Dupliprint : le très court tirage dynamique, nouvelle équation industrielle du livre
Face à l’urgence climatique, à la pression sur les stocks et à l’instabilité des marchés, le très court tirage dynamique (TCD) s’impose comme une réponse industrielle stratégique. Porté par dupliprint et expérimenté par Média Livres Service, il redéfinit la gestion du fonds éditorial.
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10h13
Depuis plus de 30 ans, dupliprint développe des solutions d’impression à forte valeur ajoutée pour les éditeurs. Son très court tirage dynamique (TCD) s’inscrit dans cette logique d’innovation industrielle, en réponse à un marché devenu plus incertain, plus exigeant et plus contraint sur le plan environnemental.
« Nos clients font face à trois enjeux majeurs : réduire l’empreinte carbone des ouvrages, maintenir un maximum de titres disponibles et limiter l’immobilisation de trésorerie et d’espace de stockage », rappelle Frédéric Fabi, fondateur et dirigeant de dupliprint. Le TCD entend répondre simultanément à ces impératifs écologiques, économiques et business.
Le modèle repose sur une production en petites séries - quelques dizaines d’exemplaires - tout en conservant une logique de stock. « On ne parle pas d’impression à la demande », précise Bénédicte Duval-Huet, cheffe de fabrication chez Média Livres Service (MLS). « Dans le TCD, on garde un stock physique, simplement réduit et piloté au plus près du besoin. » Une distinction essentielle pour les éditeurs, attachés à conserver la maîtrise de leurs décisions de réimpression.
Chez MLS, qui produit une trentaine de labels du groupe Média Participations - littérature, illustré, jeunesse, BD, manga ou comics - le projet s’est imposé progressivement. « Cela fait plusieurs années que nous voulions lancer un projet industriel stratégique de TCD, notamment pour notre production noire, qui représente près de 50 % de nos tirages », explique Isabelle Erb-Polouchine, directrice générale déléguée de MLS.
Flux logistiques modélisés
Le contexte a accéléré la décision. « Il y a une urgence climatique qui nous oblige. Dans notre stratégie RSE, la production raisonnée est incontournable », poursuit-elle. À cela s’ajoute la fragilisation des modèles économiques : « Notre capacité à anticiper le marché s’amenuise. Nous devons garantir à nos maisons une solution à la fois compétitive et suffisamment souple pour gérer des micro-tirages comme des succès à plusieurs milliers d’exemplaires, dans des délais de plus en plus courts. »
Pour Bénédicte Duval-Huet, le point de départ est opérationnel : « De nombreux titres de fonds ont des ventes faibles mais régulières. Les réimpressions classiques ne sont ni économiquement viables ni aussi responsables que nous le souhaiterions. » Une équipe projet est constituée, les archives analysées, les flux logistiques modélisés. Le chantier inclut l’évolution des systèmes d’information et l’intégration des flux EDI et XML afin d’automatiser l’ensemble de la chaîne.
Au cœur du dispositif, le workflow développé par dupliprint permet d’assurer la continuité des opérations, de la mise au catalogue jusqu’à la facturation. Dans sa smart factory, l’imprimeur produit ces micro-séries avec les mêmes standards de qualité que les grands tirages.
Le choix du partenaire s’est fait naturellement. « Nous connaissions dupliprint dans le cadre de collaborations classiques. Ils avaient déjà fait leurs preuves sur le TCD. Nous avons senti que nous pouvions construire ensemble une relation performante et confiante », souligne Isabelle Erb-Polouchine.
Une phase pilote a été lancée en début d’année sur plus d’une centaine de titres. « Notre tirage moyen est aujourd’hui de 37 exemplaires », indique Bénédicte Duval-Huet. « Cette expérimentation nous permet d’identifier les ajustements techniques nécessaires avant d’automatiser totalement la chaîne d’ici 2026. »
Au-delà des chiffres, le TCD transforme la gestion du fonds et de la supply chain. « Mettre en œuvre le TCD, c’est réinventer notre façon de gérer le fonds », résume Isabelle Erb-Polouchine. Pour dupliprint et ses partenaires, le court tirage dynamique ne constitue plus une alternative marginale, mais une évolution structurelle du modèle éditorial.
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