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État des lieux des acteurs du livre en Bretagne : 5 chiffres à retenir

Dialogues, à Brest, joue la diversification et ouvre une papeterie. A partir de 2017, Dialogues Musique proposera un café où il sera possible de se restaurer. - Photo Olivier Dion

État des lieux des acteurs du livre en Bretagne : 5 chiffres à retenir

De plus en plus de femmes autrices (mais précaires), une remarquable dynamique des maisons d’édition, des bibliothèques, des librairies et des manifestations littéraires (mais des petites structures parfois fragiles)… Voici les grandes tendances à retenir de l’état des lieux des acteurs du livre en Bretagne, publié tous les six ans.
 

Par Fanny Guyomard
Créé le 24.10.2023 à 10h51 ,
Mis à jour le 30.10.2023 à 09h28

Le dernier état des lieux datait de 2016, le précédent de 2010. En cette fin octobre, Livre et Lecture en Bretagne publie une large enquête concernant les auteurs, maisons d’édition, librairies et bibliothèques bretonnes. Qui affichent de belles dynamiques, et diverses faiblesses. Voici cinq chiffres à retenir de l'étude. 

  • +40 % de maisons d’édition entre 2019 et 2023 : mais 43 % des éditeurs installés en Bretagne ont un chiffre d’affaires inférieur à 75 000 euros. C’est moins que la moyenne nationale, qui s’élève à 61 %. Ce qui ne veut pas dire que les maisons avec peu de moyens sont fragiles : elles diversifient leur activité. Mais la crise énergétique, l’inflation, la hausse du prix du papier impactent le secteur. À noter que 76 % réalisent des animations en librairie.

 

  • Une librairie sur trois a moins de trois ans : après l’Île-de-France, la Bretagne est la région française qui a le plus fort taux de création sur la même période. Et il s’en crée plus qu’il n’en ferme. Ce qui donne un total d’une librairie pour 18 600 habitants, couvrant assez harmonieusement le territoire. Mais ce n’est pas le terrain d’internet qu’elles investissent, 37 % seulement proposant de la vente en ligne. Les librairies bretonnes se définissent, plus qu’auparavant, comme généralistes, mais avec un rayon spécialisé. Et le taux de rotation est excellent : le stock s’écoule généralement en 103 jours. Même avec 134 livres par m2 en moyenne !

 

  • 98 manifestations littéraires en 2021, contre 76 en 2018 : un tiers des manifestations littéraires ont donc moins de cinq ans. Un cap délicat à passer. Elles reposent surtout sur des bénévoles. Bon point : 76 % des 68 festivaliers interrogés déclarent rémunérer les auteurs invités – plus de 3 300 cartons d'invitation envoyés en 2021. 

 

  • Seuls 16 % des auteurs gagnent plus de 10 000 € par an grâce à cette activité : et ce sont surtout des hommes (les trois quarts d’entre eux !). Les artistes qui souffrent le plus sont les autrices de littérature jeunesse – sachant que les femmes sont de plus en plus nombreuses dans le métier. En fait, huit auteurs bretons sur dix ne vivent pas de l’écriture. Et presque six sur dix travaillent ailleurs à temps plein.

 

  • 21 bibliothèques pour 100 000 habitants : ce qui se présente comme le meilleur taux d’équipement en France. 300 constructions ou rénovations ont été portées en 30 ans. Et en 2020, les dépenses d’investissement dans les bibliothèques bretonnes s’élevaient à 3,95 € par habitant. Plus qu’en 2017 et que la moyenne française. Les lacunes : les bibliothèques des communes de plus de 2 000 habitants ne sont ouvertes que 176 jours par an et 13 heures par semaine. Loin des 218 jours et 15 heures au niveau national. Et seuls 6,5 % des bénévoles bretons ont suivi une formation spécifique, sachant que 8 bibliothèques sur 10 ont des bénévoles.

 

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