Domaine étranger : entre vedettes et surprises

Domaine étranger : entre vedettes et surprises

Domaine étranger : entre vedettes et surprises

Chico Buarque, Antonia S. Byatt, Michael Cunningham, David Lodge et Carlos Ruiz Zafon sont quelques-uns des grands noms attendus à la rentrée de janvier, qui réserve aussi quelques curiosités comme la nouvelle version du Nom de la rose ou un inédit de Lawrence Durell.

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Par Claude Combet,
avec Créé le 10.03.2015 à 20h34 ,
Mis à jour le 23.04.2015 à 10h06

Avec 169 romans étrangers en janvier et en février, contre 181 l'an dernier pour la même période, la rentrée littéraire 2012 est prudente. En ces temps de crise, les éditeurs s'appuient sur des valeurs sûres, auteurs connus des lecteurs français. Ainsi seront présents à la rentrée Michael Cunningham (Crépuscule) et Lionel Shriver (Tout ça pour quoi), tous deux chez Belfond ; Christopher Isherwood, dont Fayard publie Tous les conspirateurs, son premier roman écrit en 1926, Ismaïl Kadaré avec un recueil de nouvelles, La provocation et autres récits, et Anthony Trollope avec Le docteur Thorne (tous deux également chez Fayard). Chez Flammarion, Antonia Susan Byatt met en scène une romancière pour la jeunesse en 1895 (Le livre des enfants), tandis que Gallimard annonce le Brésilien Chico Buarque avec un roman sur la filiation (Quand je sortirai d'ici) et le nouveau Martin Amis (La veuve enceinte), dont la femme, Isabel Fonseca, est aussi présente en cette rentrée avec Attachée chez Métailié. Chez Laffont, Carlos Ruiz Zafon est en vedette avec Le palais de Minuit et, chez Rivages, David Lodge devrait faire rire ses lecteurs avec les aventures sexuelles d'Un homme de tempérament. On pourra lire la nouvelle version du Nom de la rose, voulue par Umberto Eco (Grasset), Petite musique pour amoureux, un inédit en France de Lawrence Durrell, publié en 1935 (Buchet-Chastel), et Muss, une curiosité de Curzio Malaparte, sur fond de montée du fascisme en Italie (La Table ronde).

RETROUVAILLES

On retrouvera aussi Nicholas Evans et Tom Franklin (Albin Michel), Kenneth Cook (Autrement), Guillermo Fadanelli, Thomas McGuane et Juan Marsé (Bourgois), Andrea Camilleri (Fayard), Iouri Bouïda (Gallimard), Stephen L. Carter (Laffont), Andreï Kourkov (Liana Levi), Jonathan Ames et Dermot Bolger (J. Losfeld), Giancarlo De Cataldo, Lidia Jorge et Pablo de Santis (Métailié), Lauren Groff (Plon), Joyce Maynard (Philippe Rey), Antonio Munoz Molina (Seuil) et Edna O'Brien (Sabine Wespieser). Et Augusten Burroughs (Héloïse d'Ormesson) et Antonio Pennacchi (Liana Levi), qui changent d'éditeur.

On devrait entendre parler des Allemands Edgar Hilsenrath, qui clôt sa trilogie avec Nuit, censuré pendant vingt ans dans son pays (Attila), et Kaui Hart Hemmings, avec The descendants (Actes Sud), un roman familial dont l'adaptation au cinéma par Alexander Payne sort à la même date, et du cinéaste Takeshi Kitano, qui ouvre la section littérature japonaise des éditions Wombat avec Boy. David Mitchell, avec un roman d'aventures sur le Japon du XIXe siècle, et Gary Shteyngart, présenté comme l'un des meilleurs auteurs de sa génération par le New Yorker (tous deux à L'Olivier), sont particulièrement attendus. Le rire comme solution à la crise ? L'Israélien Benny Barbash livre Monsieur Sapiro (Zulma), "association criminelle d'un Kundera et d'un Woody Allen", l'Américain Jonathan Miles un roman épistolaire adressé à Dear American Airlines (Nil), et le Mexicain David Toscana une fable loufoque dans laquelle cinq ados simplets assaillent Fort Alama (L'armée illuminée, Zulma).

Avec près de 60 % des traductions (106 titres dont 52 traduits de l'américain), la littérature anglo-saxonne est un refuge. Les langues européennes - l'espagnol avec 15 titres (dont 5 traduits du mexicain), l'allemand avec 10 titres (dont un de l'autrichien) et l'Italien avec 9 titres - résistent bien, au détriment de langues plus rares comme l'arabe (un livre égyptien et un irakien), ou l'albanais, le croate, le serbe et le tchèque, qui n'ont qu'un titre chacun. Très présents dans le polar, les Scandinaves ne se sont guère représentés dans cette rentrée (un seul titre traduit du norvégien, du danois et deux du suédois).

DÉCOUVERTES

La production de janvier et de février réservera cependant quelques découvertes. Calmann-Lévy mise sur Jane Mendelsohn, avec American music, une "méditation sur l'amour et la mémoire du corps". Gallimard publie Jésus le bon et Christ le vaurien, du très érudit Philip Pullman, connu pour ses livres pour la jeunesse. Intervalles s'intéresse aux baby-boomers de Linda Grant. Albin Michel croit beaucoup en une nouvelle génération avec la Finoise Riikka Pulkkinnen et l'Allemande Judith Hermann. Tandis que First lance une nouvelle collection, "Escales", avec le premier roman d'Amy Sackville, Là est la danse, finaliste de l'Orange Prize. C'est aussi l'occasion de lire les premiers romans de Janet Skeslien Charles (Liana Levi), Araminta Hall (Belfond), Patricia Engel (Anne Carrière), Yuri Herrera (Gallimard), David Levithan (Grasset), Bruce Machart (Gallmeister), Justin Torres (L'Olivier). Avant de clore avec Les voleurs de Manhattan d'Adam Langer (Gallmeister), qui peint "une arnaque littéraire et un monde décadent d'éditeurs".

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