Québec

Diffusion Dimedia en conflit avec Renaud-Bray

Photo FABRICE PIAULT/LH

Diffusion Dimedia en conflit avec Renaud-Bray

Le diffuseur du Seuil et de la Martinière au Québec agit en représailles à un changement comptable unilatéral de la plus grande chaîne de libraire de la province, qui entraîne d'importants problèmes de liquidités dans toute la chaîne du livre.

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Par Vincy Thomas,
Créé le 08.05.2014 à 21h07,
Mis à jour le 08.05.2014 à 22h00

Le 7 mai, Radio-Canada a annoncé que l'entreprise Diffusion Dimedia avait cessé de livrer les nouveautés d'une centaine d'éditeurs francophones au groupe Renaud-Bray, la plus grande chaîne de librairies québécoise avec 30 succursales.

Selon Diffusion Dimedia, cette mesure de représailles est liée au changement unilatéral des conditions de paiement des livres imposé par Renaud-Bray. La chaîne de librairies a décidé de déduire le montant de la valeur des invendus retournés au diffuseur au lieu de payer la totalité des volumes commandés tous les deux mois. Selon le diffuseur, cette modification des règles entraîne d'importants problèmes de liquidités dans toute la chaîne du livre.

Diffsion Dimedia diffuse et distribue des livres de langue française au Canada depuis 1974 et représente aujourd'hui près trois cent éditeurs (dont une cinquantaine d'éditeurs québécois), notamment La Martinière, Le Seuil, Arlea, les PUF, les éditions du Sonneur, l'Age d'Homme...

L'Association des distributeurs exclusifs de livre en langue française (ADELF) a réagi le 7 mai dans un communiqué, s'inquiétant du conflit entre l'un des principaux fournisseurs de livres francophones et le plus grand diffuseur de la province canadienne. "Renaud-­‐Bray jouit d’une position privilégiée sur le marché du livre (...). En conséquence, il est essentiel que les actions de Renaud-­‐Bray fortifient la filière québécoise du livre plutôt qu’elles ne l’affaiblissent. Les autres acteurs du secteur du livre, des écrivains jusqu’aux bibliothécaires, ont beaucoup à perdre de toutes formes d’abus d’une position dominante de la part de cette entreprise ou de quelque autre acteur important du livre."

L'ADELF rappelle l’importance pour la filière du livre de contrer l’établissement d’un oligopole dans la vente au détail du livre et souligne que le projet de prix réglementé du livre vise justement ceci. Ce projet n'est pourtant plus à l'agenda du nouveau gouvernement, libéral, élu il y a un moins d'un mois.

Commentaires (1)

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Stéphane Masquida

il y a 6 ans à 22 h 01

On ne peut que féliciter le courage de Dimédia de répondre au diktat de la plus grosse chaîne de librairies au Québec en prenant cette mesure conservatoire. Tout un chacun sait que la négociation fait partie du commerce, comme de la vie entre les états, mais qu'à défaut de respect pour la partie adverse il existe encore le sens du rapport de forces. La chaîne du livre au Québec est trop petite, trop jeune, trop fragile pour se permettre d'être soumise au joug d'un seul, fut-il le premier libraire de la province. Au contraire de ce que peut croire monsieur Blaise Renaud, le diffuseur, le distributeur, tout autant que l'éditeur, le libraire, sont utiles et profitables au développement de la production littéraire et éditoriale: ils contribuent à rendre plus accessible la création d'ici tout en offrant le monde de langue française, au meilleur prix ! A l'heure où le projet de réglementation sur le prix du livre semble accuser un creux, après tant d'espoirs suscités par l'accord entre toutes les associations professionnelles et les travaux en commission parlementaire, faudra-t-il croire que le courage politique et le bon sens économique nous manquent à ce point pour laisser les forces privées du marché faire seules la loi ? Et dans ce cas devrions-nous alors accepter la loi du plus fort, quel qu'il soit ? Stéphane Masquida Ex directeur commercial Libraire Messageries ADP


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