Littératures de l’imaginaire

Dossier Littératures de l'imaginaire : contre vents et marées

Le Dernier Bar avant la fin du monde, à Paris. - Photo OLIVIER DION

Dossier Littératures de l'imaginaire : contre vents et marées

Affaibli par l’absence de best-sellers en 2014, le marché de l’imaginaire présente un bilan en retrait. Les éditeurs indépendants échappent cependant à la morosité ambiante grâce à leur travail de fond. Ils abordent 2015 avec comme mots d’ordre : résister et développer.

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Par Mylène Moulin,
Créé le 16.01.2015 à 00h00,
Mis à jour le 16.01.2015 à 16h12

La bulle s’est dégonflée. Après une année 2013 exceptionnelle, portée par de nombreux best-sellers et des adaptations cinématographiques, le marché de l’imaginaire en grand format accuse un net recul, avec une forte baisse du nombre d’exemplaires vendus et des mises en place (voir graphiques ci-dessous). Chez Nouveaux Millénaires, 2014 n’a pas été une année simple. "Les lecteurs se sont concentrés sur les auteurs connus et reconnus, préférant la sécurité aux découvertes", estime Florence Lottin, directrice éditoriale responsable des littératures de genre. Même constat chez Bragelonne dont l’activité a chuté de 9 %. "Une triste réalité, même si la diversité de notre catalogue et la force de nos mid-sellers nous permettent de ressentir moins fortement la baisse du marché", admet Stéphane Marsan, son directeur éditorial.

"Les lecteurs se sont concentrés sur les auteurs connus et reconnus, préférant la sécurité aux découvertes."Florence Lottin, Nouveaux Millénaires - Photo OLIVIER DION

Pour 2015, Bragelonne prévoit un ajustement de sa production et un renforcement de son offre en imaginaire avec deux objectifs principaux : travailler la médiation autour du genre auprès des librairies de premier niveau, et séduire un public éloigné de l’imaginaire. Pour cela, l’éditeur lancera en mars "Stars", une nouvelle collection d’incontournables de la fantasy, et il annonce la sortie du Club Vesuvius, premier roman de Mark Gatiss, scénariste et acteur dans la série Sherlock (février), de Havrefer, une trilogie de fantasy chorale de Richard Ford, puis du tome 2 de La voie de la colère, le livre phénomène d’Antoine Rouaud. De son côté, Nouveaux Millénaires jouera la stabilité avec la publication au second semestre du prix Hugo du meilleur roman 2014 signé Ann Leckie. La maison poursuivra également son travail d’exploration avec Ætherna de Guilhem Méric, la série Ryan Blake de Sklaerenn Baron et le lancement d’un nouvel auteur français d’urban fantasy, Thomas Andrews.

"Privilégier la qualité, ça paye sur la durée : on voit les résultats d’une politique éditoriale exigeante et raisonnable."Olivier Girard, Le Bélial - Photo OLIVIER DION

Chez Fleuve éditions, où l’année a été marquée par la nomination de David Camus à la tête du secteur Imaginaire, 2015 sera une année de transition avec la publication d’Echopraxia de Peter Watts en juin, de deux ouvrages de China Miéville (Embassy town et Perdido street station) et de l’arrivée au catalogue en fin d’année du Québécois Patrick Senécal. Pour Pygmalion, les mois à venir seront marqués par le départ de son éditeur Charles Dupêchez, l’arrivée de Nicolas Watrin comme directeur du marketing et la parution en mars d’un recueil de trois nouvelles de George R. R. Martin (L’œuf de dragon, Le chevalier errant et L’épée lige) et des tomes 2 et 3 de la série de Robin Hobb, Le fou et l’assassin, au printemps et à l’automne.

A contre-courant

Si les gros éditeurs affichent un bilan 2014 mitigé, les indépendants, eux, semblent être passés à côté de la tempête. La majorité des petites maisons spécialisées estiment récolter les fruits de la constance : au cours des deux dernières années, elles se sont recentrées sur leur catalogue, resserrant les programmes, renforçant le suivi des auteurs et abandonnant les projets non porteurs. "Privilégier la qualité, ça paye sur la durée : on voit les résultats d’une politique éditoriale exigeante et raisonnable qui nous a permis de fidéliser un lectorat, d’imposer des auteurs et de cristalliser une communauté", se félicite Olivier Girard, fondateur des éditions du Bélial, qui réalise de belles ventes avec sa revue littéraire spécialisée Bifrost. Chez Mnémos, 2014 a été une année positive. "Nous progressons en termes de CA et de bénéfices depuis deux ans d’affilée. Malgré la prudence des libraires, beaucoup de nos titres ont un bon réassort dans les 2-3 mois qui suivent leur implantation", explique Frédéric Weil, son directeur éditorial. A L’Atalante, le chiffre d’affaires est resté stable, "malgré moins de livres vendus", reconnaît Mireille Rivalland, qui note une baisse du réassort mais le maintien de son trio de tête composé de Terry Pratchett (voir encadré), Dmitry Glukhovsky et Pierre Bordage.

