Décès de l’écrivain américain Robert M. Pirsig | Livres Hebdo

Par Léopoldine Leblanc, le 25.04.2017 à 15h33 (mis à jour le 25.04.2017 à 16h00) Disparition

Décès de l’écrivain américain Robert M. Pirsig

Robert M. Pirsig en 2005. - Photo IAN GLENDINNING/CC BY 2.5

L’auteur du Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes, emblématique de la littérature hippie, s’est éteint le 24 avril à 88 ans.

L’éditeur américain de Robert Maynard Pirsig, William Morrow, a annoncé le décès de l’écrivain le 24 avril chez lui à South Berwick (Maine).

Né en 1928 à Minneapolis (Minnesota), Robert M. Pirsig a marqué toute une génération avec son roman Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes, paru en 1974 aux Etats-Unis, et en 1998 au Seuil, traduit par Maurice Pons, Andrée et Sophie Mayoux. L’ouvrage a été réédité en 2013 chez Points dans la collection "Aventure ".

Premier roman à succès

D'abord rejeté par une centaine de maisons d’édition aux Etats-Unis, l’ouvrage se vend dès les premiers mois de sa publication chez William Morrow à 50000 exemplaires, jusqu’à atteindre près d’un million dans l’année de sa sortie selon le New York Times.
 
Robert M. Pirsig était alors rédacteur freelance pour des publications techniques et enseignait l’écriture à l’université du Montana, à Bozeman, et à l’université de l’Illinois à Chicago. Lauréat d’une bourse Guggenheim en 1974, il écrit la suite de son best-seller qu’il publie chez Bantam en 1991. Le succès de Lila: Enquête sur la morale sera moindre aux Etats-Unis, tout comme en France lorsqu’il paraît chez 13e Note en 2010, traduit par Michel Proulx et Nadine Gassié, avant une réédition chez Points en 2013.
 
Road-trip dans l’air du temps
 
Prisé pour son style gnomique, Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes retrace le voyage d’un motocycliste avec son fils et quelques amis à travers l’Amérique du Nord. En direction de la Californie, le motard et son fils croisent la route des fantômes de Newton, Goethe et Kerouac.

Phénomène éditorial au milieu des années 1970, le livre a inspiré toute une génération critique des dérives de la "mainstream society", au croisement de la pensée des beatniks et de Thoreau. Désormais emblématique de la littérature hippie, l’auteur devient d’ailleurs un personnage à part entière dans le roman d’Arno Bertina, Je suis une aventure, publié chez Verticales en 2012, où il est possible pour chaque personnalité de disposer d’un double vivant chargé de le représenter afin de le faire persister. Le narrateur, journaliste en pleine traversée du Jura à moto, tombe en panne et rencontre le candidat "fantômat" de Robert Pirsig; l’occasion de déroutants entretiens au détour d’une motocyclette.

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