Avant-critique

Métissages

Un père guadeloupéen, une mère ch'ti : le métissage est l'une des identités de cette native de la banlieue parisienne, découverte il y a trois ans avec Là où les chiens aboient par la queue, un premier roman très salué qui retraçait l'histoire d'une famille antillaise dans la deuxième moitié du XXe siècle. Tout en rendant hommage, par la voix d'Antoine, sa formidable héroïne, à la langue créole qu'elle ne parle pas, Estelle-Sarah Bulle y composait un alliage singulier d'autobiographie et de fiction.
 

Bio express d'Estelle-Sarah Bulle

1974 Naissance à Créteil. 2007 Naissance de sa première fille. Se met à la batterie. 2018 Prix Stanislas du premier roman et prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde pour Là où les chiens aboient par la queue (Liana Levi). 2019-2020 Résidence au lycée d'Argenteuil dans une classe de CAP coiffure. 2020 Les fantômes d'Issa (L'École des Loisirs).

Temps plein

Le succès de son premier texte, envoyé à Liana Levi par la poste, lui a permis d'arrêter de travailler dans les institutions culturelles qui l'ont employée jusqu'à 40 ans passés. Mais pas question de sacrifier la vie de famille, et l'écriture à plein temps s'inscrit désormais dans le quotidien de cette mère de trois enfants de 14, 12 et 5 ans. C'est ainsi en alternance, une semaine sur deux, qu'elle a été accueillie en résidence de deux mois à la Villa Marguerite-Yourcenar. Une souplesse qu'à son regret d'autres lieux n'autorisent pas.

Musique

Si elle a beaucoup écouté de bossa-nova et que ses maîtres - Vinícius de Moraes, Tom Jobim, Luiz Bonfá, João Gilberto et Baden Powell - sont les acteurs principaux de son deuxième roman, elle est aussi une musicienne pratiquante. Formée enfant à la clarinette au conservatoire, elle a fait partie d'un big band et d'un orchestre symphonique. Enceinte de sa première fille, elle s'est mise à la batterie. Et joue à présent du piano, en privé.
 

Résumé des Etoiles les plus filantes

Le tournage et la consécration d'un film musical devenu culte, Orfeu Negro de Marcel Camus, palme d'or au Festival de Cannes en 1959, Oscar du meilleur film étranger l'année suivante : c'est ce que raconte entre reconstitutions fidèles et extrapolations plausibles ce roman qui entrecroise making of documenté, romance et espionnage. Avec ses protagonistes réels parfois travestis sous un autre nom et ses personnages entièrement fictifs, Les étoiles les plus filantes réinvente un moment de créativité effervescente avec une convaincante vraisemblance.

Fétiche

Orfeu Negro est son film « porte-bonheur ». Elle l'a vu un nombre « incalculable de fois ». Pour se « replonger dans les images, les couleurs ». En revanche, la romancière n'a jamais mis les pieds au Brésil. « Pour écrire Les étoiles les plus filantes, ce n'était pas grave. » Car comme le Fort-de-France des années 1950, le Rio de cette époque n'existe plus. Alors autant le recréer.

Pression

« Je n'avais pas réalisé que l'on était attendu au tournant pour le deuxième roman, quel que soit l'accueil du premier », sourit-elle quand on lui parle de pression. « Heureusement, une fois immergée, je n'y pense plus ». Et puis elle a écrit un livre pour les 9-12 ans, dans l'intervalle. « J'en suis donc à mon troisième roman. » Deux autres titres pour la jeunesse sont en projet. « J'adapte le vocabulaire en fonction de l'âge du lecteur mais c'est le même processus d'invention. » Un nouveau mélange inédit.

Estelle-Sarah Bulle
Les étoiles les plus filantes
Liana Levi
Tirage: 10 000 ex.
Prix: 21 € ; 416 p.
ISBN: 9791034904358

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