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L’association « Agir pour l’École » préconise, afin de lutter contre les difficultés d’apprentissage de le lecture, un programme baptisé LECTURE qui comprend deux volets principaux : une augmentation du volume d'enseignement phonologique dès la grande section de maternelle, et l’ajustement du contenu de l’enseignement aux progrès de chaque élève. Les enseignants suivent les progrès des élèves au moyen de tests standardisés et utilisent des outils pédagogiques développés par l’association tout au long de l’année.

Dans une note récemment publiée (Adrien Bouguen, « Comment améliorer l’apprentissage de la lecture à l’école ? L’impact des pratiques des enseignants à l’école maternelle », IPP, note n°20 (1), Octobre 2015), l’IPP (Institut des études publiques) propose (2) une évaluation de l’impact de la formation continue proposée par l’association et de la méthode d’apprentissage sur les performances des élèves en lecture à la fin de la grande section de maternelle ; notons que la "lecture" dont il s’agit consiste en la connaissance des lettres ainsi qu'en la lecture de « non-mots » c'est-à-dire de mots simples, sans signification, composés des phonèmes généralement travaillés au cours de l’année de grande section de maternelle.

L’étude conduite sur 118 écoles maternelles (environ 6000 élèves) classées éducation prioritaire et situées dans quatre départements de l’Ile-de-France et du Nord (92, 93, 59, 62), s’est déroulée de 2011 à 2013. La méthodologie, devenue traditionnelle en évaluation des politiques publiques par les économistes, se fonde sur la comparaison des performances des élèves entre des écoles participant au programme LECTURE et des écoles qui n’y participent pas. Dans les établissements participant au programme, les élèves ont été répartis en petits groupes en fonction de leur niveau initial de sorte que les enseignants ont ajusté la formation aux compétences.

Les résultats semblent indiscutables : non seulement le niveau général s’accroit plus rapidement dans les classes participantes, mais encore les élèves les plus faibles progressent plus rapidement que la moyenne, du moins en acquisition des lettres et en phonologie (compétences considérées comme plus élémentaires). Il est vrai toutefois qu’en lecture non-lexicale (compétence considérée comme plus complexe), les élèves initialement les plus forts progressent le plus vite.

La note conclut que « malgré les difficultés pointées par les études menées à partir de comparaisons internationales, il existe des stratégies pédagogiques efficaces pour réduire les inégalités scolaires, améliorer les apprentissages et adapter l’éducation aux besoins spécifiques de chaque élève. »

Le coût du programme représente une augmentation de 3% du coût total d’une année en primaire.

Compte tenu des enjeux culturels, sociaux et économiques que représente la lecture et du caractère très cumulatif des retards observés dès le plus jeune âge, la possibilité de diffuser cette méthode mérite d’être étudiée de près.



1) Référence de l’étude complète : Adrien Bouguen, "Adjusting content to individual student needs:
Further evidence from a teacher training program", PSE Working Paper N°2015-09.
2) en collaboration avec la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l’Education nationale et l’Université Lyon 2.

Commentaires (1)

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S

Sophie Gohé

il y a 5 ans à 21 h 56

Merci pour ce compte rendu. Mais qu'est-ce qui est nouveau ici ? Et qu'est-ce qui fonctionne ? La phonologie ou la différenciation -enfin ! - des apprentissages ? Donc le rôle de l'enseignant ? Et encore faut-il avoir réellement envie de mettre en oeuvre les solutions, donc de remettre en question une certaine litanie pédagogique...


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