Voici un extrait du discours, chaque jour un peu plus d'actualité, prononcé en ouverture du non-anniversaire de l'Adelc le 22 septembre.
[Lecture de la première lettre d'engagement adressée à un libraire le 8 mars 1989 et signée par Henri Causse.]
Au total, ce sont 1 297 lettres d'accord semblables qui ont été envoyées, 59 millions d'euros engagés, ce sont 625 librairies qui ont été aidées au moins une fois, 224 à leur création, 299 accompagnées dans leur reprise, dont certaines l'avaient déjà été à leur ouverture.
Au départ, il y a eu l'utopie de quelques-uns, Jérôme Lindon, bien sûr, Michel Chodkiewicz, François Gèze, Antoine Gallimard, président aujourd'hui encore et pleinement engagé, et de leurs directeurs commerciaux, Henri Causse, Jean Bussy, Ambroise Pujebet et Jean-Guy Boin.
Cette même utopie avait conduit, quelques années plus tôt, au vote de la loi sur le prix unique du livre. Cette loi nécessaire, mais pas suffisante pour renforcer un tissu de librairies d'assortiment de qualité.
C'est bien la volonté politique de ces quatre éditeurs, rejoints très vite par d'autres maisons et plus tard par des groupes d'édition, qui a pu asseoir notre travail et celui des libraires de manière pérenne.
Cette adhésion renouvelée chaque année se fait dans le respect de notre charte. Je cite : « Chaque éditeur adhérent de l'Adelc s'engage à ne pas revendiquer son adhésion à des fins commerciales auprès des librairies aidées. » Je me permets de les nommer : Zoé, Christian Bourgois, Corti, Sabine Wespieser, Editis, Flammarion, Gallimard, La Découverte, Hachette, Actes Sud, La Table ronde, Liana Lévi, Libella, Métailié, Minuit, P.O.L, Le Seuil, Verdier, et enfin Zulma. Ajoutons à cette liste d'adhérents, les donateurs libres : Bayard, Milan, la librairie Mollat. À eux tous ils représentent la première ressource annuelle de l'association. Tous croient dans une librairie d'assortiment de qualité.
Pourquoi avoir célébré nos 36 ans et 9 neuf mois ? Après une année 2024 difficile pour moi, pour nous, il a fallu marquer une date, faire un point d'étape, arrêter l'image sans couper l'élan.
Accompagnement dans le temps long
Ces 36 ans et 9 mois illustrent ce temps long, de continuité, de mouvement nécessaire à la construction d'un auteur, de son œuvre, d'une ligne éditoriale, d'une librairie. Un temps que nous essayons de vous apporter, chers libraires, pour vous permettre de vous ancrer solidement, de stabiliser vos équipes, d'affiner sans cesse votre offre, en vous appropriant les catalogues des maisons qui peuplent vos linéaires. Jean-Guy Boin aimait dire que votre travail, votre engagement nous obligent. Quelques mois avant sa disparition, il m'avait accompagné dans une librairie dans laquelle nous sommes associés depuis 21 ans. Cette librairie est passée près du précipice plusieurs fois. Ni le libraire, ni son équipe, ni l'Adelc n'avons jamais lâché. En rentrant à Paris, il a eu cette phrase : « Tu vois, on a eu raison de faire l'Adelc. C'était pour en arriver là. » Aujourd'hui, cette librairie, stabilisée, participe d'un même mouvement au service de la création, du maintien des fonds et de l'intelligence des catalogues à destination de tous les publics.
Chers libraires, je tenais à vous remercier. Une fois en 36 ans et 9 mois, c'est raisonnable.
Attristé par le décés d'Irène Lindon le 7 décembre dernier, je tenais à lui rendre hommage ici ; 20 ans durant elle a été, « forcément », engagée et disponible pour l'Adelc et les libraires.