Cap sur l’illustré

Porteur en librairie, l’illustré s’impose comme une tendance fructueuse pour les éditeurs d’imaginaire. Chez Mnémos, le carton de 2014 a été un "livre-univers" publié dans la collection "Ourobores" : L’étrange cabaret des fées désenchantées d’Hélène Larbaigt dont le premier tirage a été épuisé en un mois. Deux titres du même type sont en préparation et seront publiés courant 2015. Au Pré-aux-Clercs, l’Encyclopédie du merveilleux s’est écoulée à 30 000 exemplaires, et La grande bible des fées à 12 000, et en 2014, des titres comme la création française Le monde des Hobbits et Le cabinet du docteur Black, un traité d’anatomie des créatures mythologiques de E. B. Hudspeth, ont très bien marché. Cette année, la maison prévoit plusieurs ouvrages dont une anthologie illustrée de l’épouvante préfacée par Neil Gaiman, le collectif Steampunk graphics ou La bible du vampire signée Edouard et Stéphanie Brasey qui sera tirée à 7 000 exemplaires. Plusieurs maisons d’édition se positionneront sur l’illustré dans les mois à venir comme Le Bélial avec Mémoire des mondes troubles, prévu en fin d’année, ou Les Moutons électriques qui vont rééditer une version actualisée de leur beau livre encyclopédique Panorama illustré de la fantasy et du merveilleux, publié il y a une dizaine d’années.

L’année Pratchett

Etoile mondiale de la fantasy, Terry Pratchett fait le bonheur de L’Atalante. Fin 2014, la maison nantaise a monté une opération spéciale avec le lancement de deux nouveautés dont le tirage global a atteint 35 000 exemplaires : Tout d'Ankh-Morpok : guide touristique exhaustif et le tome 35 du Disque-monde, Déraillé. Afin de diffuser l’œuvre de Pratchett à plus grande échelle, L’Atalante s’est lancée dans une monumentale entreprise : la réédition totale du Disque-monde, qui compte aujourd’hui plus de trente volumes. "La première édition, démarrée en 1993, est magnifique, mais au bout de vingt ans il faut savoir se remettre en question. Nous avons travaillé avec un graphiste pour donner à cette série une nouvelle vie censée ravir les collectionneurs pratchettophiles et séduire un nouveau public", explique Mireille Rivalland, de L’Atalante. Les annales duDisque-monde sera donc réédité dans une nouvelle maquette à pelliculage mat, à rabats et numéroté. La publication des quatre premiers tomes a commencé en novembre dernier et s’étendra jusqu’en février avec un gros appareil marketing en librairie et un prix de lancement de 10 euros. La réédition se poursuivra jusqu’en 2019, à raison de 8 à 10 titres par an.

Fantasy française

"Sur un marché du livre tempétueux, il y a encore pas mal de place pour de nouveaux auteurs francophones", constate avec soulagement Frédéric Weil, de Mnémos, qui publiera entre autres auteurs cette année Pierre Gaulon, Nabil Ouali et Olivier Berenval. Défricheurs de talents, les petits éditeurs sont les plus actifs dans la mise en avant de voix françaises et mettent tout en œuvre pour les défendre. Convaincu du potentiel de sa nouvelle trouvaille, Stéphane Przybylski, Le Bélial lancera ainsi le premier tome de la tétralogie Le château des millions d’années, avec un tirage à 5 000 exemplaires et une mise en place à 3 000. Le livre bénéficiera d’un lancement en numérique en amont sous forme d’épisodes. Spécialisé dans les littératures de l’imaginaire pour la jeunesse, Scrineo prévoit quant à lui deux romans fantasy pour adultes signés par des talents français : Aeternia de Gabriel Katz (janvier) et Le premier de Nadia Coste (avril). Les gros éditeurs se laissent également tenter par la création française. Bragelonne défendra ainsi Manon Fargetton, Hélène Perrin-Merelle et Paul Beorn, l’un des auteurs de 14-14 (Castelmore), lauréat du prix Gulli 2014, et dont le premier roman fantasy Le septième guerrier-mage paraîtra en avril.

