Disparition

Reconnu comme un fervent défenseur de la poésie, Henri Deluy avait été directeur de la revue Action poétique pendant plus de cinquante ans. Il est décédé le 20 juillet.

Né le 25 avril 1931 à Marseille, Henri Deluy quitte l’Hexagone à 18 ans et part pour l’Angleterre en auto-stop, puis pour la Suède. Il rencontre en chemin, aux Pays-Bas, sa première épouse, qui lui fait découvrir l’avant-garde poétique hollandaise, parmi laquelle se trouve Adriaan Roland Holst, qu’il traduira, et le groupe Cobra, qui auront une influence notable sur son écriture.

Une fois revenu, Henri Deluy devient professeur des écoles et décide de suivre des études de journalisme. Pendant trois années, il travaillera pour La Marseillaise. Grand passionné de poésie, il publie des poèmes et des notes de lecture dans la revue littéraire Cahiers du Sud.

En 1958, il devient le rédacteur en chef de la revue Action poétique, créée en 1950 par Gérald Neveu et Jean Malrieu. Le poète en assumera la responsabilité jusqu’en 2012. Malgré cette nouvelle fonction, Henri Deluy continue les traductions des grands noms de la poésie russe et tchèque, comme Anna Akhmatova, Vladimir Maïakovski, Ossip Mandelstam, Boris Pasternak ou Marina Tsvétaïeva. Il traduit également l’auteur portugais Fernando Pessoa. Jamais rassasié par cet art, il lance la Biennale internationale des poètes en Val-de-Marne, au début des années 1990.

Parmi les ouvrages de l’auteur se trouvent : Troubadours galego-portugais : une anthologie (1987), Da capo (1998), Les arbres noirs (2006), Au blanc de neige : à l’étrangère : poèmes (2007), L’heure dite (2011), Imprévisible passé : poèmes (2012), Action cuisine : lieux, recettes, ici & d’ailleurs (2014), Je ne suis pas un autre : in memoriam Georges Bataille (2016), Henri Deluy, ici et ailleurs : une traversée d’Action poétique (2017), ou encore Les Mille (2017). Henri Deluy clôt son œuvre avec la publication en 2017 du recueil de poèmes Kérosène kitsch (Flammarion). Dans son dernier ouvrage, l'auteur présente sa poésie en trois séquences : Figures, qui se compose de poèmes dédiés à des personnes, Aller-retour, qui alterne les vers brefs et les vers longs, et Photo, dans laquelle l’auteur dresse son autoportrait sombre et brutal.

Commentaires (0)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous

On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités