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Crise de management au département jeunesse de La Martinière

Les salariés du groupe La Martinière manifestant devant l'immeuble du groupe. - Photo OLIVIER DION

Crise de management au département jeunesse de La Martinière

Plus d'une centaine de salariés du groupe La Martinière ont cessé le travail pendant une heure, mercredi 4 janvier, pour dénoncer les conditions de travail au sein du département jeunesse.

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Par Hervé Hugueny,
Créé le 04.01.2017 à 19h05,
Mis à jour le 05.01.2017 à 11h37

A la suite d'une assemblée générale qui a réuni la majorité du personnel présent, plus d'une centaine de salariés du groupe La Martinière ont cessé le travail pendant une heure, mercredi 4 janvier, en solidarité avec les membres du département jeunesse qui dénoncent des conditions de travail qu'ils jugent très mauvaises. Ils se sont rassemblés sur le parvis de l'immeuble du groupe, boulevard Romain-Rolland, à Paris (14e).

Une directrice contestée
 
Un communiqué remis par les représentants du personnel reprend le courrier transmis aux membres du comité de direction, dans lequel les salariés concernés demandent clairement "que l’actuelle directrice de pôle soit écartée de tout management et dessaisie de ses fonctions de directrice éditoriale du pôle jeunesse" et souhaitent "le lancement immédiat du recrutement d’un nouveau directeur de pôle".
 
Béatrice Decroix, la directrice éditoriale du pôle jeunesse, est par ailleurs l'épouse d'Hervé de La Martinière, P-DG du groupe, qui n'a pu être joint. Cette mobilisation, rare par la nature de ses revendications, est le résultat de plusieurs années de tensions dans ce service de 15 personnes où les départs et remplacements se succèdent à un rythme soutenu : depuis 2008, 9 démissions et 3 licenciements se sont enchaînés.

Une enquête de l'inspection du travail

L'inspection du travail a jugé la situation assez grave pour lancer, le 9 décembre, une enquête administrative pour risques psycho-sociaux. La médecine du travail avait déjà réalisé un rapport alarmant, recommandant l'éloignement du management du service et la mise en place d'un suivi psychologique collectif eu égard au stress et aux souffrances constatés. Un manager de transition a été recruté et a pris ses fonctions le 3 janvier, mais il n'est pas spécialiste de l'édition et son rôle n'apparaît pas suffisant pour résoudre la crise, estiment les représentants du personnel.

Sans qu'il y ait de violences verbales, les salariés dénoncent une situation insidieuse de déresponsabilisation, de manque de confiance et de contrôle incessant qui dérape en harcèlement, de contournement de leurs fonctions. Une pétition circulant à la suite d'une précédente assemblée générale organisée en décembre sur le même sujet et demandant à la direction de La Martinière de trouver une solution à cette crise avait recueilli 139 signatures au sein du groupe, hors représentants du personnel et salariés du pôle jeunesse.

Avec une production annuelle d'environ 180 nouveautés, le secteur jeunesse constitue un pôle important du groupe La Martinière, et assure une part significative du chiffre d'affaires du groupe sous les marques La Martinière jeunesse et Seuil jeunesse. Très impliqués dans leur travail, les salariés jugent que leur contribution pourrait être encore plus importante s'ils pouvaient bénéficier de relations normales au sein de leur service.

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