Quarante-trois pour cent : c’est la proportion de librairies ayant un site Internet, selon le sondage I+C/Livres Hebdo réalisé au premier trimestre 2014 auprès de 200 points de vente (hors grandes surfaces). Si elle peut sembler modeste, puisque près d’une librairie sur six n’a toujours pas de site, cette moyenne témoigne d’une nette progression, tout en masquant des écarts importants. Ainsi, 57 % des établissements de premier niveau ont un site, contre seulement 24 % pour ceux du second niveau. En comparant ces données à celles d’un précédent sondage réalisé au quatrième trimestre 2010, il apparaît que le nombre de librairies dotées d’un site a progressé au global de 11 points en trois ans, avec une pointe à 14 points pour le premier niveau tandis que le second est resté à peu près stable. A l’avenir, cette inégalité pourrait même encore se renforcer. Les intentions d’ouverture de site à échéance 2014 ou 2015 sont plus fortes pour premier niveau (19 %) que pour le second (11 %). Mais, dans un cas comme dans l’autre, elles restent assez faibles, laissant à penser qu’il s’agit, pour nombre de librairies, d’un choix délibéré de ne pas être sur Internet.
Parmi celles qui disposent d’un site, 66 % (contre 53 % en 2010) l’ont aujourd’hui doté d’une fonctionnalité commerciale et, parmi celles-ci, 41 % proposent, en plus des livres imprimés, des livres numériques. Pour les commercialiser, elles ont confié la conception de leur back-office à des spécialistes, à commencer par Leslibraires.fr pour 46 % d’entre elles, puis ePagine pour 23 %, Numilog pour 15 % et Tea pour 8 %. Toutefois, si les sites permettent de vendre des livres, leur part dans le chiffre d’affaires demeure marginale : 3 % au global et 0,5 % pour les livres numériques. Par rapport à 2010, elle apparaît même un peu moindre, puisque, à l’époque, les ventes en ligne représentaient 5 % du chiffre d’affaires. Etonnante à première vue, cette comparaison tend à accréditer l’idée selon laquelle les consommateurs, lorsqu’ils vont sur Internet, choisissent prioritairement les grands sites, comme Amazon ou Fnac.com, plutôt que ceux des libraires.
Clarisse Normand
