Drouant mise sur le prix

Le menu du Goncourt est proposé durant tout le mois de novembre. - Photo DR/DROUANT

Drouant mise sur le prix

Depuis qu'il a repris le restaurant Drouant en mars 2018, le groupe Gardinier & fils investit dans une valorisation plus sophistiquée du Goncourt, devenu le pivot de sa communication.

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Par Isabel Contreras,
Créé le 30.08.2019 à 00h00,
Mis à jour le 29.08.2019 à 20h30

Le 7 novembre 2018, une caméra trônait sur la table du jury des Goncourt chez Drouant. L'équipe du restaurant l'avait installée pour retransmettre en direct les délibérations qui aboutiraient à la proclamation du lauréat, Nicolas Mathieu. Faux pas. Le président des Goncourt, Bernard Pivot, « a catégoriquement refusé la présence de la caméra. Il nous a non seulement demandé de l'éteindre mais de la débrancher, raconte, quelque peu gêné, Olivier Heulin, assistant de la direction de Drouant. Après l'annonce du lauréat, on l'a rallumée, mais les micros sont restés éteints. Ce qui se dit au Goncourt, reste au Goncourt. » Malgré tout, les clients qui occupaient ce jour-là le rez-de-chaussée du restaurant ont pu suivre en direct, sur deux écrans, l'arrivée du lauréat et la traditionnelle cohue des journalistes. « C'était magique de les voir regarder la télé pendant qu'ils mangeaient », s'enthousiasme Jean-Michel Bost, également assistant de direction au restaurant.

Les travaux du restaurant Drouant, place Gaillon. - Photo OLIVIER DION

A cette exception près, les Goncourt ont vu d'un bon œil les changements apportés par la nouvelle équipe de Drouant. Racheté en mars 2018, le siège des académiciens depuis 1914 est désormais dirigé par le groupe Gardinier & fils, propriétaire du Taillevent Paris, mais aussi des Caves de Taillevent et du Comptoir du Caviar. « Nous avons fait du mieux qu'on a pu, en vitesse ! A peine dix mois nous séparaient de la proclamation du prix », souligne Olivier Heulin. Côté technique, la direction a fait installer une régie pour faciliter le travail des journalistes. Elle a aussi sollicité les services d'une société privée pour libérer les places de stationnement, réservées aux camions de la régie. La sécurité des lieux a été assurée par huit professionnels. « Nous encadrons l'événement tout en laissant régner le bazar dans le restaurant, c'est important de maintenir les traditions », ajoute Olivier Heulin.

Validés par l'académie

Parallèlement, la communication de Gardinier & fils a installé un photocall et organisé une conférence de presse avec le lauréat au rez-de-chaussée. Pendant ce temps, les clients ont eu la possibilité de déguster, « comme les académiciens », un menu concocté par le chef Emile Cotte, composé de sept assiettes et facturé 210 euros « avec l'accord mets et vins ». Ce menu a été proposé tout au long du mois de novembre, une autre nouveauté. La communication autour des Goncourt reste une constante chez Drouant. En absence des académiciens, leur salon est non seulement ouvert aux réservations, mais aussi aux groupes de curieux. Des seniors, des scolaires ou des touristes étrangers scrutent les vitrines et les portraits qui habillent cette pièce boisée.

Actuellement en travaux, ce restaurant capable d'accueillir entre 160 à 180 couverts rouvrira ses portes début novembre. Y aura-t-il des écrans ? Des portraits en 3D des académiciens ? « Surtout pas, nous allons plutôt retourner à l'esprit des années 1930 », promet Olivier Heulin, qui veille à maintenir la surprise. Le salon des Goncourt, au premier étage, aura droit à un coup de peinture et à un changement de moquette, mais sa structure demeurera. En ce qui concerne les autres changements dans le restaurant, les académiciens ont « validé les plans ». Bernard Pivot a, lui, supervisé en juin l'ouverture des vitrines du salon et réalisé un inventaire des biens laissés en héritage par les frères Goncourt. 

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