Le plus balzacien de nos grands cinéastes, Claude Chabrol, est mort à l'âge de 80 ans. Né le 24 juin 1930 et décédé aujourd'hui dimanche 12 septembre, il a laissé une oeuvre de 80 films et téléfilms, adaptant, entre autres, des auteurs aussi variés que Gustave Flaubert (Madame Bovary), Maupassant , Leroux et Gaboriaux (Au siècle de Maupassant), Souvestre et Allain (Fantômas pour la télévision), Dominique Roulet (les Inspecteur Lavardin), Patricia Highsmith (Le cri du hibou), Simone de Beauvoir (Le sang des autres), Frédéric Dard (Les magiciens), Francis Spizner (Une affaire de femmes), Nicholas Blake (Que la bête meure) ou encore Ruth Rendell (La cérémonie, La demoiselle d'honneur).

Grand lecteur, il était surtout un intarissable admirateur de Georges Simenon dont il louait tant la modestie et l'humilité de l'artiste que son savoir-faire dans la description de l'animalité qui réside en chacun de nous. Il a adapté Les fantômes du chapelier et Betty. Dans Jours tranquille à Vichy, il retrace la vie érotique d'Henry James. Et Françoise Sagan lui avait écrit le scénario de Landru.

Il avait commencé comme journaliste aux Cahiers du cinéma. En 1957, à la fin de sa collaboration avec le mensuel et juste avant de présenter son premier film, Le Beau Serge, il écrit Hitchcock avec Eric Rohmer (réédité par Ramsay poche cinéma en 1986 puis en 2006). L'éditeur avait aussi réimprimé en 1976 Et pourtant je tourne, avec René Marchand. Le cherche midi publie en 2002 Pensées, répliques et anecdotes. Avec François Guérif, il écrit Comment faire un film (Rivages, 2004), et la même année l'essai Laissez-moi rire ! aux éditions du Rocher.

Chabrol a aussi été romancier, avec L'adieu aux dieux (Encre, 1980), et auteur de nouvelles dans Mystère magazine dans les années 50. Certains de ses scénarios ont été publiés : Les noces rouges (Seghers), Dr M (Editions universitaires), Rien ne va plus (Arte Hachette), L'ivresse du pouvoir (L'avant-scène cinéma) et La fleur du mal (Albin Michel).

Il avait raconté sa vie à François Guérif dans Un jardin bien à moi (Denoël, 1999). Wilfrid Alexandre avait rédigé une biographie officielle, Claude Chabrol : la traversée des apparences en 2003 (Le félin).

Son imposante place dans le cinéma français de ses 55 dernières années l'ont aussi rendu présent dans de nombreux ouvrages sur le cinéma ou les acteurs avec lesquels il entretenait un rapport fidèle.


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