L’ovni de l’année

Diffusée par Interforum, la nouvelle maison Ofelbe, née en 2013 et spécialisée dans le light novel (roman jeunesse japonais), publiera le 12 mars ses deux premiers titres fantasy, Sword art online, construit selon l’univers des jeux vidéo, et Spice and wolf, un roman fantasy médiéval. Mis en vente dans les rayons jeunesse et jeunes adultes, ils seront tirés à environ 10 000 exemplaires. Déjà adaptés en France en manga par la maison Ototo, ils seront déclinés en dessin animé et en jeu vidéo.

Vitesse de croisière

Stabilisés et relativement à l’abri des fluctuations, les éditeurs de l’imaginaire ont atteint leur vitesse de croisière et abordent 2015 avec sérénité. Rassuré par l’accueil chaleureux réservé en 2014 aux auteurs contemporains, Mnémos continuera dans cette direction avec la publication des nouveaux romans des Français Fabien Cerutti et Adrien Tomas, et de la saga du Livre du long soleil de Gene Wolfe. La maison renforce également ses publications d’intégrales prestige, dont chaque volume s’écoule à au moins 2 000 exemplaires, et publiera cette année Les nuits du Boudayin, la totalité des enquêtes de Marîd Audran de George Alec Effinger, et l’œuvre culte de la fantasy Viriconium de M. John Harrison. Tout en continuant son labeur de découvreur de talents, L’Atalante comptera cette année sur les ténors de son catalogue : elle publiera en mai un one-shot d’anticipation de Pierre Bordage et à l’automne Futu.re de Glukhovsky, deux titres qui traitent des thèmes de l’enfant et du sacrifice. En 2015, Au Diable vauvert poursuivra sa politique d’auteur avec la publication de l’IntégraleProphéties de Pierre Bordage, de Heureusement le lait de Neil Gaiman, et du dernier Paolo Bacigalupi. L’éditeur prépare également un grand événement autour du Français Ayerdhal avec la réédition le 12 mars de l’intégrale du Cycle de Cybione (tome 1 à 4) et la parution simultanée de Kwak, la suite inédite de la série culte des années 1990. En "Lunes d’encre", Gilles Dumay poursuivra sur sa lancée. Pour l’éditeur, qui prévoit huit titres cette année, dont le nouveau Jo Walton, Le cercle de Farthing en février, la réédition du chef-d’œuvre Le voyage de Simon Morley de Jack Finney en mars et L’adjacent de Christopher Priest en avril, l’important est que le lecteur habituel de la collection "se sente gâté par le nouveau programme".

Présence en librairie

Malgré ces bonnes nouvelles, il reste toutefois difficile d’installer sur la durée un nouvel auteur en librairie. "La structuration du marché coincé par la surproduction et la frilosité des libraires généralistes nous oblige à trouver des alternatives et à penser au plus près notre positionnement", analyse Jérôme Vincent, fondateur d’ActuSF. Face à ce constat, l’éditeur est passé à l’offensive en 2014 avec un recentrage de son offre, une restructuration de la maison pour organiser mieux la représentation du catalogue et la mise en marche d’un plan de travail de "surdiffusion" auprès des libraires. Une stratégie payante puisque ses auteurs maison comme Sylvie Lainé et Karim Berrouka ont été bien accueillis en librairies. Pour 2015, l’éditeur annonce la parution du très beau La république des enragés de Xavier Bruce et du Royaume de vent et de colère, une uchronie sur la ville de Marseille à la Renaissance signée Jean-Laurent Del Socorro.

Galvanisé par une année plutôt bonne, Le Bélial continue son expansion en librairie et lancera en septembre prochain une nouvelle collection dédiée aux novelas (courts romans de 160 à 200 pages). Baptisée "Une heure lumière", elle accueillera à la rentrée quatre nouveautés dont une signée Thomas Day et trois traductions. Référence dans le domaine des essais sur le genre, Les Moutons électriques se réorientent quant à eux vers la fiction. En 2014, la maison a publié le jeune auteur Stefan Platteau, dont le premier roman s’est écoulé à 2 500 exemplaires. En attendant la suite, l’éditeur publiera Ogre, une novela du même écrivain en fin d’année. En 2015, André-François Ruaud annonce deux nouveaux Jean-Philippe Jaworski, dont la suite de Même pas mort, vendu à plus de 7 000 exemplaires et en cours de réimpression. En fantasy, l’éditeur prépare en grande pompe la parution de Or et nuit de Mathieu Rivero, qui sera mis en vente à la fois pour adultes et pour jeunes adultes. Un galop d’essai pour Les Moutons électriques qui envisagent de s’installer sur ce rayon en 2016 avec la création d’un label dédié. Une décision éditoriale forte qui répond à un constat partagé par de nombreux éditeurs du secteur : la dissolution, en librairie, des frontières entre les rayons oblige les professionnels à diversifier leurs activités et à chasser sur les terres de la jeunesse et des jeunes adultes.

