Georges Didi-Huberman s'enflamme pour "Le fils de Saul" | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 30.10.2015 à 18h01 (mis à jour le 30.10.2015 à 19h00) A paraître

Georges Didi-Huberman s'enflamme pour "Le fils de Saul"

Géza Röhrig dans "Le fils de Saul". - Photo AD VITAM

Minuit publie le 5 novembre Sortir du noir, un texte de l'historien d'art Georges Didi-Huberman consacré au film, Le fils de Saul, Grand prix du jury au dernier Festival de Cannes, en salles mercredi prochain, dont le rôle principal est interprété par le poète hongrois Géza Röhrig.

A l'occasion de la sortie du film Le fils de Saul, dans les salles françaises mercredi 4 novembre, les éditions de Minuit vont publier le 5 novembre Sortir du noir, de Georges Didi-Huberman, entièrement consacré au film hongrois. Grand prix du jury au dernier Festival de Cannes et candidat de la Hongrie à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, Le fils de Saul, premier film de Laszlo Nemes, n'est pas une adaptation. Il puise cependant sa matière dans des faits réels et dans le livre de témoignages des Sonderkommandos, Voix sous les cendres, publié en France chez Calmann-Levy.

Comme une longue lettre qui s'enflamme sur tous les aspects du film - sa forme comme son fond - ce court texte de l'historien de l'art et philosophe explique en quoi Le fils de Saul est une œuvre marquante pour représenter la Shoah.

En cela il rejoint Claude Lanzman qui déclarait en mai dernier dans Télérama que le film de Laszlo Nemes était "l'anti-Liste de Schindler".

Au début de sa lettre, Georges Didi-Huberman dit que le film "est un monstre. Un monstre nécessaire, cohérent, bénéfique, innocent. Le résultat d’un pari esthétique et narratif extraordinairement risqué." Tout au long de son texte, il revient à cette double idée qui traverse le film: sortir du noir, tel Orphée essayant de revenir à la lumière, et survivre en encaissant les déceptions et en côtoyant l'horreur. Avec des photographies du film pour illustrer le propos, l'auteur multiplie les références littéraires (Primo Levi, entre autres), spirituelles et artistiques. Il loue le travail "documentaire" du cinéaste et justifie page après page les choix esthétiques qui nous sont imposés.

Un poète pour incarner Saul

Film choc et poignant, brutal et humain, Le Fils de Saul raconte les derniers jours de Saul Ausländer, hongrois et juif, membre du Sonderkommando du camp d'Auschwitz-Birkenau, en octobre 1944. Les Sonderkommandos sont ces groupes de prisonniers juifs, isolés du reste du camp, et forcés d'assister les nazis dans leur plan d'extermination.

Saul est incarné par Röhrig Géza, acteur pour la troisième fois de sa vie. Ecrivain et poète hongrois résidant à New York, il fut membre d'un groupe punk underground avant d'étudier la littérature polonaise, puis d'étudier la théologie juive à Jérusalem et aux Etats-Unis. Il a publié sept recueils de poésie, inédits en France, et travaille actuellement sur son premier roman.

Georges Didi-Huberman, né en 1953 à Saint-Etienne, enseigne à l’École des hautes études en sciences sociales. Il a publié une vingtaine d’ouvrages aux éditions de Minuit, dont, sur le même sujet, Images malgré tout (2004) et Ecorces (2011) qui interrogent les quatre photographies prises par les membres du Sonderkommando d’Auschwitz-Birkenau en août 1944. Il a aussi écrit de nombreux livres autour du cinéma, de la peinture et plus généralement des arts visuels.
 

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