Hong Kong: la Chine confirme détenir les éditeurs disparus | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 05.02.2016 à 15h36 (mis à jour le 05.02.2016 à 16h00) Affaire d'etat

Hong Kong: la Chine confirme détenir les éditeurs disparus

Photo © VINCY THOMAS

Trois des éditeurs et libraires disparus en octobre sont détenus en Chine, selon la police chinoise. Le copropriétaire de la maison d'édition, évaporé en décembre, semble avoir été enlevé. 

Près de quatre mois après la disparition inexpliquée de quatre employés de la maison d'édition Mighty Current et de la librairie Causeway Bay Books de Hong Kong, la police chinoise de Guangdong a reconnu hier, jeudi 4 février, qu'elle détenait trois des éditeurs. Il est désormais certain que la Chine intervient directement sur le territoire de Hong Kong, pourtant protégé par un statut particulier, et n'apprécie pas la liberté d'expression et de publication dans la métropole. 

Mighty Current devait sortir un livre sur la vie sentimentale du président chinois Xi Jinping lorsque ses dirigeants ont mystérieusement disparu. Sous la pression des Etats-Unis et de la police de Hong Kong, après la diffusion d'une interview à la télévision chinoise le 17 janvier de l'un d'entre eux, Gui Minhai, les autorités chinoises ont enfin donné des nouvelles de trois d'entre eux, Lui Por, Lam Wing Kee et Cheung Chi Ping. "Ils sont soumis à des mesures pénales restrictives et sont sous enquêtes" indique dans un courrier la police de Guangdong, province proche de Hong Kong. Elle les soupçonne d'être impliqués dans des activités illégales sur le continent (en Chine, ndlr). Les trois hommes auraient été vraisemblablement arrêtés à la frontière du côté chinois, même si on ignore pourquoi et comment ils ont pu passer cette frontière. On ignore toujours où ils sont et ce qu'ils risquent.

Opacité totale

Gui Minhai, citoyen suédois que l'on croyait en Thaïlande, a expliqué qu'il s'était livré de son propre gré, assumait sa responsabilité dans une vieille affaire qui l'aurait condamné avec sursis à de la prison et acceptait son actuel emprisonnement. Selon l'activiste Bei Ling, fondateur du Chinese Pen Center, qui s'est rendu dans son appartement thaïlandais, il aurait été victime d'un enlèvement. 

Quant à Lee Bo, citoyen britannique et copropriétaire de la maison d'édition, disparu le 30 décembre près d'un entrepôt de Mighty Current, il est clair qu'il a été enlevé à Hong Kong. La police chinoise a envoyé une lettre manuscrite authentifiée où il explique qu'il n'a pas besoin de rencontrer la police de l'archipel, sans en dire plus sur son sort. 

Sur les mêmes thèmes (10 articles)

close

S’abonner à #La Lettre