en 1992 par Hervé de La Martinière et contrôlé par la famille Wertheimer (Chanel) compte 500 salariés en France (Seuil, L’Olivier, Points, La Martinière, etc.), aux Etats-Unis (Abrams, Golden Turtle, Tabori & Chang) et en Allemagne (Knesebeck). Il a revendu au printemps 2015 sa filiale de diffusion-distribution en France, Volumen, au groupe Editis, filiale française du groupe espagnol Planeta (n° 10).

47. Gakken

Seule l’activité édition de Gakken Holdings Co. Ltd., groupe fondé en 1946 et coté à la Bourse de Tokyo, est prise en compte dans ce classement. Elle comprend des livres illustrés et des encyclopédies en japonais et en anglais, qui accompagnent l’activité du groupe principalement concentré sur le secteur de l’éducation, de la maternelle à l’université. A l’international, le groupe dispose de succursales en Chine et dans plusieurs pays du Sud-Est asiatique.

48. Eksmo-AST

Eksmo-AST est le principal groupe de littérature générale en Russie, revendiquant 40 % de ce marché. Eksmo est organisé en trois branches : fiction, non-fiction et jeunesse. AST en compte quatre - éducation, littérature générale, pratique et jeunesse - et détient les marques Astrel Spb, Vremena, Kladez, Ogiz, Prolingua, Malysh et Planeta znaniy. En 2015, le groupe a racheté les éditeurs scolaires Drofa et Ventana Graf, qui lui permettent de revendiquer 25 % du marché des manuels en Russie. Il possède par ailleurs 9 plateformes régionales de distribution, les chaînes de librairies Novy Knizhniy et Bukvoed, et la principale plateforme de distribution de livres numériques, www.litres.ru.

49. Bungeishunju

Fondé en 1923, l’éditeur japonais de littérature, et notamment d’Haruki Murakami, compte 348 salariés. Il est renommé pour son magazine mensuel éponyme et reconnu pour sa capacité à découvrir de nouveaux talents littéraires. A l’international, il dispose d’un bureau à New York.

50. Groupe Albin Michel

Fondé en 1900 par Albin Michel, le grand-père de l’actuel P-DG Francis Esménard, le groupe français Albin Michel développe son catalogue dans tous les secteurs de la littérature générale, mais aussi dans l’éducation avec le groupe Magnard-Vuibert, qui a acquis en 2015 De Boeck Supérieur. Le groupe qui emploie 525 salariés et publie 850 nouveaux titres par an détient aussi 40 % du Livre de poche, contrôlé par Hachette Livre (n° 8), le distributeur Dilisco et sept librairies à Paris et en province.

51. Olma

Domicilié à Chypre, Olma Media Group a été rebaptisé en 2015 Prosveshcheniye Holdings. Le groupe russe employait en 2014 962 salariés répartis en deux grandes branches. Olma se développe dans l’édition générale (fiction, non-fiction, livres cadeaux, référence), tandis que JSC Prosveshcheniye est le principal éditeur scolaire du pays, avec des succursales dans 15 grandes villes.

52. Shinchosha

Fondé en 1896, l’éditeur japonais Shinchosha est une propriété familiale depuis quatre générations. Avec 380 salariés, il se développe dans la littérature générale (fiction et non-fiction), le livre d’art, la philosophie, les dictionnaires ainsi que les mangas.

F. P. avec Rüdiger Wischenbart, Content and Consulting

Nota : sur les groupes français, d’autres précisions dans le dernier classement Livres Hebdo des 200 premiers éditeurs français, publié dans LH 1091 du 24.6.2016, p. 18- 28, et sur www.livreshebdo.fr.

Méthodologie

Ce dixième classement annuel Livres Hebdo de l’édition mondiale, publié parallèlement sous licence par nos confrères Buchreport (Allemagne), Publishers Weekly (Etats-Unis), The Bookseller (Royaume-Uni), Bookdao.com (Chine) et PublishNews Brazil (Brésil), présente 55 pôles éditoriaux générant chacun un chiffre d’affaires égal ou supérieur à 150 millions d’euros et correspondant aux 52 principaux groupes d’édition de la planète. Réalisé avec la collaboration de Rüdiger Wischenbart Content and Consulting (www.wischenbart.com), il s’appuie sur les données recueillies par consultation des rapports annuels, contacts directs avec les groupes, recherches dans les magazines professionnels et les supports spécialisés, interrogation de bases de données et, pour la Chine, l’aide de Bookdao.com.

Le paramètre de classement est le chiffre d’affaires comptable hors taxes indiqué au bilan sur l’exercice 2015 dans le domaine de l’édition, y compris l’édition club, les activités connexes (distribution), l’édition professionnelle sur bases de données et revues, mais hors presse et magazines.

Un rang de classement pour les groupes

Seuls bénéficient d’un rang de classement les groupes ou entités indépendantes, les filiales apparaissant sans rang de classement. Le pôle livre du groupe Disney, qui ne communique pas ses chiffres, et l’italien Panini, qui ne livre pas son CA édition, n’ont pu être classés. Classé les années précédentes, Reader’s Digest s’est largement retiré de l’édition de livres, sur laquelle il ne fournit plus de données financières spécifiques.

Le tableau est établi en euros. Le cas échéant, la conversion depuis les autres monnaies a été réalisée sur la base du taux de change au 30 décembre 2015.

© Livres Hebdo 2016

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