En Banlieue, L'Ecriture prend ses quartiers d'été

En Banlieue, L'Ecriture prend ses quartiers d'été

En Banlieue, L'Ecriture prend ses quartiers d'été

Série "L'été des libraires" (4). Fermée la première quinzaine d'août, la librairie de Vaucresson (Hauts-de-Seine) passe la période estivale entre les coups de cœur et les retours de l'été, sans oublier de préparer la rentrée littéraire.

Par Cécile Charonnat,
avec cch Créé le 15.04.2015 à 22h43

C'est à croire que les Vaucressonnais aiment être à l'ouest. L'été, ils quittent en nombre leur banlieue de l'ouest parisien pour migrer vers leurs résidences secondaires de l'ouest de la France. Dès lors, L'Ecriture, librairie-papeterie-presse de la ville et de ses alentours, réduit ses horaires d'ouverture et ferme même ses portes la première quinzaine d'août.

Philippe Authier, heureux propriétaire des lieux, a fait ses calculs. Cette fermeture lui coûte environ 15 000 euros, soit 5 000 euros de marge, sur un chiffre d'affaires annuel d'un peu plus d'un million d'euros, pour une ville ne comptant que 8 200 habitants. Lucide, il constate que « si la librairie restait ouverte, le chiffre d'affaires se déporterait. On ferait moins de chiffre fin juillet. » Pour le reste, ici comme ailleurs, la fermeture annuelle facilite la prise de congés de son personnel.

Juillet est plutôt calme en termes de ventes. Ce mois représente environ 6% du CA annuel, contre 16% pour décembre. Pour autant, les libraires sont loin de s'ennuyer. Il y a les retours à faire, toujours plus nombreux, pour « faire place nette avant l'assaut des nouveautés de la rentrée ». Entre son état le plus bas, à fin juillet, et son état le plus haut, à fin novembre, le stock varie de 40%. L'objectif avant l'interruption des vacances est d'atteindre un peu moins de 30 000 volumes pour 19 000 références environ.


Des romans poche ou grand format pour doper l'été

Les romans, adulte et jeunesse, sont le gros axe de l'été. Les ventes sont boostées par les coups de cœur des libraires, mis en avant sur une grande table à l'entrée du magasin et signalés par un bandeau violet. Claudie Gallay, Jean Teulé ou Léonardo Padura côtoient Fred Vargas. Philippe préfère ne pas faire de fiches, « d'abord parce que je ne suis pas écrivain, et surtout pour inciter les clients à venir nous poser des questions. L'absence de signalétique dans la librairie provient du même raisonnement. J'aime parler avec mes clients. »

L'accent est également mis sur les poches, dont la proportion, autour de 10% dans l'année, augmente sensiblement l'été. Des opérations de plus en plus ciblées autour des livres que les libraires souhaitent défendre sont mises en place, et préparées dès le début du mois de juin. « Nous nous efforçons de ne jamais manquer, surtout sur un coup de cœur », insiste Philippe, qui trouve très gratifiant, par exemple, d'être parmi les meilleurs vendeurs de Une odeur de gingembre de Oswald Wynd, dans la collection Folio : il en a déjà écoulé plus de 350 exemplaires.

Une rentrée autour d'une douzaine de 'pépites'

Pour la rentrée littéraire, Philippe reconnaît ne rien avoir lu pour le moment, mais emporte dans ses bagages Yasmina Khadra, Valentine Goby et Christian Authier « pour leurs tons. J'aime aussi les premiers et seconds romans. Avec mon épouse et le libraire en charge de la littérature, nous allons bien réussir à lire une quarantaine d'ouvrages et à trouver une douzaine de pépites, qui nous ferons comme chaque année notre rentrée. »

Dans le contexte un peu morose de l'économie en général et de la librairie en particulier, il se demande si cette rentrée sera suffisamment forte pour « renverser la mauvaise tendance du trimestre précédent. » Pour lui donner un coup de pouce, il a déjà pensé à un programme d'animations plus fourni, avec des lectures le samedi après midi ou des rencontres avec des auteurs plus confidentiels, mais qui ont des attaches fortes avec la librairie. Avec en tête le même objectif depuis des années : « faire en sorte que les gens s'approprient la librairie. Nous devons créer du lien social, la transmission par l'écrit est capitale, c'est le cœur de mon métier. »

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