Décès d'Henning Mankell | Livres Hebdo

Par Claude Combet, le 05.10.2015 à 12h22 (mis à jour le 05.10.2015 à 18h28) - 1 commentaire Disparition

Décès d'Henning Mankell

Henning Mankell - Photo DR

Né le 3 février 1948 à Stokholm, le créateur de l'inspecteur Kurt Wallander est décédé le 5 octobre à Göteborg à l'âge de 67 ans. Il fut le précurseur de la grande vague suédoise du polar, avant Millenium.

Il fut l’un des grands maîtres du polar suédois : Henning Mankell, le créateur de Wallander est mort à Göteborg le 4 octobre à l’âge de 67 ans. Il était atteint d’un cancer dont il avait témoigné dans Sable mouvant, paru le 17 septembre 2015 au Seuil, son éditeur français. Il y évoquait l’envie de vivre, la peur de mourir et sa vision de l’humanité bouleversée par la maladie. Il devait être l’invité d’honneur de la Fête du livre d’Aix-en-Provence du 9 au 11 octobre. L'ensemble de ses livres a été traduit et édité par Le Seuil et repris en poche par Points.

Henning Mankell est l’héritier direct du couple suédois Maj Sjöwall et Per Wahlöö, les créateurs de la saga Martin Beck, écrite entre 1965 et 1975, fortement ancrée dans la réalité sociale de la Suède des années 70. Son héros, Kurt Wallander, policier au commissariat d’Ystad, en Scanie dans le sud de la Suède, leur emprunte "quelques problèmes familiaux et un regard critique sur les pouvoirs en place dans son pays". On le retrouve dans douze titres (dont onze romans), parus en Suède entre 1991 et 2009, parmi lesquels Meurtriers sans visage, Le guerrier solitaire, La cinquième femme, Les morts de la Saint-Jean. Ils ont été adaptés à deux reprises par la télévision suédoise, et une fois par la télévision britannique avec Kenneth Branagh dans le rôle du commissaire. Un style très littéraire et une psychologie des personnages très fouillée lui ont valu le prix du meilleur roman policier suédois en 1991 et en 1995.

Henning Mankell a aussi été un homme de théâtre, partageant sa vie entre la Suède et le Mozambique, où il avait créé une troupe de théâtre, le "Teatro Avenida", en 1986 à Maputo, s’intéressant au sort des Africains et soulignant l’importance de la culture.

Henning Mankell a écrit pour le théâtre et pour la radio, de la "littérature blanche" comme L’œil du léopard (traduit en 2012), Les chaussures italiennes (2009), et Daisy sisters, racontant l’aventure tragique de deux jeunes suédoises de 17 ans pendant l’été 1941 (paru en avril 2015); et des livres pour la jeunesse (traduits chez Flammarion-Père Castor et au Seuil Jeunesse), totalisant 40 millions de volumes vendus dans le monde. En 2010, Il figurait à la 9e place du classement Livres Hebdo/The Bookseller des écrivains de fiction les plus vendus en Europe.  

En 2001, il avait fondé les éditions Leopard avec l’éditeur Dan Israel, qui publiait ses œuvres. "La solidarité avec les faibles et les opprimés traverse son œuvre comme un fil rouge" a écrit la maison Leopard dans son communiqué. Henning Mankell était le gendre d’Ingmar Bergman, dont il avait épousé la fille, Eva, chorégraphe et directrice de théâtre.

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“ Mankell était d'abord un humaniste. Et un pessimiste invétéré. Maître du polar suédois, ses deux plus beaux opus sont, me semble-t-il, de la "littérature blanche" : "Les chaussures italiennes" et... ” Jean-Luc Marlière il y a 4 ans à 15 h 00
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