Série d'été 2022

Jeunes librairies : Le temps d'un livre (Pontarlier) : "La coopérative, meilleur statut pour une librairie" [2/6]

Mickaël Mention, Elisabeth Jacquart et Elsa Tröbs, les trois salaréis-associés de la libraire Le temps d’un livre. - Photo Le temps d'un livre

Jeunes librairies : Le temps d'un livre (Pontarlier) : "La coopérative, meilleur statut pour une librairie" [2/6]

Ouverte en juillet 2020 à Pontarlier (Doubs), la librairie Le temps d’un livre, qui a un statut de Société coopérative participative (Scop), fait le point sur sa bonne lancée, et les difficultés rencontrées.

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Par Fanny Guyomard ,
Créé le 22.07.2022 à 15h23 ,
Mis à jour le 29.07.2022 à 11h08

Deux ans après l'ouverture de sa librairie, Elisabeth Jacquart en est toujours convaincue : « La Scop [Société coopérative participative, où les salariés sont les associés qui détiennent la majorité du capital] est le meilleur statut pour une librairie. C’est un commerce qui fait peu de bénéfices, donc autant les garder dans l’entreprise. Il permet aussi de la rendre pérenne, car une Scop se transmet et ne se vend pas. Enfin, les salariés-associés sont engagés, prennent des responsabilités. Pour choisir les ouvrages, on communique entre nous, on ne se laisse pas imposer des livres dont on ne sent pas le potentiel, dont on n’a pas envie », énumère la trentenaire.

12 000 euros de subvention Scop

Le temps d’un livre, située dans la commune de Pontarlier (Doubs) est aujourd’hui « à l’équilibre ». A l’ouverture, la librairie avait bénéficié d’une subvention du Centre national du livre (CNL) de 15 000 euros, de 12 000 euros de la Région soutenant la forme Scop, ainsi que l’apport personnel d’un ancien client. Elle compte à ce jour plus de 3000 cartes de fidélité.

Mais les moments d'incertitudes demeurent. « Ce n’est pas toujours évident, entre le Covid, les différents confinements-couvre-feux et l’inflation... Depuis plusieurs mois, elle amène les gens à se réfugier dans des valeurs sûres plutôt que sur des découvertes d’auteur », observe Elisabeth Jacquart.

Ce qui se vend le plus : la littérature adulte, suivie par la jeunesse et les sciences humaines. L’équipe propose quelques jeux de société et des cartes postales (moins de 5% du chiffre d’affaires), sans velléités d’en proposer plus. « On veut rester une librairie », résume l’ancienne employée de la librairie L’Intranquille, qui a fermé l’été 2018 dans ces mêmes locaux. De la papeterie ? « Pour les inventaires, c’est une horreur à compter ! »

Un quatrième libraire en septembre

Et afin de gérer la vente de 19 000 titres sur 370 m2, l’équipe déjà constituée de Michaël Mention et Elsa Tröbs s’entoure à la rentrée d’un nouveau salarié, qui pourra devenir associé.

Bilan ? « On est contents d’être là et d’avoir réussi à faire ce bébé ! Mais c’est un travail de passion, comme pour tous les libraires de France : pour le gérant, la charge de travail prend du temps, et avoir des loisirs n’est pas évident. » Même les passionnés ont droit de se reposer.

 

Notre série d'été Jeunes librairies : 

Jeunes librairies : à Douarnenez, les Métamorphoses prennent forme [1/6]

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