Congrès de l'ABF

Comment les médiathèques intègrent les familles qui ne parlent pas le français ?

Affiche du 66e Congrès de l'ABF - Photo ABF

Comment les médiathèques intègrent les familles qui ne parlent pas le français ?

Ce 17 juin, le Congrès de l’Association des bibliothécaires de France s’est penché sur le multilinguisme en section jeunesse. Place des parents, supports pertinents, médiation… Trois clés pour faire fructifier cette richesse.

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Par Fanny Guyomard,
Créé le 17.06.2021 à 17h54,
Mis à jour le 17.06.2021 à 18h00

Deux chiffres : en France, plus de quatre-cent langues sont parlées, et un enfant sur quatre grandit avec plusieurs. Ce 17 juin, lors de son Congrès sur le thème de l’inclusion, l’Association des bibliothécaires de France (ABF) s’est alors penchée sur le multilinguisme dans les médiathèques, plus précisément avec le livre jeunesse. Les moyens sont simples pour transformer une complexité apparente en projets créatifs et ludiques.
 
Albums multilingue
Dans Chaprouchka, le personnage éponyme porte chez Grand-mama une galette et une garrafa de limonada... Dans cette revisitation du Petit Chaperon rouge, Elsa Valentin familiarise les lecteurs avec plusieurs langues. « Tous les mots sont compréhensibles grâce au contexte et au fait que les enfants connaissent déjà le conte », commente Coline Rosdahl, de l’association d’éducation au plurilinguisme Dulala. Le récit est bénéfique pour toutes les oreilles, souligne-t-elle : « Les enfants qui écoutent des sonorités éloignées de leur propre langue musclent leurs oreilles et apprennent plus facilement d’autres langues. »
 
Les parents conteurs
Mais dans un réseau comme la Plaine Commune (Seine-Saint-Denis), qui recense plus de 130 nationalités et autant de langues parlées, difficile d’avoir un fonds exhaustif… « Quand on n’a pas d’album multilingue, on peut simplement les traduire de manière artisanale, avec des post-its, en travaillant avec les parents, propose Coline Rosdahl. Le bibliothécaire doit être prêt à déléguer son expertise. Pour les parents, c’est un gage de reconnaissance. » Des rendez-vous peuvent leur être réservés, sans les enfants, pour qu'ils s'emparent du projet de plurilinguisme. « Les mères se sont senties valorisées », observe Marine Muller, responsable des actions culturelles du réseau de la vingtaine de médiathèques de Plaine commune. Elle rappelle l’importance de travailler avec les professionnels de la petite enfance et du champ social qui jouent les relais. Les professeurs de langues de collèges peuvent également participer à la traduction d’ouvrages avec leurs élèves.
 
Images 
Mais des mots écrits peuvent intimider les parents mal à l’aise avec la langue. « On leur propose alors des imagiers, ludiques, avec des jeux d’observation, des objets à toucher, des surprises à découvrir… On crée un contexte rassurant pour faire évoluer leur rapport à la langue », décrit Marine Muller. Pour promouvoir un livre, on l’englobera dans une exposition visuelle et des ateliers animés par l’illustrateur. Et rien ne vaut un conte mimé par des objets universellement compréhensibles.

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