Décès de la romancière Christine de Rivoyre | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, avec AFP, le 04.01.2019 à 16h24 (mis à jour le 04.01.2019 à 17h00) Disparition

Décès de la romancière Christine de Rivoyre

Christine de Rivoyre en 2007. - Photo OLIVIER DION

L’écrivaine longtemps jurée du prix Médicis est décédée dans la nuit de jeudi à vendredi, à l’âge de 97 ans.

L’auteure Christine de Rivoyre, jurée du prix Médicis de 1971 à 2017 et lauréate du prix Interallié 1968 pour son roman Le petit matin (1968, Grasset), est morte dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4 janvier à l’âge de 97 ans, a annoncé à l'AFP Frédéric Maget, président de l'association des Amis de Christine de Rivoyre. Avant de consacrer sa vie à la littérature, elle fut journaliste au Monde puis dirigea la rubrique littéraire du magazine Marie Claire, dans lequel elle fit publier les textes d’écrivains reconnus tels François Nourissier et Félicien Marceau. Son dernier ouvrage, le livre de souvenirs Flying Fox et autres portraits, est paru chez Grasset en 2014.

"Ses romans, mettant en scène des femmes libres et indépendantes, accompagnèrent l'évolution sociale et culturelle des années 60 et 70", a déclaré Frédéric Maget à l’AFP. Son œuvre, récompensée en 1984 du prix Paul-Morand de l’Académie Française, "demeure profondément marquée par l'expérience de la guerre et par les Landes, terre d'enfance et d'élection, où la romancière avait choisi de vivre".

Pilier du jury du Médicis dont elle a fait partie pendant 46 ans, elle se réjouissait en 2014, dans son livre Flying Fox et autres portraits du rôle de précurseur qu’occupe cette récompense dans le paysage littéraire : "Je suis heureuse que le prix Médicis ait couronné certains auteurs avant tous les autres, écrivait la romancière. Par exemple, Jean Echenoz, en 1983, pour Cherokee, seize ans avant qu’il ne reçoive le Goncourt. (…) Il m’a toujours semblé qu’il était important de couronner des talents quelle que soit leur renommée. (…) Si un autre prix plus modeste que le Goncourt peut indiquer la voie… tant mieux. C’est adroit. C’est élégant. C’est ainsi que je vois les relations entre jurés."

Plusieurs adaptations au cinéma

Fille d’un officier de cavalerie, Christine de Rivoyre est née à Tarbes le 29 novembre 1921, a fait ses classes à Bordeaux, Poitiers et à la Sorbonne avant de se rendre dans l’état de New York pour étudier le journalisme à l’université de Syracuse. A son retour en France, elle travaille d’abord au Monde puis à Marie Claire, et publie entre-temps son premier roman: L’alouette au miroir (Plon, 1955), sur l’univers de la danse, qui remporte le prix des Quatre-jurys et le prix Louis-Barthou de l’Académie française.

Après plusieurs autres succès comme La mandarine (Plon, 1957), adapté au cinéma par Edouard Molinaro en 1971, ou Les sultans (1964, Grasset), elle met de côté sa carrière dans le journalisme pour se consacrer entièrement à l’écriture. En 1968, elle est couronnée du prix Interallié pour Le petit matin, une histoire de romance entre l’adolescente Nina et un cavalier allemand sur fond d’Occupation. Le roman a été porté à l’écran par Jean-Gabriel Albicocco en 1971, avec Catherine Jourdan dans le rôle de l’héroïne.

Christine de Rivoyre publia ensuite plusieurs ouvrages s’inspirant de sa passion pour le cheval (Belle Alliance, Grasset, 1982) et de sa jeunesse (Reine-mère, Grasset, 1985) jusqu’en 1995. Bouleversée par la mort de son ami Alexandre Kalda, elle cesse d’écrire pendant douze ans, avant de reprendre la plume pour lui rendre hommage dans Archaka (Grasset, 2007). Son ultime ouvrage, Flying Fox et autres portraits raconte le parcours d’exception de cette "dangerous french girl" comme l’appelaient les Américains.

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