Flaubert dans Playboy

extrait de la couverture du magazine Playboy de septembre 2010

Flaubert dans Playboy

La publication d'un extrait de Madame Bovary dans le magazine pour adultes coïncide avec la nouvelle traduction du roman qui sort aux Etats-Unis le 23 septembre chez Penguin Classics.

Par Vincy Thomas
avec vt, avec afp Créé le 15.04.2015 à 20h04

L'édition américaine de Playboy publie dans son édition de septembre un extrait d'une nouvelle traduction anglaise de Madame Bovary, le chef d'oeuvre de Flaubert que le magazine qualifie en "Une" de "roman le plus scandaleux de tous les temps".

Playboy Magazine, d'ordinaire peu connu pour ses articles littéraires, publie un chapitre de la nouvelle traduction signée Lydia Davis, auteur américaine de nouvelles et spécialiste de la littérature française qui a déjà à son actif des traductions de Proust, Foucault ou Leiris.

Entre deux photos de jeunes femmes peu vêtues, les lecteurs du magazine apprendront donc que l'héroïne de Gustave Flaubert (1821-1880) "est l'une des pécheresses les plus célèbres de la littérature".

"Mais elle a d'abord été tentée", ajoute Playboy, qui voit dans la métamorphose de la petite bourgeoise normande en enthousiaste femme adultère "le scandale que peut être le simple fait d'être humain".

Lors de la publication du roman en 1857, Flaubert avait été poursuivi pour "outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes moeurs", avant d'être acquitté.

Le chapitre choisi par Playboy est celui où Emma Bovary se donne à son amant, Rodolphe, à la faveur d'une promenade à cheval.

Dans sa nouvelle traduction, qui sort aux Etats-Unis le 23 septembre chez Penguin Classics, Lydia Davis s'est efforcée de rester fidèle à l'original tout en évitant les tournures lourdes de certaines adaptations antérieures.

Dans un entretien accordé au Times de Londres, Mme Davis, qui est chevalier des Arts et des lettres et a été mariée au romancier Paul Auster, confie toutefois qu'elle n'aime pas Madame Bovary.

"On m'a demandé de traduire Flaubert et il est difficile de dire non à un grand livre, enfin à un soi-disant grand livre", explique-t-elle.

"Ce n'est pas un livre qui m'enthousiasme", ajoute la traductrice, qui rappelle que Flaubert "méprisait tous les personnages du livre ainsi que leur mode de vie et avait souffert énormément en l'écrivant". "J'aime les héroïnes qui réfléchissent et ressentent les choses. Je ne trouve Emma Bovary ni admirable ni digne d'affection. Mais c'était également le cas de Flaubert".

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