La fantasy et la SF en chiffres

La production

source : Livres hebdo/electre - Nouveautés et nouvelles éditions

A 894 nouveautés et nouvelles éditions (données provisoires), la production d’ouvrages de fantasy et de science-fiction s’est tassé de 3,9 % en 2014, où elle conserve toutefois un niveau proche de celui des trois années précédentes.

Répartition des ventes par format

Source : GFK/Livres hebdo - En nombre d’exemplaires vendus en 2014

A 67 %, la part du poche dans les ventes en exemplaires de littérature de l’imaginaire gagne deux points en 2014, par rapport à l’année précédente. En valeur, le poche assure 45 % du chiffre d’affaires du secteur (42 % en 2013), contre 53 % pour le grand format. Tous formats confondus, 31 % des livres vendus relèvent de la SF, 23 % du fantastique et 46 % de la fantasy.

Les principaux éditeurs

Source : GFK/Livres hebdo - Ventes en valeur en 2014

Madrigall assure près d’un tiers de l’activité sur un marché du livre d’imaginaire évalué en 2014 par GFK à 59,4 millions d’euros (- 16,6 %) pour 4,7 millions d’exemplaires vendus (- 14,1 %). Au total, les trois principaux opérateurs du secteur commercialisent un livre sur trois.

Le poche à l’offensive

En retrait l’an dernier, le segment de l’imaginaire en poche cherche un nouvel équilibre entre blockbusters et découvertes.

"Notre objectif est de valoriser nos auteurs de premier plan et de défendre les petits nouveaux en misant sur la viralité existante dans le milieu de fans."Audrey Petit, Le Livre de poche - Photo OLIVIER DION

Pour la première fois depuis des années, l’édition imaginaire au format poche accuse une baisse en valeur et en volume. Au Livre de poche, la tendance se fait sentir "même si le chiffre est toujours très satisfaisant par rapport à la production", tempère Audrey Petit, directrice éditoriale. L’an dernier, la maison a maintenu le cap grâce à son trio Maxime Chattam, Bernard Werber et Stephen King. Avec 42 nouveautés et 15 remises en vente, Le Livre de poche opte en 2015 pour une réduction de la production. "Notre objectif est de valoriser nos auteurs de premier plan et de défendre les petits nouveaux en misant sur la viralité existante dans le milieu de fans : en diffusant une newsletter imaginaire ou avec des jeux concours", explique Audrey Petit. Outre quelques valeurs sûres, l’éditrice publiera des titres plus confidentiels comme Le clan suspendu d’Etienne Guéreau, La cité à la fin des temps de Greg Bear, un roman de Robert Silverberg et un autre de Iain Banks. La maison prévoit également quatre inédits, dont un de Bernard Werber. Chez J’ai lu, les locomotives de 2014 ont été sans surprise George R. R. Martin et Robin Hobb, qui sont à nouveau prévus au programme de 2015. L’éditeur publiera aussi Les cités englouties de Paolo Bacigalupi, la série Aliette Renoir de Cécilia Correia et La fraternité du Panca de Pierre Bordage, ainsi qu’All Clear, le nouveau titre de Connie Willis dont le roman Black-out s’est très bien comporté l’an dernier avec 15 000 exemplaires vendus.

Accélérer la cadence

Label poche de Bragelonne, Milady accélère la cadence avec de nombreux passages en poche de séries emblématiques du catalogue grand format comme La voie de la colère d’Antoine Rouaud (janvier), Haut-Royaume de Pierre Pevel (mars) ou encore L’empire brisé de Mark Lawrence (juin). Une offre ambitieuse qui culminera en fin d’année avec la toute première sortie poche de L’épée de vérité de Terry Goodkind. Chez Pocket "Science-fiction", une partie du programme collera à l’actualité cinématographique : après Player one, le roman d’Ernest Cline en cours d’adaptation cinématographique, la maison publiera une dizaine de titres autour de la saga Star wars, avec notamment, en avril, L’ultime épreuve, et trois intégrales pour octobre. Ces gros lancements étrangers s’accompagneront d’un focus sur les plumes francophones. Les révélations françaises seront en effet à l’honneur avec la parution en janvier de la trilogie de Gabriel Katz, Le puits des mémoires, en partenariat avec Scrineo. Les tomes 1, 2 et 3 seront respectivement publiés en janvier, avril et septembre.

