Revenus

Saisissant l'occasion de la mission de définition « d'une politique d'émancipation artistique et culturelle renouvelée, allant au-delà de l'éducation artistique et culturelle », confiée en août par le Premier ministre à Aurore Bergé, la Société des gens de lettres (SGDL) a formulé 22 propositions lors d'une audition début octobre par la députée La République en marche. Dans le rapport de la parlementaire attendu pour la fin de l'année, les recommandations sur la transmission des savoirs, notamment, pourraient ouvrir un nouveau débouché aux auteurs, dans la prolongation des interventions en milieu scolaire. Pour la SGDL, les rencontres et ateliers, devenues indispensables pour compenser la baisse des droits d'auteur, répondent à une forte demande du public comme aux objectifs de politique publique en matière d'émancipation artistique et culturelle.

Dans sa note, la SGDL suggère d'abord de simplifier le cadre juridique de ces interventions, toujours régies par une circulaire relative aux « revenus accessoires » datant de 2011, qui plafonne leur nombre et leur montant. Ces dispositions seraient à supprimer, tout en renforçant l'autorité du nouveau texte qui deviendrait un décret du Premier ministre. Ce décret indiquerait aussi une grille tarifaire, qui serait ainsi obligatoire. Pour « optimiser les déplacements des auteurs (...), démultiplier les interventions et mutualiser les moyens mobilisés », la Société recommande également de « confier à un opérateur unique la mission de coordonner, sur le modèle des organisateurs de tournées d'artistes dans le secteur musical, les interventions d'auteurs », service qu'elle envisage de créer.

L'ensemble des propositions vise à créer un véritable marché pour les auteurs, d'une part en instaurant un « régime d'aides spécifique destiné à accompagner des porteurs de projets extérieurs au livre », et d'autre part en rendant obligatoire leurs interventions dans la filière éducative, de l'école à l'université, ou encore à la télévision. Les ateliers de lecture et d'écriture seraient aussi vivement encouragés dans la formation professionnelle, à l'hôpital, en milieu carcéral, tous secteurs où ils existent déjà, mais de façon très ponctuelle. Pour répondre à cette forte demande, les auteurs devraient aussi être formés.

Hervé Hugueny


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