Disparition

Politologue, auteur et penseur important du judaïsme moderne, Raphaël Draï s'est éteint vendredi 17 juillet dernier des suites d'une longue maladie.

Né en 1942 à Constantine (Algérie), Raphaël Drai avait été envoyé en 1961 en France par son père qui craignait qu’il ne soit enrôlé dans les forces de l’OAS. Il est ensuite agrégé de sciences politiques en 1976, et enseignera dans diverses universités. 

Auteur d'une trentaine d'ouvrages, Raphaël Draï s'est engagé tout au long de sa carrière en faveur du dialogue inter-religieux. Ses mémoires, parues en 2008 chez Michalon, sont disponibles sous le titre Le pays d'avant. Il est également l'auteur de La fin de l'Algérie française et les tribunaux d'exceptions, publié le 22 mai dernier chez Manucius, de Jésus : lecture de l'Evangile selon Luc (Hermann, 2014) ou encore des Topiques sinaïtique en cinq volume chez Hermann en 2013.

Il était chroniqueur de la revue L'Arche avec Alain Finkielkraut ou encore de Radio J avec Bruno Etienne. 
 
"Son œuvre est diverse, mais traversée et unifiée par sa volonté constante de pacifier les relations humaines — dans le domaine politique aussi bien que religieux —, au moyen de l’explication, de l’étude précise des textes, de la comparaison des arguments", indique Roger-Pol Droit, qui signait sa nécrologie dans Le Monde en date du 21 juillet dernier. Il poursuit en rappellant cette anecdote significative : " il suffit de rappeler ce fait, minuscule mais exemplaire : en Algérie, à 13 ans, le jour de sa bar-mitsva — cérémonie marquant l’entrée d’un jeune juif dans la vie adulte —, il s’est exprimé successivement en hébreu, selon la tradition, puis en français pour l’une de ses grands-mères, enfin en arabe, pour son autre grand-mère, qui comprenait moins bien le français. Connaissant les trois langues, ne pouvant les imaginer rivales, il habitait Constantine, ville alors catholique à la Toussaint, musulmane à l’Aïd-el-Kebir, juive à Yom Kippour."
 
Critique à l’égard des thèses de Shlomo Sand dans Comment le peuple juif fut inventé, il s’est opposé aussi à Noam Chomsky et Élie Barnavi, leur reprochant de contester les " mobiles historiques et humains dans lesquels l’État d’Israël trouve sa raison d’être."

Sur Twitter, le grand rabbin de France Haïm Korsia s'est ému de cette disparition.
 





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