Quant à "Hélios", la collection poche créée il y a deux ans par les Indés de l’imaginaire (ActuSF, Mnémos et Les Moutons électriques), elle passera à la vitesse supérieure en 2015 avec plus de cinquante titres prévus dont dix édités par Actu SF (Alan Moore, Dan Simmons). Mnémos y publiera en février Les enfants de l’éternité de Juan Miguel Aguilera et en mars Evariste d’Olivier Gechter. Les Moutons électriques y prévoient en janvier L’île au trésor de Pierre Pelot avec une belle mise en place à 2 600 exemplaires, un Jaworski inédit en mai, Le sentiment de fer, et L’homme aux semelles de foudre d’Ayerdhal, entièrement réécrit par l’auteur. Enfin, la collection accueillera Dominique Douay, auteur phare des années 1970 en SF, qui revient avec une nouvelle version de son chef-d’œuvre, La vie comme une course de chars à voile.

Nouvelle formule pour "Folio SF"

Pour ses 15 ans, la collection imaginaire de Gallimard se métamorphose et dit adieu à son bandeau parme : illustrations originales, visuels pleine page, typographie différenciée par sous-genres (science-fiction, fantastique, fantasy et "à la croisée des genres") et logo revisité. "Ce changement doit nous permettre de reprendre la parole sur notre collection, de remettre le fonds en avant et de gagner des lecteurs", espère Pascal Godbillon, directeur de "Folio SF". Si Même pas mort de Jean-Philippe Jaworski doit être le premier titre publié avec cette maquette en février, la nouvelle formule sera lancée officiellement en mars avec la parution simultanée de 9 titres du fonds et de 5 nouveautés, dont les tomes 1 et 2 d’Omale de Laurent Genefort, Avilion de Robert Holdstock, Les étoiles s’en balancent de Laurent Whale et Vortex, le dernier de la trilogie Spin de Robert Charles Wilson. Entre avril et juin, 9 nouveautés viendront enrichir le catalogue. La collection accueillera aussi des inédits comme Anges de fer, paradis d’acier de Serge Brussolo, prévu en juin. Enfin, avant l’été, la maison lancera "Folio SF XL" une collection d’"omnibus". Pour accompagner ces mutations, un vaste plan de communication en librairie et sur le Web est prévu, incluant des partenariats avec blogueurs et sites Internet spécialisés, ainsi qu’un concours d’écriture de type "fanfiction" (1) autour de La horde du contrevent d’Alain Damasio.

(1) Pratique répandue dans le milieu de la SF qui consiste en un récit écrit par des fans pour prolonger et-ou transformer une fiction.

Salut Martin !

Si le format poche domine logiquement notre palmarès annuel GFK/Livres Hebdo des meilleures ventes en littérature de l’imaginaire, 2014 aura été malgré tout une bonne année pour le grand format avec 17 nouveautés parmi les 50 meilleures ventes de l’année. Sans surprise, George Martin reste omniprésent et l’absence de nouveau roman l’an dernier n’a pas pénalisé J’ai lu, qui a publié une intégrale du Trône de fer : les 5 tomes qui la composent se placent dans le peloton de tête. Les tomes 1 et 2 s’offrent respectivement la première et la troisième place tandis que L’œuf de dragon, une préquelle du Trône de fer publiée par Pygmalion, se hisse en 9e position. Derrière l’Américain, un trio d’auteurs occupe le reste du terrain : Stephen King, Maxime Chattam et Bernard Werber. Ce dernier rafle d’ailleurs la 2e place du classement avec le tome 3 de Troisième humanité (Albin Michel). Stephen King a quant à lui cartonné en poche au Livre de poche avec pas moins de 5 titres au classement dont 22/11/63 qui s’est placé en 7e position. La saga Autre-monde de Maxime Chattam continue de bien se vendre en poche comme en grand format : Neverland (Albin Michel), le dernier volume de la série, se classe 25e. En parallèle, Charlaine Harris et sa Communauté du Sud (J’ai lu) s’offrent la 20e place tandis que Terry Goodkind se positionne au 30e rang avec le tome 14 de L’épée de vérité.

2014 aura été aussi l’année des classiques avec de nombreuses meilleures ventes réalisées par Tolkien ou Isaac Asimov. A la 4e place avec Le meilleur des mondes (Pocket), Aldous Huxley revient au goût du jour, tout comme Ray Bradbury dont le roman Fahrenheit 451 (Folio) occupe la 15e position. Enfin, de plus en plus prisés par les éditeurs comme par les lecteurs, les écrivains français de l’imaginaire ont réalisé de très beaux scores comme Alain Damasio ou Antoine Volodine, dont le dernier ouvrage, Terminus radieux (Seuil), se classe 28e.



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