Disparition

Disparition de Jack O’Connell, génie du roman noir

Les romans de Jack O'Connell s'inscrivent dans la veine du roman noir, voire du noir gothique. - Photo DR

Disparition de Jack O’Connell, génie du roman noir

L’auteur de romans noirs, au style inimitable, s’est éteint le 1ᵉʳ janvier, à l’âge de 65 ans. 

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Par Elodie Carreira,
Créé le 05.01.2024 à 16h36

Il était un créateur d’univers. L'Américain Jack O’Connell, auteur de thrillers fantastiques à l’instar de Porno Palace ou Dans les limbes s’est éteint le 1ᵉʳ janvier, à l’âge de 65 ans, des suites d’un cancer.

« C’était un de mes auteurs favoris. Il a laissé une œuvre originale inoubliable pour le genre du roman noir. Ses ouvrages étaient labyrinthiques et ses intrigues renvoyaient toujours à des questions philosophiques. Sa vie, son but entier était l’écriture. Il était un de ces écrivains habité par son œuvre », raconte à Livres Hebdo son éditeur chez Rivages, François Guérif. Pour rendre hommage à l'auteur disparu, l'éditeur prévoit d'ajouter Porno Palace à la collection « Iconiques », en mai prochain.

 « Il portait un regard lucide sur la société américaine »

De nature discrète, Jack O’Connell, ancien agent d’assurances et ex-professeur, s’adonne au roman noir en 1992 avec Box Nine - B.P.9 en français (traduit par Gérard de Chergé, Rivages) -, premier titre d’une série de quatre ouvrages consacrés à la ville de Quinsigamond. La cité fictive, inspirée de Worcester, dans le Massachussetts, dont était originaire l’écrivain, constitue une sorte de huis clos à ciel ouvert, dans lequel s’illustre la folie et la violence contemporaine, symptômes de la décrépitude postindustrielle.

« Il portait un regard lucide sur la société américaine, voyait ses défauts sans amertume », explique François Guérif, rappelant que cet avant-gardiste, « créateur de mondes parallèles », était acclamé par James Ellroy, spécialiste du roman policier historique.

À son premier titre tonitruant suivront La Mort sur les ondes (Payot & Rivages, 1994), tragédie sur le pouvoir et la liberté, rééditée sous le titre Ondes de choc en 2005, le formidable Porno Palace (1998 puis 2002, Rivages), métaphore décadente de l’image, ou encore Et le verbe s’est fait chair (2000 et 2003, Rivages). En 2008, Jack O’Connell clôturait sa fresque complexe avec un ultime volet, Dans les limbes (2009, 2013, Rivages), récompensé du prix Mystère de la Critique et du Grand prix de l’imaginaire (2010).

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